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Enfin une formation aux Marquises pour les pêcheurs


16 stagiaires marquisiens suivent trois mois de formation théorique à Taiohae, puis un mois de pratique à Tahiti.
16 stagiaires marquisiens suivent trois mois de formation théorique à Taiohae, puis un mois de pratique à Tahiti.
Nuku Hiva, le 17 février 2022 – C'est sur l’île de Nuku Hiva que se déroule actuellement la première formation au brevet de capitaine de pêche côtière (BCPC) délocalisée aux Marquises. Une opportunité pour les 16 jeunes pêcheurs marquisiens qui la suivent. Une initiative qui traduit une volonté de donner une égalité des chances pour accéder aux formations, même dans les archipels éloignés. 

C’est sous l’impulsion du ministre de l'Agriculture et de l'économie bleue, Tearii Alpha, en collaboration avec le maire de Nuku Hiva et président de la communauté de communes des Marquises (Codim) que l'actuelle formation au Brevet de capitaine de pêche côtière (BCPC) délocalisée dans un archipel éloigné a été mise en place dans la capitale marquisienne.

Cette session de formation au BCPC sera dispensée sur quatre mois répartis comme suit : trois mois à Taiohae pour la partie théorique puis un mois sur les simulateurs et en atelier machines dans les locaux du centre des métiers de la mer (CMMPF) de Motu Uta à Tahiti. 
 
16 jeunes pêcheurs formés
 
Une formation était très attendue localement, comme l'explique le directeur du CMMPF Georges A Mai : “Cette formation bénéficie à 16 jeunes de Nuku Hiva en quête de régularisation de leur situation professionnelle et à d’autres, qui sont souvent déjà employés. La formation permet d’acquérir les connaissances et techniques indispensables pour la réalisation de leur projet de pêche, d’acquisition de poti mārara notamment, et d’exercer en qualité de pêcheur professionnel grâce à l’obtention d’une licence de pêche côtière.”

En effet, ce brevet qui confère à son titulaire l'aptitude et la qualification pour la conduite, à titre professionnel, des navires de pêche armés à la pêche côtière (poti mārara et second sur les bonitiers ou thoniers) était jusqu’à présent difficile à obtenir pour les pêcheurs marquisiens. Ils étaient confrontés à de nombreux freins occasionnés par l’obligation de passer près de cinq mois de formation à Tahiti, des frais d'hébergement et de déplacement impossibles à générer pour les jeunes pêcheurs des archipels.
 
Équité d'accès à la formation

“C’est pourquoi le double objectif de cette formation délocalisée, précise Georges A Mai, c’est l’équité d’accession à la formation pour l’ensemble des jeunes de la Polynésie française et également de marquer la proximité de l’administration et des usagers. Puis enfin de répondre à la commande des institutions administratives et communales et à l’attente des professionnels en exercice ou en devenir.”

Pour l’heure, les pêcheurs marquisiens qui suivent cette formation ont la possibilité de suivre les cours théoriques tous les matins au sein de la cité administrative de Taiohae puis de continuer leur activité de pêche en fin de journée.
D’autre part, la commune de Nuku Hiva cherche actuellement un local pouvant héberger l’ensemble des stagiaires à moindre frais, lors du mois qu’ils devront passer à Tahiti à l’occasion de la partie pratique de la formation. Une recherche qui devrait aboutir très prochainement.

Matu Bonno, pêcheur professionnel : “Une formation que nous attendions tous”

“Jusqu’à présent, nous ne pouvions pas nous mettre en règle sans mettre la clé sous la porte. Il y avait le billet d’avion et l’hébergement d’une part, et en plus, si la formation était gratuite pour les demandeurs d’emplois, elle était payante pour les pêcheurs patentés comme moi. Il fallait donc un budget de plusieurs centaines de milliers de Fcfp pour suivre la formation à Papeete. Sans compter que pendant ces cinq mois de déplacement hors de notre île et loin de nos familles, nous ne pouvions pas continuer à travailler. Autant dire que ce brevet était impossible à obtenir pour nous pêcheurs des îles. C’est pourquoi cette formation délocalisée aux Marquises est vraiment ce que nous attendions tous.” 

Rédigé par Marie Laure le Jeudi 17 Février 2022 à 14:14 | Lu 1217 fois