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Des détenus polynésiens raflent six prix au festival de la BD d'Angoulême



: Deux des lauréats, aux côtés d'Evelyne Le Cloirec et de Mélanie Place, lors de la remise des prix à Nuutania.
: Deux des lauréats, aux côtés d'Evelyne Le Cloirec et de Mélanie Place, lors de la remise des prix à Nuutania.
Papeete, le 9 mars 2019 - Pour leur première participation, les détenus polynésiens de Nuutania et de Tatutu ont décroché six prix lors de l'édition 2019 du concours Transmurailles. Organisé dans le cadre du 46e festival international de la bande dessinée d'Angoulême, ce concours, qui avait pour thème cette année la mer, est destiné aux personnes détenues. Une remise des prix avait lieu ce jeudi 7 mars pour récompenser les lauréats de Nuutania.

Pour M.T, le pseudo de dessinateur de l'un des lauréats, ce concours a été véritablement un déclic. "Je ne m'attendais pas du tout à gagner, j'ai été très étonné... C'est la première fois que je gagne un prix. Maintenant, je dessine dans ma cellule, ça m'occupe. Cela me permet de ne plus penser à la prison, de m'évader ! Je fais des dessins pour ma fille, je lui donne quand elle vient me voir au parloir. Elle veut se mettre au dessin comme moi !", évoque avec une once de fierté l'homme.
M.T, tout comme une quinzaine de personnes détenues à Nuutania ou à Tatutu, a participé au concours de BD Transmurailles. Kimi'e, elle, a remporté le Grand Prix féminin des Isles. Et malgré sa réserve, la jeune femme, davantage à l'aise avec un crayon qu'avec les discours, esquisse un sourire, qui vient de loin, lorsqu'elle a reçu son prix ce jeudi. "Je ne m'attendais vraiment pas à gagner un prix. Je n'avais pas dessiné depuis le lycée. J'ai vraiment beaucoup aimé faire ça. Mes copines de cellule m'ont aidée pour l'histoire", reconnaît modestement la gagnante.

QUATORZE PLANCHES

Organisé à l'initiative du SPIP (service pénitentiaire d'insertion et de probation) de Charente dans le cadre du festival international de BD d'Angoulême, ce concours est destiné aux personnes détenues. "J'ai proposé au Centre pénitentiaire de Faa'a-Nuutania et au Centre de détention Tatutu de participer à ce concours et les deux ont accepté", se réjouit Mélanie Place, coordonnatrice socioculturelle au SPIP.
Et c'est ainsi qu'une quinzaine de détenus polynésiens, dont cinq femmes, ont sorti leurs crayons pour créer leur planche de BD, seul ou collectivement. Un vaste et beau challenge à relever pour des novices du 9e art.
Après deux mois de travail environ, le SPIP de Polynésie a envoyé à Angoulême 14 œuvres, composées d'une ou deux planches chacune. Si toutes devaient aborder le thème de la mer, les planches dessinées étaient toutes très différentes. Certaines dénonçant la pollution des océans, d'autres les essais nucléaires, d'autres traitant des fonds marins, des histoires de tortues ou encore de pêcheurs qui vivent des aventures bien mouvementées ! "Forcément le thème de la mer les a beaucoup inspirés. L'identité polynésienne est vraiment ressortie dans les dessins", note Mélanie Place.


LE PROCESSUS DE CRÉATION D'UNE BD

Mais avant d'arriver aux planches finales envoyées aux membres du jury de Transmurailles, les BD ne sont pas apparues d'un simple coup de crayon. Brouillons, ratures, corrections, il a souvent fallu recommencer. Il a fallu aussi apprendre le processus de création d'une BD, les techniques de peinture, de dessin… Maria-José Santomayor, art-thérapeute, a accompagné les femmes de Nuutania dans ce projet. "Certaines personnes n'avaient jamais lu de BD, il a fallu leur faire découvrir ce nouvel univers pour elles. Je leur ai montré des BD différentes comme des Astérix, des Schtroumpfs ou encore des BD avec des messages forts… Au départ, elles avaient peur de se lancer dans un concours, de montrer leur travail, de savoir qu'il y avait un jury. Certaines avaient honte, parfois elles étaient découragées, mais au fil du temps, beaucoup se sont prises 'au jeu'. Ça a été intensif. L'écriture a été dure, puis il a fallu apprendre les techniques, notamment l'aquarelle, certaines n'avaient jamais entendu ce mot. Mais elles n'ont pas abandonné et sont allées au bout. Elles se sont rendues compte qu'elles avaient du potentiel, alors qu'elles ne le soupçonnaient pas, qu'elles pouvaient faire quelque chose de bien dans leur vie ! "

Evelyne Le Cloirec, directrice-adjointe du Centre pénitentiaire de Faa'a-Nuutania
"Cela apporte de la confiance aux personnes détenues"

"J'ai été impressionnée par la qualité des dessins quand on me les a montrés. Les locaux de Nuutania ne sont pas tellement adaptés pour de tels types d'activités, ce n'est pas facile de se concentrer, ils ont vraiment eu du mérite. Participer à un tel concours est très valorisant pour les personnes détenues. Ce sont des personnes qui ont souvent essuyé une succession d'échecs, elles n'ont pas l'habitude d'être mises en valeur, elles manquent d'estime de soi. Ce genre d'activités leur apporte de la confiance en elles, c'est essentiel."

Le palmarès polynésien

A Nuutania :
Grand prix des îsles ; Prix féminin des îsles; Prix collectif des îsles.

A Tatutu :
Prix spécial des îsles ; Deux prix graphistes des îsles



Les planches de BD primées


Les autres planches soumises au concours

Crédit : Administration pénitentiaire.

Rédigé par Pauline Stasi le Samedi 9 Mars 2019 à 09:30 | Lu 3594 fois

Tags : SPIP BD




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