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Damas ou l’art de passer maître



NUKU HIVA, le 16 juin 2020 – Malgré le manque de touristes sur son île, Damas Metaiotioa Taupotini, l'un des premiers sculpteurs marquisiens à avoir travaillé l'os, arrive à tirer son épingle du jeu. Il faut dire que son talent est aussi apprécié localement.

A cinquante ans, Damas est l’un des sculpteurs les plus fameux de l’archipel marquisien. Ce colosse d’un mètre quatre-vingt-dix aux dents en or est aussi impressionnant que l’est son travail. Les matières naturelles telles que le bois, la nacre, l’os, l’ivoire des dents de cochon, la noix de coco ou encore la corne n’ont plus guère de secret pour ce sculpteur charismatique. Ses trente-cinq ans d’expérience dans le domaine de l’artisanat ont fait de lui un artiste reconnu par ses pairs. “J’ai commencé la sculpture à l’âge de quinze ans, explique Damas. Avant cela, je passais mon temps libre à regarder mon père, Marcel, travailler le bois. C’était un grand artisan qui pouvait passer douze à quinze heures par jour à sculpter. Petit à petit voyant mon intérêt pour son travail, il a commencé par me donner de petits ouvrages comme des tiki de quinze centimètres en bois de tou, un bois tendre plus aisé à travailler que le miro (bois de rose).”Après de nombreuses années à travailler le bois dans l’ombre de son père (aujourd’hui disparu), Damas s’est essayé pendant huit ans à d’autres métiers, il  a été, entre autres, ouvrier dans le bâtiment, mécanicien automobile, et même agriculteur. Il est ensuite revenu à la sculpture en affirmant peu à peu un style bien à lui mêlant tradition et modernité. Se renouveler sans cesse ”Il y a une vingtaine d’années, continue Damas, malgré le scepticisme de mon père, j’ai investi dans du matériel de précision pour travailler sur la dent de cochon, la nacre et l’os. A l’époque très peu de sculpteurs marquisiens travaillaient l’os; ce que nous appelons aujourd’hui la bijouterie d’art en était à ses balbutiements. Contre toute attente le succès a été quasiment immédiat auprès des locaux et des touristes, ce qui m’a engagé à persévérer et à améliorer mon travail dans ce domaine. “Aujourd’hui, les bijoux de Damas Taupotini continuent de remporter un vif succès, d’autant que l’artiste se refuse à réaliser deux fois la même pièce. «Je ne vois pas l’intérêt du travail en série, explique Damas. Bien sûr, je pourrais tout à fait répondre à la demande des galeries de Tahiti qui me sollicitent pour faire et refaire tel ou tel bijoux, mais ça ne me correspond pas, d’autres font ça très bien. Pour moi l’important c’est la création et la  polyvalence dans les matières que je travaille. Je pense ne pouvoir faire du bon travail qu’en me renouvelant sans cesse, c’est sans doute moins lucratif, mais cette recherche permanente de nouveauté est chaque fois une remise en question qui me permet d’avancer dans le respect de ma culture marquisienne et de la modernité que je peux y apporter. “En passant de la sculpture traditionnelle sur bois à la bijouterie d’art à base de matières naturelles, Damas Taupotini vit à présent simplement de son art. Le manque de touristes actuel est bien sûr pénalisant mais l’artiste, très connu aux Marquises, compte de fidèles clients dans la population de l’archipel, à Tahiti ou encore aux îles Sous-le-Vent, ce qui devrait lui permettre de passer la crise du Covid-19 sans trop de soucis.

Rédigé par Marie Laure le Mardi 16 Juin 2020 à 17:31 | Lu 1160 fois





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