Tahiti, le 28 mars 2026 - Réunis ce samedi au siège du parti, environ 150 militants du Tavini Huiraatira ont assisté à une scène politique rare : l’aveu public d’une fracture désormais assumée entre le président du Pays et la ligne historique du mouvement. Après la débâcle des municipales et un communiqué cinglant du parti, Moetai Brotherson a posé un ultimatum clair : sans soutien, il est prêt à démissionner. Mais surtout, il acte d’ores et déjà la fin de la majorité Tavini à l’assemblée en annonçant la création d’un deuxième groupe indépendantiste le 9 avril pour l’ouverture de la session administrative.
Le divorce est officiellement consommé cette fois ente le président du Pays Moetai Brotherson et celui du parti, Oscar Temaru. Dès l’ouverture, en tahitien, Oscar Temaru a repris son discours habituel, entre souveraineté, ressources marines et héritage politique. Une constance assumée, malgré la claque des municipales : “Ce n’est pas parce qu’on tombe qu’il ne faut pas se relever”. Mais c’est Moetai Brotherson qui a d’emblée mis les pieds dans le plat, refusant de “tourner autour du pot”. "Il y a une fissure, une fracture au Tavini. On se relance la balle à chaque fois. Le 9 avril prochain il n’y aura plus de majorité Tavini à l’assemblée. Un nouveau groupe est en train de se constituer avec 13,15 voire 20 élus”, -t-il lancé en reo tahiti d’abord. Une recomposition qui acterait l’existence de “deux groupes indépendantistes” rivaux, sans majorité absolue face aux 16 élus du Tapura et aux non-inscrits. “Il faut dire ce que vous pensez. Si le Tavini décide aujourd’hui qu’il ne veut plus d’un gouvernement mené par Moetai Brotherson, je suis prêt à démissionner”, a-t-il poursuivi.
Face à lui, le micro circule parmi les 150 personnes présentes et il n’a pas été déçu du voyage. “Tu t'es autoproclamé président”, lance l’un deux, “c’est un menteur”, scande un autre. S’il a eu quelques maigres soutiens, la grande majorité des militants a clairement demandé à Moetai Brotherson d’abandonner son costume présidentiel, à l’image de Gilles Tefaatau, ancien ministre de Temaru pendant le Taui. “Il ne faut pas demander au parti, est-ce que je dois démissionner ? Tu dois démissionner d'office, parce que tu n'es pas en phase avec la ligne politique du Tavini”, a-t-il claqué, dénonçant un électorat perdu face à deux discours opposés.
Le divorce est officiellement consommé cette fois ente le président du Pays Moetai Brotherson et celui du parti, Oscar Temaru. Dès l’ouverture, en tahitien, Oscar Temaru a repris son discours habituel, entre souveraineté, ressources marines et héritage politique. Une constance assumée, malgré la claque des municipales : “Ce n’est pas parce qu’on tombe qu’il ne faut pas se relever”. Mais c’est Moetai Brotherson qui a d’emblée mis les pieds dans le plat, refusant de “tourner autour du pot”. "Il y a une fissure, une fracture au Tavini. On se relance la balle à chaque fois. Le 9 avril prochain il n’y aura plus de majorité Tavini à l’assemblée. Un nouveau groupe est en train de se constituer avec 13,15 voire 20 élus”, -t-il lancé en reo tahiti d’abord. Une recomposition qui acterait l’existence de “deux groupes indépendantistes” rivaux, sans majorité absolue face aux 16 élus du Tapura et aux non-inscrits. “Il faut dire ce que vous pensez. Si le Tavini décide aujourd’hui qu’il ne veut plus d’un gouvernement mené par Moetai Brotherson, je suis prêt à démissionner”, a-t-il poursuivi.
Face à lui, le micro circule parmi les 150 personnes présentes et il n’a pas été déçu du voyage. “Tu t'es autoproclamé président”, lance l’un deux, “c’est un menteur”, scande un autre. S’il a eu quelques maigres soutiens, la grande majorité des militants a clairement demandé à Moetai Brotherson d’abandonner son costume présidentiel, à l’image de Gilles Tefaatau, ancien ministre de Temaru pendant le Taui. “Il ne faut pas demander au parti, est-ce que je dois démissionner ? Tu dois démissionner d'office, parce que tu n'es pas en phase avec la ligne politique du Tavini”, a-t-il claqué, dénonçant un électorat perdu face à deux discours opposés.
Brotherson fixe ses lignes rouges
Car Moetai Brotherson persiste et signe et n’y va pas par quatre chemins. Face à une salle souvent hostile, il assume ses désaccords de fond avec la ligne historique du parti. “Les choses sur lesquelles je suis aujourd’hui en désaccord, pour moi, ce n’est pas négociable (…) Je ne vais pas changer d’avis sur la nécessité d’un référendum (…) Je ne vais pas changer d’avis sur l’exploitation des fonds marins. Il ne faut pas me demander ça”.
Un positionnement assumé, presque frontal, qui tranche avec la culture de compromis longtemps affichée par le Tavini. “Il ne faut pas penser qu’on va pouvoir mettre tous ces désaccords sous le tapis et reprendre comme si de rien n’était. Ça, ce n’est pas possible”, insiste-t-il encore, actant définitivement la rupture politique. “Moi, je ne suis pas là juste pour accéder à l’indépendance. C’est d’arriver à l’indépendance et de la faire vivre”, a-t-il encore martelé refusant toute précipitation.
Dans cette séquence tendue, Antony Géros a tenté de jouer les équilibristes. S’il partage la ligne dure sur le fond, il appelle à ne pas fracturer davantage le mouvement. “Ce n’est pas parce qu’on est en désaccord qu’il faut se diviser”, a-t-il plaidé, avant de glisser une leçon politique à peine voilée à l’adresse du président : “En politique, j’ai appris une chose : il ne faut jamais être absolu. Jamais”.
Une manière de dénoncer le caractère “non négociable” des positions de Moetai Brotherson au moment même où l’équilibre à l’assemblée vacille.
Un positionnement assumé, presque frontal, qui tranche avec la culture de compromis longtemps affichée par le Tavini. “Il ne faut pas penser qu’on va pouvoir mettre tous ces désaccords sous le tapis et reprendre comme si de rien n’était. Ça, ce n’est pas possible”, insiste-t-il encore, actant définitivement la rupture politique. “Moi, je ne suis pas là juste pour accéder à l’indépendance. C’est d’arriver à l’indépendance et de la faire vivre”, a-t-il encore martelé refusant toute précipitation.
Dans cette séquence tendue, Antony Géros a tenté de jouer les équilibristes. S’il partage la ligne dure sur le fond, il appelle à ne pas fracturer davantage le mouvement. “Ce n’est pas parce qu’on est en désaccord qu’il faut se diviser”, a-t-il plaidé, avant de glisser une leçon politique à peine voilée à l’adresse du président : “En politique, j’ai appris une chose : il ne faut jamais être absolu. Jamais”.
Une manière de dénoncer le caractère “non négociable” des positions de Moetai Brotherson au moment même où l’équilibre à l’assemblée vacille.
Tarahoi au cœur de la fracture
Car c’est bien là que se joue désormais la crise. Avec des départs annoncés ou déjà actés - Tematai Le Gayic en tête - la majorité issue de 2023 se fissure concrètement à Tarahoi. Et le président du Pays refuse d’endosser la responsabilité de cette recomposition : “On me demande d’aller convaincre ceux qui veulent partir (…) ils ne partent pas à cause de moi”.
Une ligne qu’il tient d’autant plus fermement qu’il décrit un climat devenu délétère au sommet même de la majorité : “C’est fatiguant de se faire flinguer par sa propre majorité (…) si ça doit continuer encore deux ans, c’est fatiguant”.
La majorité issue de 2023 est cette fois concrètement en train de se déliter entre exclusions, démissions et recomposition en cours à Tarahoi. Mais Antony Géros, est convaincu que “le 9 avril tout se passera bien” car l’unité prévaudra au moins sur les postes stratégiques : “Ils ont besoin d’une majorité unie pour être présidents de commission”.
Mais pour combien de temps ?
En filigrane, c’est aussi un conflit de générations qui s’est invité dans le débat. En faisant un rapide sondage pour savoir qui avait moins de 40 ans dans la salle, Moetai Brotherson a compté “quatre mains levés”. “C’est eux qui vont voter en 2028 (…) c’est quoi le message du Tavini pour les convaincre ?” Une question qui résonne comme un avertissement. Car après la débâcle des municipales, le Tavini n’affiche plus seulement ses divisions : il expose désormais ses doutes stratégiques.
À deux ans des prochaines échéances territoriales, le parti au pouvoir semble entré dans une zone de turbulences durables. Entre ligne dure et pragmatisme gouvernemental, l’équilibre trouvé en 2023 a vécu. Et cette fois, personne ne semble en mesure de recoller les morceaux.
Une ligne qu’il tient d’autant plus fermement qu’il décrit un climat devenu délétère au sommet même de la majorité : “C’est fatiguant de se faire flinguer par sa propre majorité (…) si ça doit continuer encore deux ans, c’est fatiguant”.
La majorité issue de 2023 est cette fois concrètement en train de se déliter entre exclusions, démissions et recomposition en cours à Tarahoi. Mais Antony Géros, est convaincu que “le 9 avril tout se passera bien” car l’unité prévaudra au moins sur les postes stratégiques : “Ils ont besoin d’une majorité unie pour être présidents de commission”.
Mais pour combien de temps ?
En filigrane, c’est aussi un conflit de générations qui s’est invité dans le débat. En faisant un rapide sondage pour savoir qui avait moins de 40 ans dans la salle, Moetai Brotherson a compté “quatre mains levés”. “C’est eux qui vont voter en 2028 (…) c’est quoi le message du Tavini pour les convaincre ?” Une question qui résonne comme un avertissement. Car après la débâcle des municipales, le Tavini n’affiche plus seulement ses divisions : il expose désormais ses doutes stratégiques.
À deux ans des prochaines échéances territoriales, le parti au pouvoir semble entré dans une zone de turbulences durables. Entre ligne dure et pragmatisme gouvernemental, l’équilibre trouvé en 2023 a vécu. Et cette fois, personne ne semble en mesure de recoller les morceaux.
Ressources marines : le désaccord irréconciliable
Au cœur des tensions, l’exploitation des fonds marins a cristallisé les oppositions entre le président du Pays et la ligne historique du Tavini. “Ça fait trente ans qu’on a des études là-dessus”, a rappelé Moetai Brotherson, en s’appuyant notamment “la science et les faits”, en prenant l’exemple de la Papouasie-Nouvelle-Guinée : “Ils ont découvert un désastre environnemental et qu’ils avaient perdu de l’argent”, a-t-il lancé, balayant au passage les promesses économiques avancées par Oscar Temaru : “Venir m’expliquer que ça va nous rendre milliardaires sans détruire l’environnement, ben non, désolé”.
Antony Géros, au contraire, a défendu une vision de long terme, fidèle à la doctrine portée par Oscar Temaru. À ses yeux, la question ne s’est pas posée en termes d’immédiateté, mais de perspective : “Quand on dit qu’on va exploiter nos ressources (…) ce n’est pas pour tout de suite. C’est comme si on disait qu’on allait exploiter la lune alors qu’on n’a même pas la fusée pour y aller”.
Au final, deux lectures se sont opposées sans parvenir à se rejoindre : d’un côté, une prudence environnementale et économique assumée ; de l’autre, un pari stratégique inscrit dans le temps long. Symbole, à lui seul, d’un Tavini désormais coupé en deux.






























