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Des brèches dans le protocole



Tahiti, le 24 mai 2021 – “20 à 40 passagers” par vols qui ne remplissent pas de formulaire de statut sanitaire avant d'entrer en Polynésie française, seulement “20% des tests à J+4” qui parviennent à l'Institut Louis Malardé… Le contrôle de certaines mesures du protocole sanitaire d'entrée en Polynésie montre des failles, à deux semaines de la levée des motifs impérieux pour les personnes vaccinées.
 
Le président Édouard Fritch et le haut-commissaire Dominique Sorain doivent tenir ce mardi matin une allocution commune visant à préciser les conditions de la levée des motifs impérieux pour les voyageurs vaccinés souhaitant entrer ou sortir de Polynésie française au 9 juin prochain. Mais alors que ce protocole sanitaire d'entrée au fenua va évoluer, le contrôle de certaines obligations actuellement en vigueur semble déjà présenter quelques brèches.
 
Sollicité en effet ce week-end au sujet du dépistage des rares cas Covid résiduels sur le territoire ces dernières semaines, le ministre de la Santé, Jacques Raynal, explique qu'encore très récemment plusieurs de ces cas ont été “importés” par des passagers arrivants en Polynésie. “On ne vit pas dans un monde parfait. Le système actuel n'est pas infaillible, loin de là”, concède le ministre, qui évoque au passage l'existence de “failles dans le contrôle du protocole sanitaire en vigueur sur les déclarations sanitaires préalables et sur les auto-tests à J+4”. Des failles davantage administratives que sanitaires, mais qui font craindre au ministre d'avoir à redoubler d'effort avec l'afflux de passagers qui s'annonce après la levée des motifs impérieux pour les personnes vaccinées.
 
Des statuts sanitaires non déclarés
 
Parmi les récents cas importés, un passager a été dépisté positif lors du test antigénique effectué à l'aéroport à son arrivée en Polynésie en fin de semaine dernière. Or, si ce passager avait bien rempli sa déclaration de motifs impérieux auprès des services de l'État pour justifier son déplacement, il n'avait en revanche pas rempli de formulaire de “statut sanitaire” préalable à son voyage auprès des services du Pays. Cette formalité est pourtant obligatoire pour transmettre aux autorités locales le justificatif de test PCR à J-3 et le certificat de vaccination. Mais dans les faits de nombreux passagers font l'impasse sur cette déclaration. Combien ? “Entre 20 et 40 passagers par vols”, répond le ministre. “On se rend compte que dès que les gens obtiennent l'accord pour les motifs impérieux, ils ne remplissent pas la déclaration pour les motifs sanitaires”.
 
Si cette déclaration sanitaire est supposée être obligatoire, il est pour autant impossible au Pays d'empêcher à un passager qui s'y serait soustrait de prendre l'avion à destination de la Polynésie. Résultat, le passager se retrouve dans l'obligation de remplir son formulaire de statut sanitaire directement à l'arrivée à l'aéroport de Tahiti-Faa'a avec l'aide du personnel sanitaire présent sur place. “S'ils ne l'ont pas rempli, il faut que l'on traite ces données à l'arrivée à l'aéroport”, confirme Jacques Raynal. Une situation qui risque de poser un problème d'engorgement avec l'afflux de passagers supplémentaires attendus après la levée des motifs impérieux. “C'est possible”, répond le ministre, “il y a une proportion de personnes qui ne respectent pas les consignes et, en effet, ça mobilise du monde”.
 
Autre problème, le cas Covid dépisté positif en fin de semaine dernière à l'aéroport avait été vacciné depuis moins de 15 jours avant de prendre son vol. Une contre-indication au voyage pourtant réaffirmée la semaine dernière dans le communiqué commun État-Pays sur la levée des motifs impérieux. Résultat, le passager a été placé à l'isolement. Et après enquête sanitaire, son accompagnant dans l'avion a également été testé positif via un test PCR après son arrivée au fenua et l'a conduit à l'isolement lui-aussi.
 
Les tests à J+4 abandonnés
 
Enfin, autre cas importé problématique ce week-end, celui d'un touriste pourtant vacciné et testé négatif à J-3. Mais c'est le test PCR, réalisé après son arrivée en Polynésie, qui s'est avéré positif. Or le touriste en question faisait partie d'un groupe de plusieurs dizaines de personnes ayant loué des voiliers aux Raromata'i. Le cas Covid a été isolé dans une cabine d'un des navires, mais la problématique du test et de la prise en charge de ses cas contacts éventuels se pose toujours…
 
Un exemple qui confirme tout l'intérêt du maintien des auto-tests à J+4 dans le protocole sanitaire. Sauf que ces tests sont aujourd'hui majoritairement abandonnés par les voyageurs. “Ces J+4, seulement 20% nous reviennent à Malardé”, affirme Jacques Raynal. Le ministre de la Santé précise que ses services auraient pourtant les moyens humains et matériels de pister les récalcitrants, mais qu'une fois de plus c'est le manque de données précises fournies par les voyageurs à leur arrivée –téléphones et adresses– qui rend l'opération difficile.
 
Après le 9 juin, “encore un peu flou”
 
Selon Jacques Raynal, pour autant, la complexité de la situation du double contrôle préalable –administratif et sanitaire– entre l'État et Pays est en passe de se résoudre. “Les deux seront réunis. Jusqu'à présent, l'État avait quelques résistances à lier Etis et les données sanitaires, mais c'est aujourd'hui en passe d'être réglé”. La plateforme Manava mise en place par le Pays compte une cinquantaine de personnes, majoritairement des CAE, pour analyser les dossiers de demande des voyageurs souhaitant se rendre au fenua.
 
Quant à savoir s'il est prévu une extension du “Pass sanitaire” ou de l'attestation de vaccination comportant un QR Code à la Polynésie française, le ministre indique ne pas avoir de “visibilité” sur cette question à ce jour.  “C'est encore un peu le flou”, concède pour l'heure Jacques Raynal qui estime qu'il est “peu probable” que ce type de procédures soient mises en place en Polynésie d'ici le 9 juin prochain. Pour l'heure, seul compte le carnet de vaccination tamponné dans les centres du Pays. Au vaccinodrome de Mahina ce week-end, on expliquait d'ailleurs aux personnes bouclant leur schéma vaccinal complet que le document “est ce qui fait office chez nous de passeport vaccinal”.
 
Des aléas administratifs qui n'ont pas beaucoup l'air d'amuser le ministre de la Santé. Entre la campagne de vaccination et le suivi des cas Covid, le ministre conclut en affirmant se focaliser sur l'activité de son ministère : “Après le 9 juin, le sanitaire s'occupera du sanitaire”.
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mardi 25 Mai 2021 à 17:07 | Lu 7198 fois





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