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Décès de Keala : le conducteur de la voiture absent de son procès



Un passage piéton a été tracé près du lieu où a été percutée mortellement la jeune Keala.
Un passage piéton a été tracé près du lieu où a été percutée mortellement la jeune Keala.
PAPEETE, le 30 juin 2016. L'homme qui avait renversé mortellement en 2013 Keala Raufea, alors âgée de 11 ans, a été condamné à 16 mois de prison avec mandat d'arrêt. Mais il n'est pas venu au tribunal ce jeudi.

Le 7 octobre 2013, Keala Raufea revenait de l'école. Vers 15 heures, elle descendait du bus, au PK 36, à Papara, et devait retrouver sa famille. Mais en traversant la route, elle s'est fait percuter par une voiture. A son grand-père, elle dira quelques mots : "j'ai mal papi". Elle décédera dans le cabinet d'un médecin quelques instants plus tard.
Ce drame avait touché toute la Polynésie car de nombreux enfants traversent la route chaque jour aussi pour rentrer chez eux après être descendu du bus sans qu'il y ait une surveillance. Il posait ainsi la question de la sécurité des enfants à leur descente du bus.
Le chauffeur de la voiture était titulaire d'un permis pour conduire les engins militaires dans le cadre de sa formation au Régiment du service militaire adapté (RSMA) mais il n'avait pas encore été converti en permis B. Il ne le sera qu'une semaine après le drame…
Lors des débats devant le tribunal correctionnel, il a été souligné que le chauffeur pouvait ne pas avoir vu voir rapidement les enfants qui étaient descendus par l'arrière du bus. Mais Me Arcus Usang a souligné que le chauffeur "en voyant le bus aurait dû adapter sa vitesse à la situation. Il a fait des appels de phare à des enfants, c'est absurde. Quand on voit un bus scolaire, on n'arrive pas à 75 km/h. "
Le procureur de la République a lui rappelé que les "enfants n'ont pas toujours la conscience du danger". "Lorsqu'on est conducteur on doit être maître de son véhicule en tout temps et en tout lieu", a rappelé le procureur Yann Hausner. "Lorsqu'un bus s'arrête, il va sans dire que ces passagers vont descendre".
L'absence du chauffeur de la voiture à l'audience a été mal perçue par la famille des victimes. "On aurait préféré que le prévenu soit présent au moins pour qu'il reconnaisse ses torts", a confié Félix Bernardino, oncle de la jeune Keala, à la sortie de la salle d'audience (lire ci-contre). Le procureur aussi a regretté cette absence. " Il ne peut rendre des comptes du point de vue moral et ça c'est inadmissible", a insisté le représentant du ministère public. "Il a démontré son incapacité à assumer ses responsabilités lors de l'instruction et aujourd'hui en étant absent". Il a donc demandé trois ans d'emprisonnement avec un mandat d'arrêt "pour qu'il exécute" cette peine. Le tribunal correctionnel a rendu son délibéré face à la famille de la petite Keala, qui aurait eu 14 ans en janvier dernier, et a condamné le chauffeur à 16 mois d'emprisonnement avec mandat d'arrêt et suspension du permis de conduire pendant un an.
Depuis ce drame, des modifications ont été apportées sur la route de Papara : une ligne continue a été tracée pour interdire les doublements et un passage piéton a été tracé.


Félix Bernardino, oncle de Keala "Il faudrait sécuriser beaucoup plus"

Le chauffeur de la voiture n'était pas là pour ce procès, qu'en pensez-vous ?
"Nous, la famille, voulions que ce procès se fasse le plus rapidement possible. Ça fait deux ans et demi. On aurait préféré que le prévenu soit présent au moins pour qu'il reconnaisse ses torts : il n'avait pas de permis de conduire civil il avait un permis militaire et il avait un manque d'expérience. Quand on fait des fautes il faut savoir les reconnaitre et au moins être présent par respect pour la famille.

Depuis il y a eu des aménagements sur cette route, est-ce suffisant selon vous ?
Les aménagements ont été faits car nous avions tiré la sonnette d'alarme à l'époque. Ces aménagements sont minimes à notre avis. Cet endroit est une ligne droite où les gens ont le pied lourd. Il faudrait sécuriser beaucoup plus.
Il faudrait que les politiques soient conscients du danger sur la plus grande ligne droite de tout le territoire celle de Atimaono. Il y a eu beaucoup de patrouilles de gendarmerie et des contrôles de vitesse sont réalisés. Mais il faut que ça s'arrête aujourd'hui. C'est une ligne droite de la mort.



Rédigé par Mélanie Thomas le Jeudi 30 Juin 2016 à 15:12 | Lu 8004 fois





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