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Des marges de manœuvres réduites pour le budget du Pays



Tahiti, le 17 novembre 2020 - Le projet de budget 2021 du Pays a été adressé aux représentants de l’assemblée. Trois semaines après un débat d’orientation budgétaire agité et marqué par le sceau de l’incertitude, le projet de budget apporte des précisions sur les grandes lignes d’actions du gouvernement pour 2021. Des espérances budgétaires, plus que des prévisions, qui s’établissent à hauteur de 196 milliards de Fcfp. 
 
Prévoir 2021 relève de la gageure. Que ce soit au niveau personnel ou aux commandes d’une collectivité, l’exercice de prévision n’a jamais été aussi proche d’un scénario de science-fiction. Le projet de budget concocté par le gouvernement pour l’année 2021 fait face en toute logique à ces difficultés de voir l’avenir, indépendamment de celles à gérer le présent. Le rapport qui l’accompagne n’occulte pas le parcours d’obstacles.  "L'équilibre du projet de budget a été réalisé avec un niveau de contraintes et d'incertitudes macro-économiques, lié au contexte économique et sanitaire, sans précèdent". Un projet de budget qui oscille donc entre lucidité et lutte contre le pessimisme, "bien que les marges de manœuvre budgétaire soient fortement contrariées par la diminution des recettes (…), l'objectif principal du gouvernement n'en demeure pas moins de préserver et de soutenir la capacite de croissance de notre Pays". Un soutien qui se traduit donc par un budget de 196,2 milliards dont 148,7 pour le fonctionnement et 47,5 pour les investissements du Pays en anticipant grandement sur la baisse des recettes fiscales.
 
Des prévisions fiscales qui obligent à toucher les fonds
 
Le DOB avait laissé les représentants dans l’inconnu avec peu de chiffres précis sur l’ampleur de la crise actuelle et l’impact à prévoir sur les finances publiques. Si la baisse des prévisions fiscales et parafiscales pour 2021 n’est pas surprenante, son ampleur et les recettes concernées donnent une indication de l’importance du choc économique auquel s’attend le gouvernement. La baisse des recettes de TVA est ainsi toujours estimée à -5%. Un chiffre qui traduit donc que, selon le gouvernement, la consommation intérieure ne va pas être substantiellement affectée. Parallèlement, la capacité des entreprises polynésiennes a dégager des bénéfices imposables est nettement revue à la baisse. Le gouvernement table sur une chute de -37% de l’impôt sur les bénéfices, en prenant en compte la baisse de 25% du chiffre d'affaire des entreprises projeté pour 2020. Au niveau des échanges extérieurs, les données chiffrées font état d’une baisse prévisionnelle de -5 à -6% des importations et des droits de douanes et taxes à l’import. Au global, la "forte contraction sur le plan fiscal" est compensée en tapant notamment dans les réserves du fonds de régulation des prix des hydrocarbures mais aussi et surtout du Fonds de l'investissement et de garantie de la dette (FIGD). Créé en 2013, ce dernier avait pour but de rassurer les organismes préteurs sur la capacité de la Polynésie à rembourser ses nombreux emprunts et "de prémunir les bailleurs de fonds de toute défaillance de la Polynésie française relative au remboursement de l'annuité de sa dette". Alors que le Pays n’a jamais été aussi endetté, il n’a pas d’autres choix d’abandonner sa meilleure garantie.
 
Un rebond des secteurs du tourisme et de la perle pas prévu
 
Plus drastique, la chute du tourisme est également anticipée sur les recettes du Pays. Le gouvernement prévoit ainsi une baisse de 50% de la redevance de promotion touristique, soit 722 millions de Fcfp. Cette dernière est calculée sur le prix des chambres occupées dans les hôtels et résidences de tourisme international. Or, les chiffres n’incitent pas à l’optimisme avec "une tendance variant entre -55% et -78% sur les mois de juillet à septembre en comparaison à l'exercice 2019". La reprise de l'activité touristique en 2021 étant fortement contrainte par les mesures de confinement des principaux pays émetteurs et de l'ouverture des frontières, le Pays table ainsi sur un nombre de touristes divisé par deux par rapport à 2019 et donc proche des 125 000. Un chiffre de fréquentation donc inférieur à ceux post-crise de 2010 et 2011. Il faut remonter au début des années 1990 pour retrouver un tel niveau. Signe d’une volonté de ne pas se couper de sa clientèle internationale, la subvention à destination du GIE Tahiti Tourisme est quant à elle maintenue à son niveau pour assurer la promotion de la destination.
 
Côté baisse des recettes, certaines sont voulues. C’est le cas notamment du Droit spécifique sur les perles exportées (DSPE). Le plan de relance présenté début septembre prévoyait une modulation de cette taxe. Finalement, l’exonération totale qui a été rapidement actée pour 2020 est prorogée pour tout l’exercice 2021. Le Pays fait de nouveau une croix sur 397 millions de Fcfp pour soutenir une filière en déclin dont le rebond est attendu depuis une décennie.
 
Train de vie maintenu pour le gouvernement, à réduire pour les communes
 
Niveau dépenses, le gouvernement joue la continuité et les vases communicants en redéployant notamment les crédits déjà existants. Les budgets de fonctionnement des ministères et des services "sont globalement reconduits" (+1%) avec des charges de personnel stables autour de 31 milliards (+0.2%). Comme Tahiti Infos l’a révélé, le gouvernement avait utilisé un petit artifice juridique discret pour augmenter ses indemnités et faciliter les déplacements et voyages des ministres. La tendance pour 2021 n’est pas à l’économie et les perspectives de limitations de déplacement n’ont pas ou peu affecté les prévisions en la matière. Les indemnités gouvernementales sont ainsi budgétées à hauteur de 136,4 millions de Fcfp contre 123,9 millions il y a un an. Soit une hausse indemnitaire de 10% pour un gouvernement désormais réduit d’une unité. Au niveau des frais de mission et de déplacements prévus l’année prochaine, la facture gouvernementale est estimée à 45,3 millions contre 47,7 soit une baisse de -5%. Signe d’une épidémie qui ne sera vraisemblablement pas rapidement contenue, le Pays prévoit également une augmentation de 26% de la subvention à l'institut Louis Malardé (ILM) "afin de faire face à la charge d'activité supplémentaire liée à la réalisation des tests de dépistage de la Covid-19, à l'embauche de chercheurs, à l'acquisition de matériels, ainsi qu'au recrutement de personnels complémentaires".
 
Plus dur sera l’ajustement budgétaire pour les communes dont le fonds intercommunal de péréquation (FIP) constitue une part conséquente des recettes. Le projet de budget indique qu’un montant de 16,1 milliards de Fcfp à verser au FIP est prévu. Une diminution de 12% par rapport au budget 2020 qui va inciter ou plutôt contraindre les communes à quelques sacrifices dans les années à venir.
 

Rédigé par Sébastien Petit le Mardi 17 Novembre 2020 à 22:38 | Lu 2353 fois





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