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Charles Wilkes, le vrai capitaine Achab



Charles Wilkes, le vrai capitaine Achab
Ne tournons pas autour du pot : si l’expédition que nous allons relater eut bien des mérites et apporta aux États-Unis d’Amérique une multitude de savoirs, son commandant, Charles Wilkes, a laissé derrière lui l’image d’un homme obsédé par la discipline, parfois inhumain, à tel point que c’est son personnage qui aurait inspiré celui du capitaine Achab à la poursuite de Moby Dick, dans le roman d’Herman Melville. Quatre ans de navigation aux quatre coins du grand océan, quatre-vingt-sept mille miles marins couverts (plus de cent soixante mille kilomètres), mais deux navires sur six perdus et vingt-huit hommes d’équipage décédés. L’expédition Wilkes, comme on la surnomma, est entrée dans l’histoire du Pacifique et méritait bien ce petit retour...
 
 
Tout dans le destin de Charles Wilkes montre que l’homme était né pour vivre des moments peu ordinaires. A quatre ans seulement, en 1802, il est orphelin de mère et sa tante Elizabeth Ann Bayley Seton (28 août 1774 - 4 janvier 1821) prend en main l’éducation du petit garçon. La tante en question n’est pas n’importe qui, puisque fervente catholique, elle est la fondatrice de la congrégation des Sœurs de la charité de Saint-Joseph, à Baltimore (en 1809).

Élevé par une sainte !

Veuve à vingt-neuf ans, avec cinq enfants à sa charge, elle se convertit au catholicisme en 1805 et, malgré des moyens matériels très limités après la faillite de l’entreprise familiale, elle fut aidée pour créer une école de jeunes filles à Baltimore, école qui rassembla diverses jeunes femmes elles aussi engagées dans la religion. D’où la naissance d’une congrégation (aujourd’hui rattachée à la communauté française des Sœurs de Saint Vincent de Paul) et, au final, la canonisation de Elizabeth par Jean XXIII en 1963.  
Charles Wilkes, dans un tel milieu, fut un enfant “suivi” sur le plan scolaire et naturellement il put poursuivre ses études supérieures à l’Université de Columbia avant d’entrer à l'United States Navy  comme aspirant dès 1818, et ainsi devenir lieutenant huit ans plus tard.
S’il navigue, certes, il n’a pas une expérience extraordinaire, mais sa réputation d’intransigeance, de sérieux, de fermeté et de discipline le fait nommer en 1838 chef d’une expédition que les Américains souhaitaient depuis longtemps mettre sur pied, expédition officiellement baptisée United States Exploring Expedition (l’US Ex. Ex.), qui deviendra très vite, compte tenu de la personnalité de son chef, la Wilkes Expedition.

Un océan quasi inconnu des Américains

L’USS Peacock dans les glaces de l’Antarctique ; les Américains n’apprécièrent pas d’y rencontrer Dumont d’Urville qui avait pris possession, au nom de la France, de la Terre Adélie cinq jours avant leur arrivée sur les côtes antarctiques (gravure due à Alfred Thomas Agate).
L’USS Peacock dans les glaces de l’Antarctique ; les Américains n’apprécièrent pas d’y rencontrer Dumont d’Urville qui avait pris possession, au nom de la France, de la Terre Adélie cinq jours avant leur arrivée sur les côtes antarctiques (gravure due à Alfred Thomas Agate).
Avant de partir sur la trace de Wilkes, revenons sur les motivations de cette expédition scientifique de très grande ampleur pour l’époque. Au début du XIXe siècle, il est clair que les Américains n’ont pas pris la pleine mesure des potentialités du Pacifique ; leurs baleiniers, santaliers et autres aventuriers sillonnent cette vaste mer depuis la fin du XVIIIe siècle, mais alors que Français (avec Bougainville entre autres), Anglais (avec Cook entre autres) et même Espagnols (avec Mourelle de la Rua) ont tenté d’explorer avec méthode le Pacifique, les Américains n’ont fait qu’y commercer à titre privé, sans ambition nationale bien affirmée. En plus explicite, cet océan qui borde leur côte ouest leur est quasiment inconnu sur le plan scientifique et cette lacune doit être comblée.
Le principe de cette expédition avait été arrêté par le président John Quincy Adams dès 1828. Mais le Congrès, où ne siégeaient pas que des élus pressés de faire avancer les sciences, ne cessa de remettre aux calendes grecques le financement de cette opération dont le commandant devait être le commodore Thomas Catesby Jones (qui jeta l’éponge en 1836, lassé d’attendre le bon vouloir du Congrès). Le vote par les élus américains se fit en mai 1836 (huit ans après avoir été proposé !) et c’est le président Andrew Jackson qui eut à concrétiser l’expédition. A noter que Wilkes en fut nommé commandant en chef quasiment par défaut, puisque plusieurs autres officiers, peut-être plus qualifiés et plus expérimentés, refusèrent de s’engager dans cette “galère”…

Une escadre de sept navires

Pour autant, on ne peut qualifier Wilkes d’incompétence : il était un bon hydrographe, maîtrisait la géodésie et les phénomènes de magnétisme. Il avait, en outre, reçu une solide formation en mathématiques, en triangulation (indispensable à l’époque pour se situer sur une carte) et en géomagnétisme. A ses côtés se trouvaient bien d’autres scientifiques, minéralogistes, botanistes, naturalistes, philologues et même un taxidermiste pour conserver les échantillons de faune. Mentionnons également la présence d’un artiste peintre de renom, Alfred Thomas Agate (14 février 1812-5 janvier 1845) à qui l’on doit 173 des 342 illustrations accompagnant les cinq volumes qui furent édités après l’expédition.
C’est une véritable escadre qui fut mise sur pied : l’USS Vincennes, sloop militaire de 780 tonneaux était accompagné de l’USS Peacock (650 tonneaux), du brick USS Porpoise (230 tonneaux), de l’USS Relief (468 tonneaux, servant de magasin à l’expédition), de deux goélettes, l’USS Sea Gull (110 tonneaux), le USS Flying Fish (96 tonneaux) et d’un brig, l’USS Oregon (250 tonneaux).
Quittant le port de Hampton Roads (Virginie), la flotte mit les voiles le 18 août 1838, cap sur l’île de Madère.
Nous n’allons pas entrer dans le détail de ce voyage historique pour les Américains tant il fut long et surtout parce que tous les navires ne restèrent pas groupés, certains explorant telle ou telle partie du Pacifique pendant que d’autres en exploraient des zones distantes parfois de plusieurs milliers de kilomètres. Tout au moins pouvons-nous donner les principales escales de ce périple, ce qu’il est convenu d’appeler la route aller : Madère, Rio de Janeiro, le cap Horn, la Terre de Feu, Valparaiso, Callao, Tahiti, les Samoa, Sydney, les côtes de l’Antarctique, les Fidji et enfin Hawaii (alors îles Sandwich).
Le retour, tout aussi riche, comporta les escales suivantes : Puget Sound (au nord de l’État actuel de Washington), la Columbia River (toujours sur la côte nord-ouest du continent américain), San Francisco, puis retour dans le triangle polynésien, avant les Philippines, Bornéo, Singapour, le cap de Bonne Espérance, et enfin New-York.

Le trajet retour de cette expédition américaine.
Le trajet retour de cette expédition américaine.

Un mois à Tahiti

L’USS Peacock dans les glaces de l’Antarctique ; les Américains n’apprécièrent pas d’y rencontrer Dumont d’Urville qui avait pris possession, au nom de la France, de la Terre Adélie cinq jours avant leur arrivée sur les côtes antarctiques (gravure due à Alfred Thomas Agate).
L’USS Peacock dans les glaces de l’Antarctique ; les Américains n’apprécièrent pas d’y rencontrer Dumont d’Urville qui avait pris possession, au nom de la France, de la Terre Adélie cinq jours avant leur arrivée sur les côtes antarctiques (gravure due à Alfred Thomas Agate).
Parmi toutes ces escales et toutes ces explorations, certaines concernent plus spécifiquement notre région : la première terre polynésienne rencontrée par Wilkes fut l’atoll de Reao au Tuamotu, le 13 août 1839, puis Tahiti le 11 septembre (que les Américains quittèrent le 10 octobre, après une longue escale d’un mois pour réparer les navires, faire le plein d’eau et de vivres et regrouper l’escadre.)
Après leur passage à Sydney, les Américains eurent la prétention de découvrir le continent Antarctique. C’était une vantardise très nationaliste mais sans fondement : l’Antarctique avait été découvert le 19 février 1819 par le capitaine britannique William Smith qui avait observé des terres au sud du 62°. Et encore, doit-on prendre cette découverte avec précaution, puisque Smith, lorsqu’il se rendit aux South Shetland, le chapelet d’îles qu’il avait découvert, eut la surprise de trouver l’épave du navire espagnol San Telmo, bateau de guerre ibère ayant disparu un mois et demi plus tôt lors du passage très mouvementé du cap Horn. Il est logique de penser que des Espagnols ont donc pu s’échouer sur le continent austral avant même la découverte de Smith.
Après cette première exploration anglaise, d’autres navigateurs, obsédés par la découverte du continent austral tant annoncé par les cartographes depuis des siècles (continent supposé équilibrer le reste du globe) découvrirent, eux aussi, d’autres parties de l’Antarctique et si l’on doit reconnaître un mérite à Wilkes, ce n’est certes pas celui d’avoir découvert ce continent, mais seulement d’avoir acquis la certitude que toutes ces explorations australes antérieures à son passage en 1840 appartenaient à la même terre. Une manière pour les Américains de se laisser une porte afin de réclamer un jour la pleine propriété de leur “découverte”…  Malgré tout, reconnaissons à Wilkes d’avoir pu naviguer mille cinq cents miles le long de l’Antarctique, ce qui lui permit effectivement de conclure que les glaces de la région n’enfermaient pas des îles, mais bien une seule et unique terre, que le capitaine américain avait baptisé  d’ailleurs avec modestie Wilkes Land...

Bain de sang à Malolo

Entre les découvertes scientifiques, les mesures, les rencontres avec de multiples peuples indigènes (qui avaient pour la plupart déjà vu des hommes blancs), l’expédition s’enrichit considérablement au fil des mois, mais l’approche très “américaine” des problèmes fit que parfois, la démarche scientifique laissa place à des bains de sang. 
Ce fut le cas en juillet 1840, lorsque le lieutenant Underwood et Henry Wilkes, neveu de Charles Wilkes, furent tués sur l’île de Malolo aux Fidji lors d’une négociation portant sur de la nourriture. Le troc s’est-il mal passé au point que les deux parties en vinrent aux mains ? Toujours est-il que le fils du chef local, qui se trouvait à bord, otage des Américains, parvint à s’enfuir. Les marins lui tirèrent dessus alors qu’il regagnait la côte. Rien n’est parfaitement clair et limpide dans le déroulé des événements puisque selon certaines sources, cette évasion était un signal pour que les Fidjiens déclenchent les hostilités alors que pour d’autres, ce fils de chef ne fit que se faire la belle. 
Deux morts dans le camp américain, l’affaire n’allait pas en rester là : plus de soixante hommes armés débarquèrent pour venger les meurtres ; les Américains ne firent pas dans la dentelle puisqu’ils massacrèrent quatre-vingts à quatre-vingt-dix Fidjiens (le nombre varie selon les sources), brûlèrent deux villages et détruisirent méticuleusement les cultures. Cet épisode de l’expédition, l’un des plus sombres, n’est malheureusement pas le seul à mettre au passif des Américains.
En avril 1841, l’USS Peacock et l’USS Flying Fish stationnaient devant Drummond’s Island, aux îles Gilbert. Les contacts avec les indigènes furent cordiaux mais après une première exploration à terre, il s’avéra qu’un marin manquait à l’appel. William L. Hudson, commandant du Peacok décida de demander des comptes à ses hôtes, les sommant de leur rendre le membre d’équipage manquant. L’île avait une sale réputation puisque Hudson avait entendu dire qu’avant lui, un bateau y avait fait naufrage, son équipage hormis une femme et son enfant, ayant été massacré. 
De retour à terre, une troupe de soldats et de marins tenta de retrouver le disparu, en vain, les habitants de l’île se présentant tous armés, prêts à en découdre. Une seconde expédition sur l’atoll ne put être menée à bien, plusieurs centaines de guerriers armés repoussant à la mer les baleinières américaines. Hudson décida le lendemain de bombarder l’île avant d’y débarquer en force, mais les soldats se retrouvèrent en face de sept cents indigènes tentant de rejeter les Américains à la mer. Le combat fut long et acharné, aucun Blanc ne fut blessé mais une douzaine de Gilbertains trouvèrent la mort, de nombreux autres étant blessés. Une fois à terre, l’équipage engagé dans la bataille brûla et rasa deux villages.
Toujours dans le même registre, en février, c’est-à-dire deux mois avant cet accrochage très violent, l’USS Peacock et l’USS Flying Fish avaient déjà bombardé l’ile de Upolu, aux Samoa, pour venger la mort sur place d’un marin négociant qui avait été tué par les indigènes.

Wilkes traduit en cour martiale

L’USS Porpoise, un brick de 230 tonneaux, qui revint au port de New-York.
L’USS Porpoise, un brick de 230 tonneaux, qui revint au port de New-York.
Le 10 juin 1842, l’expédition emmené par Wilkes entra dans le port de New-York, tour du monde et moisson d’informations faits.
Concrètement, deux bâtiments avaient été perdus : l’USS Peacock (qui fit naufrage le 17 juillet 1841 à l’entrée de la Columbia River) et l’USS Sea Gull (entre mai et juin 1839, au large du cap Horn semble-t-il). L’USS Flying Fish fut, quant à lui, vendu à Singapour en février 1842 étant jugé inapte à poursuivre le voyage de retour. Le bilan humain s’établit à 28 morts ou disparus (dont l’équipage du Sea Gull) pour un total de trois cent cinquante personnes embarquées dans cette aventure.
Wilkes, quant à lui, avait eu largement le temps de faire la démonstration de sa cruauté et de son caractère, osons le mot, de cochon. Il n’avait que le grade de lieutenant, comme nombre des officiers embarqués et ceux-ci acceptèrent très mal sa perpétuelle arrogance, sa prétention à tout régenter et à commander de manière particulièrement brutale ; pour tout problème à bord, le fouet venait lacérer les chairs des marins fautifs ou supposés l’être et cette brutalité lui fut vertement reprochée à son retour ; les officiers portèrent plainte contre lui et il fut traduit en cour martiale pour trois motifs : la perte de l’USS Peacock, les mauvais traitements infligés aux officiers et les punitions excessivement dures et même cruelles subies par les marins. S’il fut reconnu non coupable des deux premiers chefs d’accusation, il fut tout de même blâmé pour avoir outrepassé ses droits vis-à-vis des équipages.
Mais là n’est pas l’essentiel à retenir de ce voyage : Wilkes avait réussi la mission qui lui avait été confiée et avait ramené, grâce aux collections des scientifiques embarqués, des milliers et des milliers d’échantillons de flore et de faune. L’océanographie américaine fit un bond de géant de même que le travail de cartographie, notamment de la côte nord de la Californie, qui fut exemplaire.

Un énorme travail de rédaction

Charles Wilkes au moment de sa retraite ; l’homme était déjà passé deux fois en cour martiale, ce qui ne l’empêcha pas d’être nommé contre-amiral.
Charles Wilkes au moment de sa retraite ; l’homme était déjà passé deux fois en cour martiale, ce qui ne l’empêcha pas d’être nommé contre-amiral.
Wilkes, lui, après son passage en cour martiale, ne risquait pas de reprendre un commandement ; il fut détaché pour une courte période au service de la surveillance des côtes puis fut accaparé par la rédaction du récit de la United States Exploring Expedition (l’US Ex.Ex.) : le travail était colossal et Wilkes livra à son éditeur cinq gros volumes et un atlas qui sortirent de presse en 1844. Il eut également à participer à la rédaction des rapports scientifiques de l’expédition (dix-neuf volumes parus entre 1844 et 1874, Wilkes en rédigeant lui-même deux (vol. XI et vol. XII) sans compter onze atlas (Wilkes rédigea celui consacré à la météorologie et celui consacré à l’hydrographie). 
Tout ce travail, avec les collections ramenées par les scientifiques, permirent de jeter les bases de ce qui devint plus tard la Smithsonian Institution
Infatigable, Wilkes rédigea également de très nombreux articles et rapports, outre deux ouvrages scientifiques de référence, l’un portant sur la Californie et l’Oregon (1849) et l’autre intitulé “Théorie des vents” sorti de presse en 1856.

Retour en cour martiale...

Nommé commandant en 1843, puis capitaine en 1855, Charles Wilkes fut engagé à bord de l’USS San Jacinto pour contrer les forces confédérées lors de la Guerre de sécession. Aux Bermudes, Wilkes fut à l’origine d’une crise diplomatique grave entre les États-Unis et la Grande-Bretagne, à tel point que ce qui fut baptisé l’affaire Trent faillit bien déclencher une guerre entre les deux pays. Wilkes fut retiré de suite du service actif par le Congrès qui salua très hypocritement “son courage, son habileté et sa conduite patriotique”, ce qui n’empêcha pas le président Abraham Lincoln de le désavouer un peu plus tard avec sévérité. “Puni”, Wilkes fut affecté à la surveillance d’une flottille de petits bateaux sur la rivière James avant d’être mis en retraite le 21 décembre 1861. Ce qui ne l’empêcha pas d’être promu commodore et de reprendre du service en juillet 1862 aux Antilles. Là encore, Wilkes fit parler de lui puisqu’il se retrouva à nouveau devant une cour martiale en 1864. Cette fois-ci, il en ressortit coupable d’insubordination, de désobéissance aux ordres et d’autres faits secondaires. Il fut condamné à une réprimande publique, insulte suprême dans la marine américaine, et à une suspension de trois ans que Lincoln ramena à un an. 
Il faut croire que ce diable de Wilkes avait autant d’appuis au sein du ministère de la Marine que d’ennemis puisque le 25 juillet 1866, il fut promu au rang de contre-amiral avant d’être inscrit –cette fois-ci définitivement– sur la liste des officiers mis à la retraite.
Wilkes, obsédé par l’image qu’il entendait laisser derrière lui, écrivit sa biographie. Il s’éteignit le 8 février 1877, à l’âge de soixante-dix-huit ans, à Washington et sa dépouille a été déplacée en août 1909 pour être enterrée au cimetière d’Arlington où sa pierre tombale précise qu’il est le “découvreur de l’Antarctique”… A noter qu’une partie du continent Antarctique porte toujours le nom de Wilkes Land.

Rendez-vous manqué

De 1838 à 1842, Wilkes n’était pas le seul explorateur à sillonner le Pacifique. Commandant une expédition mobilisant deux navires, l’Astrolabe et de la Zélée, un certain Jules Dumont d’Urville avait quitté le 11 septembre 1837 le port de Toulon. Destination l’Antarctique justement, ce qui prouve bien que la région avait déjà été reconnue et que Wilkes n’en est nullement le découvreur. Le Français était un fin navigateur, ayant déjà effectué plusieurs voyages dans les mers du Sud ; de 1822 à 1825 avec Louis-Isidore Duperrey, à bord de La Coquille, de 1826 à 1829 à bord déjà de l’Astrolabe.
Dans les mers froides du grand sud, l’expédition de Dumont d’Urville croisa, le 29 janvier 1840, un navire de celle de Charles Wilkes, en l’occurrence l’USS Porpoise. On était dans des eaux glacées et entre les deux équipages, l’ambiance fut aussi froide que l’environnement. Cinq jours avant le Porpoise, le 25 janvier, Dumont d’Urville avait découvert une côte qu’il avait baptisée Terre Adélie (du prénom de sa femme, Adèle) ; mieux même, les Français y avaient débarqué et de ce fait avaient de suite revendiqué cette découverte, ce qui vexa les Américains, ceux-ci refusant de reconnaître la revendication française et refusant par là même de rencontrer Dumont d’Urville...

Témoin à Waitangi

La Grande-Bretagne avait garanti aux Maoris l’indépendance de la Nouvelle-Zélande en 1835, avec la signature de la Déclaration d’indépendance (He Whakaputanga) reconnue par Londres. 
Mais face à la revendication d’un Français quelque peu original, le baron de Thierry (qui s’était autoproclamé “roi” de la Nouvelle-Zélande), face à l’influence grandissante des Français et des catholiques (avec l’arrivée de Mgr Pompallier le 10 janvier 1838), les Britanniques changèrent d’avis et poussèrent certains chefs maoris à signer le traité de Waitangi le 6 février 1840, document aux termes duquel les Maoris cédaient leur souveraineté à la Couronne britannique. 
Parmi les témoins de ce renoncement d’une minorité de chefs maoris, se trouvaient des membres de l’expédition de Wilkes, la présence d’Américains ne faisant que légitimer cette prise de possession aux yeux de Londres...

Rédigé par Daniel Pardon le Jeudi 16 Juillet 2020 à 14:20 | Lu 1374 fois





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