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Expulsion tendue mais sans heurts



Tahiti, le 23 septembre 2020 – Gendarmes et mūto'i de Paea ont procédé mercredi matin à l'expulsion de la quarantaine de membres du "Polynesian Kingdom of Atooi" installés sur le site du marae Arahurahu depuis début juin. Malgré un climat tendu en tout début de journée, l'opération s'est déroulée dans le calme.
 
Une dizaine de camions de la gendarmerie et des mūto'i ont débarqué mercredi au petit matin sur le site du marae Arahurahu à Paea. Depuis un mois, les membres du "Polynesian Kingdom of Atooi" installés sur place attendaient la mise à exécution de l'ordonnance d'expulsion rendue à leur encontre par le tribunal administratif de Papeete. Une opération, aussi attendue soit-elle, qui a tout de même surpris la quarantaine d'occupants établis sur le site depuis début juin sous des bâches et campements de fortune.
 
Dès le début de l'intervention, vers 6 heures du matin, les forces de l'ordre et l'huissier de justice ont demandé à pénétrer dans l'enceinte du site du Pays, fermé par un portail sous cadenas. Devant le refus des membres du "Kingdom" revendiquant la terre de Arahurahu, les autorités ont coupé le cadenas et une partie de la cinquantaine de gendarmes et mūto'i présents a commencé à se déployer sur la zone. S'en est suivie une période de discussions, parfois houleuses, entre l'huissier et les leaders des occupants. Finalement, les forces de l'ordre ont annoncé qu'ils laissaient aux membres du royaume une demi-heure pour plier bagages.

​Entre tensions et accalmies

Après cette période d'accalmie pas vraiment de nature à convaincre les squatteurs de quitter les lieux, les gendarmes et les policiers municipaux ont commencé à encercler les membres du royaume pour ensuite les pousser vers la sortie du site. Une deuxième séquence de tensions et d'interjections menée au pas de charge, mais sans aucune altercation physique dans chacun des deux camps. Finalement, les esprits se sont calmés lorsque les forces de l'ordre ont laissé les occupants faire une dernière prière sur le site avant de les mettre dehors.
 
Les autorités ont alors accompagné, un à un, les membres du royaume à retourner chercher leurs affaires sur place. Des camions de déménagement avaient même été prévus pour l'évacuation des biens… "Chaque personne sur le site va être accompagnée pour qu'elle récupère ses affaires sinon des camion de déménagement sont là pour récupérer les affaires et les mettre à disposition de leur propriétaire. En fin de journée plus rien ne doit rester, le site sera ensuite gardé pour éviter la réoccupation", a expliqué le directeur de cabinet par intérim du haut-commissaire, Frédéric Sautron.

​Prêts à revenir

Délogés mais toujours sûrs de leur généalogie et de leurs revendications, les membres du royaume ne se sont pas démontés. Ils ont même annoncé des plaintes contre la gendarmerie, le haut-commissaire, le président du Pays et le tāvana de Paea, Antony Géros. "Ce n'est pas fini, ce n'est que le début. On va revenir, on va revenir ici. On va se battre pour cette terre. Ils sont venus nous déloger mais ils n'ont pas de titre de propriété alors que nous avons des tomite", a lancé Papy Bernard, l'un des leaders du groupe. Patrice, un autre membre du Kingdom, a lui aussi promis : "Il y a un proverbe à Rurutu qui dit : tu quittes ton territoire, tu es un perdant. Et moi je garde cela de nos ancêtres même s'ils sont morts. Ne quitte jamais ton terrain parce que les ennemis vont entrer… C'est pour cela que je tiens à rester sur cette terre. Je ne sortirai jamais d'ici."
 
Le site de Arahurahu doit néanmoins être gardé pour 14 jours et fermé au public. Reste à savoir qui sera le plus opiniâtre.

 

Frédéric Sautron, directeur de cabinet du haut-commissaire : "Ces hommes ne sont pas des délinquants"

"Les gens avaient 48 heures pour quitter le site. L'huissier a constaté lors de ses passages le 11 septembre et le 15 septembre que ces gens n'avaient pas quitté les lieux. Il a dû signifier le commandement de quitter les lieux aux personnes sur place et le haut-commissaire a accordé le 16 septembre dernier l'autorisation du concours de la force publique pour que les choses se passent le plus sereinement possible (…). Je viens vérifier que tout se passe bien. Le haut-commissaire est responsable de l'ordre public, je suis son représentant. Et l'idée, c'est de venir ici pour simplement discuter avec les gens et les gendarmes (…). Cela se passe dans la bonne intelligence et tout se passe dans le dialogue. Ces hommes ne sont pas des délinquants. Ce sont des gens qui sont installés illégalement sur un terrain et la justice s'est prononcée."

Papy Bernard, membre du Kingdom : "Cela fait quatre mois qu'on est sur nos terres"

"On ne savait pas qu'ils allaient intervenir. Lorsqu'on s'est réveillé ce matin, les mūto'i étaient là, on était surpris. Ils nous ont effectivement dit qu'on devait sortir d'ici et on leur a répondu qu'il n'était pas question qu'on s'en aille. (…) Nous attendions Édouard Fritch, puis c'est quelqu'un d'autre qu'on a mis. Ils veulent nous brouiller l'esprit et c'est l'État ça, et c'est une des raisons pour laquelle nous n'allons pas lâcher. Nous n'allons pas arrêter de nous battre, nous allons continuer. On pourrait même revenir cette semaine, nous n'allons pas lâcher. (…) Cela fait quatre mois qu'on est sur nos terres et le Pays ne veut pas régler cette affaire. Ils veulent que l'on se batte pour garder nos terres. Ils insistent pour récupérer cette terre car ils doivent organiser une grande manifestation. Raison pour laquelle nous disons que nous allons revenir, Kingdom va revenir sur cette terre. Il a beaucoup de projets pour nous, comme les terres par exemple.

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mercredi 23 Septembre 2020 à 20:53 | Lu 3510 fois





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