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'Ei Hono, les étudiants créent du lien autour de la culture polynésienne


Tahiti, le 21 avril 2022 -'Ei Hono, la semaine des langues et cultures polynésiennes, se déroulera du 25 au 29 avril à l'UPF. Les étudiants qui l'organisent la placent sous le signe du lien en proposant gratuitement à tous de participer aux ateliers, cérémonies, conférences mises en place au fil de la semaine.
 
'Ei Hono, créer du lien, c'est l'objectif des étudiants pour la semaine consacrée aux langues et à la culture polynésiennes, qui se déroulera du 25 au 29 avril sur l'ensemble du campus d'Outumaoro de l'Université de la Polynésie française. Depuis plus de dix ans, l'UPF organise une journée des langues polynésiennes. Après une pause de deux ans, en raison de la crise sanitaire, l'événement revient sur une forme plus longue et plus approfondie, avec la volonté d'accentuer la visibilité et le partage des langues et de la culture polynésienne. "On a voulu le faire sous une forme plus ouverte et sur un temps plus long, ce qui nous permet de proposer aussi des conférences, des rencontres avec des auteurs et des artistes. Ainsi, le public, les étudiants, vont pouvoir donner du sens à ce qu'on leur propose", explique Marie Curieux-Teikitohe, étudiante en master médiation scientifique et culturelle et coordinatrice de l'événement.
 
Les étudiants, acteurs principaux
 
Ce sont, en effet, les étudiants qui sont au cœur de 'Ei Hono, semaine polynésienne, les étudiantes du nouveau master MEEF – médiation scientifique et culturelle, pratique de l'ingénierie de formation. Encadrées par l'équipe pédagogique de la filière des langues polynésiennes, elles ont à charge l'organisation dans le cadre de leur formation universitaire. "C'est notre stage en fait, nous allons être évaluées dessus", précise Amélie Taiore, étudiante dans ce master qui coordonnera le pôle "Australes".
 
Vendredi 29 avril, le point d'orgue
 
Car, le point d'orgue de 'Ei Hono sera la journée du vendredi 29 avril, qui tournera autour de cinq "pôles" disséminés sur le campus et représentant les différents archipels de la Polynésie française.  De 9h15 à 11h30, au sein de chaque pôle, des ateliers seront proposés pour découvrir les savoirs et les pratiques des îles : artisanat, médecine traditionnelle, cérémonies traditionnelles, art culinaire, sport, art oratoire, chants et danses. Ces activités seront animées par des étudiants de toutes les filières de l'UPF. "Pour chaque pôle, on a dû recruter, au sein de l'université, des étudiants pour animer le tressage, les ateliers linguistiques, culinaires, etc." détaille Amélie. "Petit à petit, on a réuni environ 80 étudiants. Comme il y a entre 3 et 6 activités dans les pôles, on avait besoin d'aide", complète Marie.
 
Là aussi, le principe est celui du lien, de l'échange. "Beaucoup d'étudiants pensent qu'ils n'ont pas assez de connaissances culturelles, mais en fait, en participant à ce genre d'événement, on se rend compte qu'on a des choses à partager", souligne Haiata Poherui, étudiante du master. Les ateliers sont ouverts à tous sur inscription via la page facebook de l'événement. "L'objectif, c'est que tout le monde puisse découvrir, participer, à 'Ei Hono, même ceux qui ne parlent pas parfaitement une langue polynésienne, encore plus, j'ai envie de dire", insiste Vanessa Taraihau, étudiante et coordinatrice de l'événement. La journée du 29 avril s'ouvrira par un hīmene tārava raromata'i, composé, écrit et dirigé par Heimanu Manutahi, étudiant en première année de langues polynésiennes. À midi, les participants seront conviés à un ahimā'a, encore sous le signe du lien et la journée se clôturera en bringue.
 
Partager savoirs et savoir-faire
 
Du lundi au jeudi précédents, seront donc proposées un grand nombre d'activités pour explorer, approfondir et partager les savoirs et savoir-faire autour des langues et de la culture polynésiennes : visite du fonds polynésien de la bibliothèque universitaire, guidé par Albert Hugues, polyglotte passionné ; rencontres avec des artistes et des auteures du fenua, projection de films ou encore conférences sur le cycle lunaire, le matarii ou la médecine traditionnelle, par exemple. Ces événements sont gratuits et ouvert à tous, étudiants ou non.
 
La semaine sera ouverte, lundi 25 avril par la cérémonie d'accueil, un rāhiri, sur le site du futur paepae de l'université, dont la pose de la première pierre sera aussi un événement fondateur pour le lien culturel à l'université. "Avant ce paepae, on n'avait aucun lieu culturel dans cette université. Il se trouvera juste en face du nouveau bâtiment consacré à la recherche. On va pouvoir allier sciences et culture", déclare Vanessa. Autour du marae, seront déposées des marotai, des offrandes sous formes de pierres provenant de chacun des cinq archipels. "Le dépot sur la terre de ces pierres fait le lien entre toutes les terres et consacre les étudiants comme une seule communauté", s'enthousiasme Marie. Le rāhiri débutera à 8h, lundi 25 avril. "Il portera un message d'inclusion et d’apaisement. C'est ça qu'on veut mettre en avant", insiste Marie qui poursuit : "On va aussi faire, avec un maximum d'étudiants, une tresse à trois branches, le premier brin représente le lien avec la terre, le deuxième le lien avec les dieux, le troisième le lien avec les ancêtres. Cette tresse va entourer le paepae à la fin de la semaine".
 

Marie Curieux-Teikitohe, étudiante en master et coordinatrice de 'Ei Hono: "Porter un message d'inclusion et d'apaisement"
 

"On veut rester ouvert, il n'est pas nécessaire d'être un locuteur parfait pour participer aux événements. Participer à un atelier de tressage ou à un atelier culinaire, peut aussi servir à approfondir ses connaissances des langues polynésiennes. Au départ, on voulait que tous les animateurs parlent une langue polynésienne, mais certains estiment ne pas la maîtriser suffisamment. On laisse le choix aux animateurs, il ne faut pas bloquer les gens. L'objectif c'est que tout le monde puisse découvrir, participer à 'Ei Hono. C'est ouvert même à ceux qui ne sont pas à l'université. Le rāhiri, pour la cérémonie d'ouverture, porte ce message d'inclusion et d’apaisement. C'est ça qu'on veut mettre en avant.
J'encourage les étudiants, les gens, à venir aux cérémonies, aux ateliers, aux conférences pour acquérir, consolider et partager leurs savoirs. Ce sont des connaissances qui ont de la valeur aussi, il faut les partager. Et où mieux que l'université pour le faire. On n'a pas l'ambition de construire un lien figé, mais on espère lancer un processus qui se poursuivra. Le hono se construit au fur et à mesure."



Hīmene tārava raromata'i, par les étudiants de l'UPF en répétition pour 'Ei Hono, la semaine polynésienne, du 25 au 29 avril. Ecrit et dirigé par Heimanu Manutahi.



Rédigé par Antoine Launey le Jeudi 21 Avril 2022 à 19:48 | Lu 788 fois