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Des médecins cubains se préparent à aller soigner les Indiens du Brésil



Des médecins cubains se préparent à aller soigner les Indiens du Brésil
BRASILIA, 7 septembre 2013 (AFP) - Bernardo Madrazo, un médecin cubain ayant exercé en Afrique du Sud, au Guatemala et au Venezuela, s'apprête avec des dizaines de compatriotes à travailler dans les villages indiens reculés d'Amazonie brésilienne, où les Brésiliens refusent d'aller.

"L'Amazonie sera très différente de ce que j'ai connu avant. Je suis très content", déclare cet afro-cubain athlétique de 47 ans, affichant 23 ans d'expérience médicale dont deux passés au Guatemala, deux au Lesotho et quatre au Venezuela. Il ira dans la vallée du Javari, une région où vivent encore des tribus isolées, sans contact avec l'homme blanc, à la frontière du Pérou.

Le gouvernement de Dilma Rousseff vient de lancer le programme "Plus de médecins" pour occuper 15.000 postes vacants dans les régions pauvres et reculées du géant sud-américain. Il comprend 4.000 médecins cubains et des centaines d'autres argentins, vénézuéliens, espagnols ou portugais.

"Le principal problème sera le barrage de la langue. Nous avons appris le portugais mais les indigènes ne le parlent pas, nous allons devoir apprendre leurs langues", explique Ania Ricardo, une autre cubaine qui a travaillé trois ans dans les faubourgs pauvres et violents de Caracas et qui s'apprête à partir dans un village du Rio Solimoes.

Comme 40 de ses confrères arrivés au Brésil avec un contrat de trois ans, Madrazo et Ricardo ont eu leur premier contact avec les Indiens brésiliens vendredi, dans le cadre d'un cours à la Maison de la santé indigène, située à 25 km de Brasilia, qui accueille les cas graves de tout le pays.

Ruberilson, 12 ans, large sourire et grandes cicatrices sous un bonnet, marche en tapant sa canne blanche au milieu des Cubains: il est aveugle depuis quelques mois et ne parle qu'en yanomami.

"Il avait une tumeur bénigne, mais on a tardé à le soigner et le nerf optique a été touché. Il va lui être difficile de rentrer dans son village yanomami parce que c'est une société où chacun a sa fonction comme la chasse ou la pêche", explique une responsable de l'entrainement des Cubains.

La maladie de l'esprit

"Le gouvernement est décidé à donner la priorité à la santé indigène" et à desservir ces régions souvent rejetées par les Brésiliens car il s'agit de zones lointaines et qui "demandent une grande aptitude pour s'adapter à une culture et des habitudes différentes", déclare à l'AFP Antonio Alves de Souza, secrétaire de la Santé Indigène du gouvernement brésilien.

"Ce sont des cultures qui considèrent le +Pajé+ (sorcier) comme un médecin et croient que la maladie vient de l'esprit et non du corps. On ne peut arriver avec cette vision que la science du Blanc domine le monde", souligne-t-il.

L'amélioration de la santé publique a été l'une des principales revendications de la fronde sociale historique de juin. Mais ce programme d'importation de médecins est controversé.

Même si les étrangers vont dans des postes boudés par les Brésiliens, certains d'entre eux ont été reçus sous les huées et par des messages racistes dans les aéroports du pays.

Une controverse a également surgi parce que les 4.000 Cubains ne toucheront qu'une partie des 3.000 euros payés par le Brésil, leur salaire étant versé au gouvernement de La Havane. D'autres pays enfin craignent de voir leur praticiens quitter le territoire, alléchés par les salaires offerts par le Brésil.

"A Cuba, tout est assuré par l'Etat et nous n'avons rien déboursé pour faire nos études, c'est notre système. Et on nous inculque la solidarité pour aller exercer à l'étranger", justifie Ania Ricardo.

Septième économie de la planète, le Brésil a un taux de 1,8 médecin pour 1.000 habitants, moins qu'en Argentine (3,2) ou en Grande-Bretagne (2,7).

"La santé dans le pays était de plus en plus précaire. Nous avons vraiment besoin de ces médecins étrangers et cela incitera peut être nos professionnels à aller dans les zones reculées et à mieux traiter les malades", espère Kenia Gomes de Matos, infirmière à la Maison de la santé indigène.

Rédigé par Par Yana MARULL le Samedi 7 Septembre 2013 à 06:57 | Lu 816 fois




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