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En Nouvelle Calédonie, le passé douloureux des Japonais sort de l'oubli



Ichiro Komatsu
Ichiro Komatsu
NOUMEA (France), 11 déc 2012 (AFP) - La Nouvelle-Calédonie célébrera vendredi le 120e anniversaire de la présence japonaise sur son sol. L'ambassadeur du Japon à Paris va inaugurer un Mémorial, en hommage à cette communauté venue pour travailler, pourchassée après Pearl Harbour et aujourd'hui intégrée.

Pour la première fois, un ambassadeur japonais en France va se rendre dans cet archipel français du Pacifique sud. L'objet de la visite d'Ichiro Komatsu est l'inauguration à Thio, à 120 kilomètres de Nouméa, d'un Mémorial pour les Japonais, qui sont venus au XIXe siècle travailler dans les mines de nickel.

"C'est une belle occasion de resserrer les liens entre la France et le Japon", a indiqué à l'AFP Marie-Jo Michel, consule honoraire du Japon en Nouvelle-Calédonie.

En Nouvelle Calédonie, le passé douloureux des Japonais sort de l'oubli
Le Mémorial, qui s'élève dans le petit cimetière de Thio où sont enterrés 223 Japonais, a été réalisé par l'architecte Yukiyoshi Matsuda, fils d'un immigrant qui sua sur les mines à ciel ouvert du Caillou.

L'oeuvre, en partie financée par la Société Le Nickel (SLN, groupe Eramet), est constituée d'une arche en acier inox, symbole des liens nippo-français, derrière laquelle se dresse une colonne surmontée d'une croix chrétienne et dont la base représente le katana (sabre japonais).

Pour Marie-Jo Michel, retraitée de l'enseignement, cet évènement est l'aboutissement d'un long travail de mémoire pour porter à la connaissance du public l'histoire cahotique des Japonais de Nouvelle-Calédonie, dont elle est une descendante.

Travailleurs sous-contrats, recrutés par la SLN, les premiers Japonais sont arrivés le 25 janvier 1892. Ils furent 599 à débarquer de l'Hiroshima Maru à Thio, coeur historique de l'exploitation minière.

A l'époque, l'industrie en pleine expansion a besoin de main d'oeuvre bon marché et abondante. Celle, gratuite, issue du bagne se tarit, alors la SLN fait appel successivement aux Chinois, aux Indiens, aux Vietnamiens puis aux Japonais.

"C'était des gens misérables, hommes célibataires, qui venaient pour gagner un peu d'argent pour leur famille", a expliqué Marie-Jo Michel, dont les deux grands-pères ont fait le voyage en 1914.

On estime qu'entre 1892 et 1919, quelque 5.575 Japonais, originaires du sud du pays (Okinawa, Kumamoto, Fukuoka, Hiroshima...) sont arrivés dans l'île à bord de 21 navires.

Si certains rentrent ensuite chez eux, beaucoup font souche en Nouvelle-Calédonie, où ils se mettent en concubinage, souvent avec des femmes autochtones kanak.

Laborieuse et discrète, la communauté prend une part active au développement de l'île et s'investit dans nombre de petits métiers tels que tailleur, maraîcher ou commerçant.

"A Nouméa, le centre-ville était japonais", raconte Marie-Jo Michel.

Cette intégration réussie vire cependant au cauchemar le 7 décembre 1941 lorsque le Japon attaque par surprise la base navale américaine de Pearl Harbour.

"Du jour au lendemain, le gouverneur Henri Sautot a ordonné qu'on attrape tous les Japonais, car chacun d'entre eux était considéré comme un espion potentiel!", a expliqué la consule, dont les deux grand-pères ont été expulsés.

1.200 hommes et des familles non-mixtes sont alors arrêtés et envoyés par convois dans des centres d'internement en Australie.

Les Japonais deviennent des pestiférés. Leurs biens sont mis sous séquestres et vendus aux enchères, tandis que leurs enfants restés à Nouméa sont stigmatisés à l'école ou dans les magasins.

A la fin de la guerre, les Japonais de Calédonie quittent l'Australie et doivent rentrer au Japon. Beaucoup ne reverront jamais les leurs.

"La situation s'est apaisée dans les années 1960, mais cette histoire restait honteuse. Ma génération, qui a la soixantaine, est la première à libérer la parole", a témoigné Marie-Jo Michel. Aujourd'hui, les descendants de Japonais sont environ 8 à 10.000 en Nouvelle-Calédonie.

Rédigé par Par Claudine WERY le Mardi 11 Décembre 2012 à 05:39 | Lu 2255 fois






1.Posté par moustic le 11/12/2012 10:29 | Alerter
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Qu'en est-il de l'unité 731 où les japonais torturaient et disséquaient vivants des prisonniers par milliers, la plupart civils ou leur injectaient des maladies mortelles juste pour voir . Aucune célébration ni surtout aucune condamnation !
Pleurons pour les japonais de Nlle Calédonie !!

2.Posté par Yakimono le 18/12/2012 08:50 | Alerter
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Bien que le passé fasse partie de l'histoire , cela a quand même un arrière goût amer !

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