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Crash d’Air Moorea : les prévenus réaffirment leur innocence



Tahiti, le 12 novembre 2019 - Le procès du crash d’Air Moorea, qui avait coûté la vie à vingt personnes le 9 août 2007, a débuté mardi devant la cour d’appel de Papeete. En cette première journée, les prévenus ont, tout comme en première instance, nié de quelconques manquements relatifs à la cause du crash. Ils ont longuement subi le feu nourri des questions du parquet.

Le 9 août 2007, un Twin Otter de la compagnie Air Moorea, s’écrase en mer quelques minutes après avoir décollé de l’aéroport de Tema’e à Moorea. Les 19 passagers et le pilote meurent sur le coup. Durant les semaines qui suivent ce drame, les investigations et le repêchage mouvementé de la carlingue permettent d’établir qu’il n’a pas été correctement été entretenu depuis qu’il a été acquis par la compagnie.

Après des années de procédure, sept individus, dirigeants, cadres ou mécaniciens de la compagnie, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel pour homicide involontaire. Il leur est tous reproché, à différents niveaux de responsabilité, des manquements qui auraient provoqué l’usure du câble de gouverne de profondeur dont la rupture en plein vol est considérée comme la cause du crash.


Rupture du câble

A l’issue du premier procès devant le tribunal correctionnel en janvier dernier, six des sept prévenus, dont Freddy Chanseau, le directeur de la compagnie Air Moorea à l’époque des faits, avaient été condamnés à des peines allant jusqu’à 18 mois de prison ferme. Lors des deux semaines d’audience, les avocats de la défense avaient fait citer de nombreux experts afin de prouver qu’il était impossible de déterminer la cause exacte du crash. Les conseils des parties civiles avaient quant à eux affirmé que l’accident était lié à une rupture du câble de gouverne de profondeur, rupture elle-même relative aux manquements et aux obligations de sécurité et d’entretien des appareils de la compagnie.

Les prévenus condamnés ainsi que le parquet ayant fait appel de ces condamnations, le second procès s’est ouvert mardi devant la cour d’appel de Papeete.
En ce premier jour d’audience mardi, la présidente de la cour d’appel a rappelé les faits. Elle a également interrogé le prévenu Didier Quemeneur. Absent lors du procès en première instance, l’homme a cette fois fait le déplacement afin d’affronter la justice.

Les familles des victimes du crash, venues en nombre, ont dû une nouvelle fois se soumettre à l’audition du Cockpit Voice recorder qui a enregistré les derniers propos du pilote. Dans cet enregistrement, qui avait été diffusé plusieurs fois en première instance, l’on entend le pilote Michel Santurenne proféré « Oh putain ». Six secondes plus tard, le Twin Otter s’abîme en mer.

Validation des qualifications

Dès la fin de matinée, la cour d’appel a entamé l’audition des prévenus qui ont, pour certains, littéralement subi le feu nourri de ses questions. Premier mis en cause à être entendu, l’ancien directeur de la compagnie, Freddy Chanseau, a formellement contesté avoir jamais imposé un vol à un pilote en raison de nécessités financières. Comme ses co-prévenus, il a par ailleurs réaffirmé que la rupture du câble n’était pas la cause du crash.

Entendu à son tour, l’ancien directeur technique de la compagnie, Jacques Gobin, a ensuite dû justifier des nombreux manquements relevés par l’enquête. Cet ancien militaire a expliqué qu’à l’époque des faits, il était en charge de la validation des qualifications des nouvelles recrues au sein de l’atelier de la compagnie situé à Moorea. Alors qu’il affirmait que le câble de gouverne de profondeur avait été contrôlé avant le crash, l’avocat général lui a fermement rappelé qu’aucun élément du dossier ne permettait d’établir que cela avait été le cas.

Pour Nikolaz Fourreau, président de l’association 987 et mari de l’une des victimes, les prévenus jouent « la montre » : « Cela fait des années que ça dure. Ils essaient d’endormir le dossier. Des gens victimes de cet accident continuent à subir et à supporter toutes ces difficultés judiciaires. Donc, ils jouent avec des êtres humains qui ont souffert. »

Le procès, qui continue mercredi, doit s’achever dans trois semaines. Les parties civiles, qui avaient été entendues avant les débats en première instance, s’exprimeront cette fois après les auditions des prévenus et des experts.

Me Quinquis, la rupture du câble « impossible »

Me Quinquis, conseil du directeur d'Air Moorea à l'époque des faits


Qu’attendez-vous de ce procès en appel ?

"J’attends bien évidemment la manifestation de la vérité qui prendra simplement la forme purement scientifique de ce que le câble n’a pas pu se rompre en vol. C’est rigoureusement impossible en raison, d’une part, des débris que l’on a pu retrouver sur le rivage et d’autre part, c’est impossible sur le plan purement aéronautique des données scientifiques propres au monde de l’aviation. Enfin, c’est impossible au regard de l’aspect métallurgique car vous verrez que des experts de très haut niveau sont catégoriques : le câble ne présente pas un faciès permettant une rupture comme on nous l’impute."

L’on constate un changement dans l’organisation des débats, pensez-vous que cela aura un impact pour la défense ?

« J’ai une totale confiance en la cour et je sais qu’elle ira à l’essentiel : la manifestation de la vérité. L’essentiel, c’est de savoir si oui ou non, ce câble a pu se rompre en vol. Je précise que même si on l’évoquera, il ne nous appartient pas d’émettre d’autres hypothèses telles que l’erreur de pilotage ou le malaise en vol. Savoir ce qui est arrivé, c’est la charge de la défense et non la nôtre. Notre charge est de démontrer que ce l’on nous impute, un défaut de maintenance ayant provoqué la rupture du câble, n’a pas pu se passer. Du reste, vous observerez que le juge d’instruction lui-même n’était pas très convaincu par les motifs du renvoi. »

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 12 Novembre 2019 à 21:01 | Lu 1495 fois





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