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Chloé Yuam, vice-championne du monde de pole art à 16 ans


TAHITI, le 17 novembre 2021 - Chloé Yuam pratique le pole art et, dans la catégorie professionnelle junior, elle a remporté le titre de vice-championne du monde en octobre dernier. Elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle poursuit ses entraînements avec une motivation et une volonté sans faille.

Le podium des championnats du monde de pole art, catégorie professionnelle junior a été dévoilé le 24 octobre. À la première place : Daria Koreshkova du Kirghizstan, en 2e place Chloé Yuam de Tahiti et en 3e place Albina Obodnikova de Russie. Chloé Yuam a 16 ans seulement, elle n’en est pas à son premier exploit, ni sans doute à son dernier.

En 2018, elle a participé à la compétition de pole art à Las Vegas. “Ça a toujours été un rêve de participer à un tel événement”, justifie-t-elle. Elle avait, en catégorie semi-professionnelle, décroché une médaille d’or. “En fait, cela me permet de voir ce que je vaux vraiment, car en Polynésie les gens me disent que je suis forte dans cette discipline, mais je ne savais pas, moi, comment me situer réellement.” Cette médaille lui a ouvert les yeux. Elle a pu admettre qu’elle avait “un certain niveau car il y a vite de la concurrence”.

Elle aurait aimé participer aux championnats du monde de 2020, mis ils ont finalement été annulés. Pour pouvoir participer aux championnats du monde 2021, elle a dû remporter une compétition nationale. Cette année, pour des raisons de restrictions sanitaires, les épreuves ont eu lieu en ligne. Elle a donc envoyé des vidéos de sa prestation aux championnats de France et du Canada. “J’ai remporté les deux.

Tout imaginer

Pour ses participations, Chloé Yuam a opté pour un thème en lien avec l’histoire de la guerrière Mulan. Elle a pratiqué la danse chinoise et a tenu à intégrer de cet univers dans le pole art. C’est elle qui, comme toutes les candidates a choisi la musique, le costume, la chorégraphie. Rien n’est imposé en catégorie artistique. Elle a tout imaginé. “J’ai tout de même fait appel à une entraîneuse aujourd’hui installée en France, Émilie, pour qu’elle m’aide.” Elle est fière de tout ce qu’elle a mis en place et de la vidéo envoyée.

Chloé Yuam a fait un montage de 4 minutes, soit 4 minutes de représentation. “C’est long”, reconnaît-elle. “Mais je me suis dit, tant qu’à y aller, je dois donner le maximum.” La dernière ligne droite de sa préparation a été délicate en raison du confinement. Le tournage de la chorégraphie devait répondre à un certain nombre de règles comme la hauteur de la barre, la distance entre la pole et les murs, le positionnement des caméras, “or je répétais chez moi où j’ai une barre mais qui ne respecte pas toutes ces règles comme on peut le faire dans un studio !” Chacun de ses mouvements était réalisé avec les moyens du bord mais “il fallait que je les imagine réalisés plus haut le jour J”.

Elle trouve son inspiration sur internet et crée de nouvelles figures. Certaines d’entre elles rencontrent un certain succès dans le monde des amateurs de la pratique. “On m’a déjà écrit après un post sur Instagram pour avoir un tutoriel.” Elle s’en est d’abord étonnée car “il existe énormément de figures et variantes, je ne pensais pas avoir inventé quelque chose de nouveau.” Sa passion et son assiduité à l’entraînement comptent beaucoup dans son parcours.

Un stage, des cours puis la compétition

À l’âge de 4 ou 5 ans, elle ne se rappelle plus, Chloé Yuam a démarré l’éveil corporel à l’école de danse André Tschan. Elle est restée deux ans dans cette section et a enchaîné avec la pratique de la danse chinoise au Koo Men Tong avec Yvette. La pole dance s’est présenté par hasard, un jour. “J’ai fait un stage avec une amie.” Pendant une semaine, elle a côtoyé l’école M-Pol’arts fondée en 2013 par Émilie. “À l’époque, j’étais vraiment timide, je ne faisais rien seule, toujours avec des amies.” L’amie qui l’avait suivie pour un stage n’a pas souhaité continuer cette activité. Contre toute attente, Chloé Yuam, elle, a poursuivie, seule. “Je me suis sentie vraiment à l’aise.”

En 2017, l’Ukrainienne Natalia Tatarintseva, championne du monde en titre de pole dance, invitée par l’école pour animer des work shop et participer au spectacle de l’école “M Pol’arts fait son cinéma”, a repéré Chloé Yuam. Elle lui a donné un rôle d’importance. Peu après, Marie Soler, alors championne de France de pole art en duo en 2015, 2016 et 2017, 3e au championnat de France de pole art 2017 et 1ère au pole art USA pro en septembre 2018 a encouragé Chloé Yuam à participer à une première compétition. C’est ainsi que la toute jeune polynésienne s’est envolée pour Las Vegas.

Chloé Yuam et Marie Soler ont chorégraphié ensemble un duo. “Elle a un certain style dont je m’inspire”, rapporte Chloé Yuam. “Elle s’exprime sur de la musique très dynamique, c’est rythmé. Moi, en plus, j’aime amener la grâce de la danse chinoise.”

Pour parvenir à ces exploits, Chloé Yuam s’entraîne tous les jours, seule. Elle a une discipline très rigoureuse. Elle fait en plus du renforcement musculaire, du stretching, de la souplesse, des mouvements au sol. Elle ne prend plus de cours. Inscrite au lycée La Mennais, elle reste extrêmement concentrée pour finir au plus vite son travail scolaire et pouvoir se consacrer à sa passion. “Il n’y a pas de temps où je ne fais rien, ou très peu.”

Elle aimerait plus tard devenir ostéopathe. “Ce serait un très bon complément santé pour ma pratique.” Elle voit encore plus loin et pense à ouvrir un centre de bien-être, un espace où des cours de pole seraient dispensés mais “où l’on pourrait trouver tout ce qu’il faut pour être bien comme la nutrition ou autre.” En attendant, le pole art reste au centre de sa vie. “Aujourd’hui c’est un besoin, j’en ai besoin pour être bien.” Elle regarde maintenant le haut du podium avec envie et envisage peut-être de se mettre à la pratique plus sportive naturellement appelé pole sport. “Peut-être pour l’année prochaine ?

Contacts

FB : Chloe-dance
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Rédigé par Delphine Barrais le Mercredi 17 Novembre 2021 à 15:41 | Lu 2318 fois