Tahiti Infos
Tahiti Infos

TAHITI INFOS, les informations de Tahiti
Facebook
Twitter
RSS
I phone App
Androïd
Newsletter
FENUACOMMUNICATION - immeuble Tutuapare - Shell RDO Faa'a - BP 40160 98 713 Papeete Polynésie Française. Tel:40 43 49 49


Contrats-cabinet : Gaston Tong Sang jugé pour "détournement de fonds" en appel



PAPEETE, 14 décembre 2017 - L’ancien président du Pays, Gaston Tong Sang, et deux de ses ex-ministres, Clarenntz Vernaudon et Fernand Roomataaroa, comparaissaient jeudi devant la cour d’appel. En janvier dernier, les trois hommes avaient été condamnés pour "détournement de fonds publics" dans l'affaire des contrats-cabinet ministériels de complaisance en 2008. Le délibéré sera rendu le 8 mars.

En première instance, Gaston Tong Sang avait été condamné à 1 an de prison avec sursis et deux millions de francs d'amende. Fernand Roomataaroa avait écopé d’une peine de 8 mois de prison avec sursis et 1 million de francs d'amende. Clarenntz Vernaudon s’était, quant à lui, vu infliger une peine de 6 mois de prison avec sursis et 500 000 francs d'amende. Les trois hommes avaient fait appel de ces décisions. Lors de l’audience, ce jeudi, ils ont nié ce que le président de la cour d’appel a qualifié d’emploi "récompense" en avançant l’instabilité du contexte politique de l’époque. L’avocat général a requis des peines similaires à celles de première instance, estimant qu’elles étaient "justes".

A l’issue de l’audience, l’ancien président du Pays, a exprimé sa sérénité : "Il faut que la justice suive son cours. Il est normal que la vérité puisse être dite. Nous sommes en phase avec la ligne de défense de nos avocats. En mon âme et conscience, je plaide non coupable. J’attends la décision de la justice avec beaucoup de sérénité et je pense qu’elle doit être la même qu’en métropole (…). J’ai été clair durant toute ma carrière politique et je continue à l’être. Je suis resté dans mes prérogatives de président, c’est le Pays qu’il fallait sauver et non la tête des ministres (…)".

Interrogé sur une éventuelle condamnation à l’approche des élections territoriales d'avril prochain, Gaston Tong Sang a tempéré : "la justice française permet des recours, une personne qui n’est pas définitivement condamnée est présumée innocente et il faut conserver cet état d’esprit. C’est l’image de la classe politique qu’il faut redresser".

Contrat politique

La justice reprochait aux trois hommes les conséquences d'"un contrat politique" passé en 2008, et destiné à préserver la très fragile majorité du gouvernement Tong Sang. Menacé par une motion de défiance en cette période de grande instabilité qui aura vu défiler quatre gouvernements en deux ans. Gaston Tong Sang avait accepté de céder aux pressions du représentant Ai'a Api Fernand Roomataaroa qui menaçait de quitter la majorité s'il n'obtenait pas le ministère de l'Agriculture de Haamoetini Lagarde. Cette dernière avait accepté le deal sans trop faire de vagues mais en posant ses conditions : une reconversion comme conseillère du président et le reclassement de la vingtaine de membres de son cabinet.

Ces derniers avaient finalement été ventilés entre les ministères de la Jeunesse et des Sports et de l'Agriculture, affectés pour neuf d'entre eux à des missions sans objet avec leurs qualifications. Des plantons, chauffeurs ou secrétaires ne sachant parfois même pas se servir d'un ordinateur, avaient ainsi été recrutés sous "contrats-cabinet" dans ces ministères ; postes éminemment plus techniques sur le papier que les compétences proposées. L'un de ces contrats-cabinet gérait une garderie à Mahina pendant ses horaires de travail.

L'affaire avait vu le jour après les révélations à la presse d'un Fernand Roomataaroa revanchard suite à son évincement du Ai'a Api. Des courriers de dénonciations étayés avaient ensuite atterri sur le bureau du procureur de la République, provoquant l'ouverture d'une enquête.
Gaston Tong Sang et ses ministres ayant activement pris part aux manœuvres politiques ayant abouti à cette situation, ne pouvaient l'ignorer avait répété l'accusation. Pour sa défense, l'ancien président du Pays a toujours réfuté les accusations d'emplois fictifs, évoquant plus sobrement une situation ponctuelle de sureffectif dans ces ministères.

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 14 Décembre 2017 à 14:28 | Lu 3557 fois





Dans la même rubrique :
< >

Actualité de Tahiti et ses îles | Actualité de France | Actualité du Pacifique | Actualité du Monde | Actualité du Sport | Insolite | Magazine | Assistance | Appels d'offre et communiqués