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Condamné dans l'affaire Team Lead, Jean-Paul Tuaiva fait appel


Jean-Paul Tuaiva a annoncé ce lundi qu'il chargeait son avocat de relever appel de sa condamnation du 16 juin dernier dans l'affaire de la réserve parlementaire.
Jean-Paul Tuaiva a annoncé ce lundi qu'il chargeait son avocat de relever appel de sa condamnation du 16 juin dernier dans l'affaire de la réserve parlementaire.
PAPEETE, le 27 juin 2016 - Le député Tapura Huiraatira aura attendu le dernier jour du délai légal, mais il a annoncé ce lundi relever appel de sa condamnation pour détournement de fonds publics dans l'affaire de la réserve parlementaire.


Contrairement à ce qu'il avait annoncé le 28 avril dernier à l'issue de l'audience du tribunal correctionnel, Jean-Paul Tuaiva n'en a pas fini avec la politique. Condamné le 16 juin dernier à 2 ans de prison avec sursis, au remboursement d'une somme de 8,8 millions de francs et surtout à 5 ans d'inéligibilité pour détournement de fonds publics dans l'affaire des subventions déguisées versées à l'association fantoche Team Lead, le député Tapura Huiraatira a attendu le dernier moment mais a finalement décidé de faire appel des sanctions ce lundi. L'appel étant suspensif de la peine complémentaire d'inéligibilité, le parlementaire conserve son mandat jusqu'au prochain épisode en seconde instance.

"Je ne conteste pas les faits, je le répète", a précisé d'emblée Jean-Paul Tuaiva à Tahiti Infos, joint ce matin au téléphone. "Mais je trouve que la peine est très sévère. J'ai fait mon mea culpa, j'ai accepté d'être jugé rapidement, j'ai reconnu les faits. Donc après réflexion, j'ai décidé de faire appel". A la question de savoir quelle partie de la peine, la prison avec sursis ou les 5 ans d'inéligibilité, chagrine le plus le dynamique quadragénaire, le parlementaire botte toutefois en touche : "Là, je ne souhaite pas rentrer dans le détail, merci".

"Le président a besoin de ses parlementaires"

"La politique, c'est pire qu'une machine à laver, depuis 2014 j'annonce à mes amis mon retrait de la vie politique", avait lancé Jean-Paul Tuaiva pendant l'audience de jugement, précisant qu'il allait, en cas de condamnation, se recentrer sur ses activités de chef d'entreprise : "J'ai délaissé mes employés, ils m'en ont un peu voulu d'ailleurs, je vais les retrouver, c'est ce que j'aime faire".

De l'eau a donc coulé sous les ponts depuis le mois d'avril et l'essoreuse politique ne fait de nouveau plus peur au parlementaire, qui justifie ce revirement de position par le travail effectué et encore en cours : "Il ne faut pas oublier que nous avons commencé, et réalisé, un gros travail avec Maina Sage, comme la prorogation de la défiscalisation jusqu'en 2025, le tribunal foncier, et que plusieurs dossiers importants sont en cours, comme les accords de Papeete, le toilettage du statut. Et que le président a besoin de ses parlementaires".

Jean-Paul Tuaiva avait été condamné en première instance pour avoir organisé l'évasion de près de 9 millions de francs de subventions de sa réserve parlementaire vers une association de Punaauia censée œuvrer pour les jeunes mais qui n'avait en réalité aucune activité. L'argent était ensuite récupéré par le député avec la complicité du président de l'association, lui aussi condamné dans cette affaire.


Rédigé par Raphaël Pierre le Lundi 27 Juin 2016 à 13:06 | Lu 2573 fois