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Erwan Covic, le maître shaolin de Tahiti



TAHITI, le 30 juillet 2020 - Depuis un an, Erwan Covic répand la culture shaolin à Tahiti. Il a passé quatre ans dans l’antre du Temple shaolin en Chine avant de rentrer et de devenir maître à Papeete. En Chine, dans le temple, il reste un élève car l’apprentissage de cette discipline et philosophie est un parcours sans fin.

"J’ai été accepté au temple Shaolin car j’ai promis de répandre la culture shaolin à Tahiti et d’organiser des échanges", explique Erwan Covic. Il a passé quatre ans au temple, en Chine, dans la province du Henan, dans la ville de Deng Feng, sur le mont Song Shan. Quatre années au cours desquelles il a appris le chinois et pratiqué les arts martiaux à main nue, le zen, le thé, la calligraphie, les massages, l’acupuncture, la méditation, le jeun méditatif. "Là-bas, la journée commence à 6 heures. Le programme est, globalement, fonction des saisons", raconte Erwan Covic. "En gros, plus il fait froid, plus on médite et plus il fait chaud, plus on s’entraîne physiquement." Sachant que pour tous et tout le temps, le corps et l’esprit sont indissociables. Le physique est le miroir de l’esprit et vice versa.

S’engager à prendre soin de soi et des autres

Le temple Shaolin est le berceau du zen, "la zen attitude, la philosophie zen, viennent de là-bas", indique Erwan Covic. "Le zen c’est s’engager à prendre soin de soi et des autres, à connaître ses craintes, ses peurs, ses limites." L’accomplissement passe par une connexion de l’un et l’autre, la condition physique, quelle qu’elle soit n’est rien, sans la méditation, l’esprit, la spiritualité. Erwan Covic a découvert le kung-fu à Tahiti avec Simon Laufatte. "Je ne sais pas exactement quel âge j’avais, j’étais trop jeune pour m’en souvenir." Il a rencontré des moines de Shaolin en Polynésie lors de passages réguliers. Mais il n’a pas pu profiter des échanges organisés par l’école de kung-fu de Polynésie pour se rendre en Chine "Car l’été j’allais en France voir mes frères."

Il a quitté l’école de kung-fu à 14 ans devenant acteur pour Polynésie la 1ère dans plusieurs productions. En parallèle, il a continué les arts martiaux dans le Muay-Thaï. En 2009, à 18 ans, il est allé à Paris pour étudier le théâtre au Cours Florent. Il y est resté 6 ans, a fondé sa propre compagnie de Théâtre baptisée Les Bien Roulés et écrit un spectacle, L’homme et la Création, joué au festival d’Avignon.

Départ pour la Chine

À Avignon, Erwan Covic a connu des déboires. "Les conditions étaient difficiles et certains membres de la troupe se sont retournés contre moi. Par ailleurs, mes textes encourageaient le public à s’observer, à avoir un peu d’auto-dérision, ce que je ne faisais pas moi-même." Il a donc tout quitté, troupe, compagnie, carrière, amis, amoureuse, logement et même pays. Direction le temple Shaolin en Chine. "Je m’étais toujours promis d’y aller avant mes 25 ans." Il arrive à destination en 2016. Sa première année en Chine fut difficile. Il a fallu "s’habituer aux coutumes, à la nourriture, à la barrière du langage et surtout aux entraînements très poussés. L’immense différence culturelle entre notre société occidentale et la Chine, m’a fait prendre beaucoup de recul sur notre façon de vivre."

Pour être accepté par les moines de Shaolin, il faut "faire preuve de persévérance, de respect et d’intégrité". Les premiers mois, il n’était pas autorisé à s’entraîner au temple, il a intégré une école voisine pendant 1 mois pour y faire ses preuves.

Découragement et persévérance

Les entraînements duraient entre 6 à 8 heures par jour, six jours sur sept. Ils étaient intensifs et ont fait ressurgir d’anciennes blessures. "Il y a une période où j’ai voulu tout arrêter à cause d’une douleur au genou suite à une vieille opération du ménisque", avoue-t-il.

"Mes maîtres et mes professeurs ont insisté et m’ont encouragé. Grâce aux exercices quotidiens de Shaolin et leur technique médicinale, j’ai pu effacer la douleur de mon genou."

Il ne devait y rester qu’un an, il a tenu quatre années. Et puis un jour, il a eu envie de revenir en Polynésie, ce qu'il fit en 2019.

Depuis, il propose des stages, il effectue des représentations chorégraphiées de son art. Il sera d’ailleurs le 1er août au Grand théâtre, sollicité pour le gala de l’école de danse chinoise Li Yune.

Il va donner des cours avec la protection judiciaire de la jeunesse jusqu’à décembre, va faire un essai en classe ULIS. Il rêve d’ouvrir une école et s’y emploie.

En Polynésie, les adeptes de ses stages l’appellent Shi fu, maître. "Mais en réalité, je reste un élève, on n’a jamais fini d’apprendre."

Une brève histoire du plus fameux temple shaolin

Pour le monde occidental, le temple Shaolin est peut-être le monastère bouddhiste le plus connu. Il a été fondé au Ve siècle en l'honneur du moine indien Batuo qui prêchait en Chine depuis 464 le boudhisme theravāda et devint le premier patriarche du monastère.

Le monastère est depuis longtemps célèbre pour son association avec les arts martiaux chinois, et particulièrement avec le kung-fu shaolin. "On se bat depuis la nuit des temps, mais on n’a pas toujours suivi des systèmes et des règles de combat." La mise en place de ces règles correspond à la naissance des arts martiaux. "Et, il ne faut pas chercher, tous les arts martiaux trouvent leur origine dans le kung-fu, même le judo ! ", assure Erwan Covic.

D'après la tradition, le moine bouddhiste Bodhidharma (V e siècle) aurait enseigné le kung-fu shaolin aux moines du temple Shaolin, pour les aider à se défendre des animaux et des brigands qui rôdaient autour du monastère.

Le temple a été détruit et reconstruit à plusieurs reprises au cours de son histoire. Récemment, dans les années 1980, le gouvernement a souhaité s’en débarrasser. Des moins se sont interposés et un accord a été trouvé.

Aujourd’hui, Des gens du monde entier apprennent le kung-fu au temple Shaolin. Entre 300 et 500 moines y vivent en permanence. Dans la ville voisine qui compte 600 000 habitants, pas moins 300 écoles ont été ouvertes et enseignent le kung-fu shaolin.

Deux millions de visiteurs passaient (avant la Covid 19) chaque année. Chaque Chinois y passe au moins une fois dans sa vie. Les moines s’entraînent au milieu des touristes, "mais", glisse Erwan Covic, "le zen existe dans le chaos, le mouvement, à toi qui t’entraînes de décider où tu concentres ton attention. C’est une idée très occidentale que de penser qu’il faut s’isoler et faire silence pour méditer et se concentrer."

Pour les adeptes du tricking

Erwan Covic accompagne les pratiquants de Tricking du fenua. Ce sont quelques jeunes adeptes qui aujourd’hui s’entraînent de manière informelle. Une association devrait bientôt voir le jour pour formaliser leur activité.

Le tricking est un mélange d’arts martiaux et de gymnastique acrobatique. Les figures et mouvements sont empruntés au taekwondo, à la gymnastique, au breakdance, au capoeira et au freerun. Son origine vient du au kata artistique et du développement des figures acrobatiques aériennes. La discipline a fortement évolué et la gymnastique artistique a influencé la pratique du sport. Le mélange de ces disciplines permet de distinguer le tricking des autres sports acrobatiques ou arts martiaux.

Contacts

FB : Shaolin Tahiti
Tel. : 89 53 85 88
Site internet Shaolin Tahiti.

Rédigé par Delphine Barrais le Jeudi 30 Juillet 2020 à 09:24 | Lu 2263 fois





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