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Ces ingénieurs du va’a



Tahiti, le 16 octobre 2020 - À l'image des écuries de Formule 1 ou de Moto GP, les principaux constructeurs de va'a du fenua redoublent d'efforts et d'ingéniosité pour améliorer leur propre bolide. 
 
Les rameurs de Shell sur leur Timi, Steeve Teihotaata sur son "Pro model Tehuritaua", Kevin Céran-Jérusalémy, Tutearii Hoatua et Vaimi Maoni sur leur Fai Va’a, ou encore tout récemment Georges Cronstead sur le nouveau modèle développé par Are Va’a.  À chaque ‘aito est associé un constructeur de pirogue. Si  le talent et le travail du rameur sont effectivement des facteurs importants, le matériel qui a considérablement évolué depuis une quinzaine d’années est aussi un élément à prendre en considération dans la victoire. 
 
Les pirogues jadis taillées dans le bois, ont laissé la place aujourd’hui à de véritables petits bolides des mers qui sont fabriqués en polyester ou en fibre de carbone et qui pèsent entre 14 et 9 kg. "On pensait que les pirogues trop légères ne pourraient pas avancer sur l’eau", indique Marc Tehuritaua, constructeur depuis une vingtaine d’années. "Dans les autres sports comme le cyclisme ou la formule 1, tous allaient vers des produits et des machines plus légères. Je me suis dit pourquoi pas nos va’a aussi." Aujourd’hui, en 2020, lorsqu’on s’aligne sur une course, il est absolument impensable de courir avec une pirogue en bois ou en plastique, du moins si l’on veut jouer la victoire.
 
Et certains constructeurs, comme Joey et Vatea Bunton, gérants de Fai Va’a,  poussent encore plus loin la recherche de nouveaux matériaux de construction. "Nous avons sélectionné de nouveaux tissus carbones pour notre nouveau modèle, la 'SI'", explique Vatea Bunton. "Nous sommes aussi en relation avec des fournisseurs qui nous permettent de tisser nos propres tissus composites si besoin et d’autres qui nous proposent de formuler certains produits spécifiquement pour notre utilisation. Nous travaillons par ailleurs sur la réalisation et le tissage d’un tissu innovant sur lequel nous allons réaliser des tests lorsqu’il sera prêt. Et si les résultats s’avèrent satisfaisants, nous le retrouverons peut-être dans nos futurs bolides d’ici quelques années." Du très, très pointu donc. 
 
Développement avec le rameur…
 
Si les procédés de construction et les matériaux sont amenés à évoluer, les sensations du rameur sur son "gun", restent évidemment une donnée indispensable à prendre en compte pour les constructeurs dans la mise au point de leur modèle. Fai Va’a peut ainsi compter sur son team pléthorique qui comprend entre autre Kevin Céran-Jérusalémy, Tutearii Hoatua, ou encore Manutea Millon pour un retour terrain de leur pirogue. Marc Tehuritaua pour sa part, s’appuie sur les sensations de Steeve Teihotaata, qui rame sur ses modèles depuis quatre ans. "Par exemple il me dit que la pirogue plonge trop vite dans le surf, qu'est-ce qu'on peut faire pour qu'elle ralentisse ? Comment faire pour que la pirogue déjauge plus vite ? On peut travailler sur la forme de la coque, sur le volume, sur l'îlot que l'on place plus haut de quelques centimètres, tous ces petits détails qui font la différence à la fin", concède Marc Tehuritaua. 
 
André Timi, gérant de Timi Va’a, peut quant à lui compter sur les retours des 'aito de Shell Va’a comme Damas Ami, Taaroa Dubois ou encore Charles Teinauri pour développer encore plus loin ses modèles. Ce qui donne à la fin des va’a complètement différents selon les constructeurs, et cela même si vu de loin les pirogues ont toutes le même "shape". 
 
...et approche presque scientifique
 
À cette approche du terrain, Are Va’a, géré par Baptiste Gossein, ajoute une touche presque scientifique dans le développement de leur modèle. Depuis quatre ans, l’équipe de Are Va’a, installée sur la Presqu’île, a amassé et continue d'amasser une quantité énorme de données pour le développement de leur V1. La société s'est également dotée d'une fraiseuse numérique sur mesure, pour reproduire fidèlement des prototypes de va'a, issus des modèles 3D dessinés sur ordinateur.
 
"Cela permet d'être très précis et de savoir exactement toutes les données qui ont été saisies pour un prototype. Par exemple si on veut revenir sur un prototype et modifier le rocker (arrondi du va'a) à 1m50 à l'arrière de la pirogue, ou bien déplacer le siège du rameur de 2 ou 3 cm. Mais le problème c'est qu'on ne peut modifier qu'un détail à la fois, si on modifiait plusieurs éléments en même temps on ne pourrait pas savoir quel paramètre a influencé le comportement de la pirogue", complète Baptiste Gossein. Ce dernier peut d’ailleurs s’appuyer sur Georges Cronstead, pour continuer à développer leur modèle. "Ce qui est bien avec Georges c’est qu’il a ses parcours chrono à lui. Il sait parfaitement aussi quel paramètre a affecté le comportement de la pirogue", ajoute le gérant de Are Va’a. 
 
Difficile donc de faire mieux qu’un va’a made in Tahiti.
 

 
3 : Les courses sont l'occasion pour les constructeurs et les 'aito de tester leur bolide. 
 
Focus (avec photo FOCUS)
 
 
Zoom
 

Le 'īato clic-clac débarque

Fini les attaches à la chambre à air, et les autres petites astuces de rameur pour régler au mieux son ama. Fai Va’a avec son nouveau modèle, la "SI" que Vatea et Joey Bunton développe depuis trois ans, propose un système de 'īato "clic-clac", "plus simple et plus rapide à régler", selon Vatea Bunton. "On s’y est intéressé il y a une petite dizaine d’année mais sans vraiment passer à l’action. On a observé ce qui se faisait sur les modèles hawaiiens, car il y a beaucoup de différents types de système d’attache, et on savait que si on devait le faire, on voudrait garder un maximum de liberté de réglage et travailler avec un système robuste qui pourrait convenir à un maximum de personnes car il faut retenir que le réglage est quelque chose qui reste très personnel d’un rameur à un autre, que ce soit par rapport au gabarit du rameur, son niveau ou vis à-vis des conditions de mer." La "SI" propose ainsi trois réglages pour l’écartement entre la coque et son ama (à l’avant comme à l’arrière). "Ce système permet de définir des réglages idéaux pour un éventail de gabarits de rameurs et de conditions de mer tout en offrant la possibilité́ aux rameurs de  personnaliser leurs réglages et optimiser la performance du va’a".
 
Tutearii Hoatua avec ce modèle de V1 s’était notamment imposé en juillet pour la reprise de la saison, à l’occasion de la To'a Nui Are Classic. Vaimiti Maoni a également pu tester la "SI" en course, en août lors de sa victoire à la Ariimatini Race à Rangiroa. "C’est en effet très pratique comme système", avoue la rameuse. "Les trois réglages sont optimaux et offrent en effet beaucoup de liberté. Je ne suis pas spécialement à l’aise dans le surf, avec ce modèle j’ai moins de difficulté dans ce domaine. C’est vraiment un super produit."
Marc Tehuritaua a également sorti son modèle de va’a "à tube", sur lequel Steeve Teihotaata s’est imposé au Te ‘Aito Manihi et à la Ariimatini Race. Timi Va’a, et Are Va’a devraient également proposer prochainement leur modèle. 

​Des va’a made in Tahiti qui s’exportent bien

Le savoir-faire des constructeurs de va’a a traversé les frontières du territoire. Régulièrement, Fai Va’a et Tehuritaua Va’a préparent et exportent vers l’étrangers des dizaines de pirogues. L’Australie, la Nouvelle-Zélande, des pays d’Asie comme Singapour, ou encore la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna sont les principales destinations des va’a. Timi Va’a devrait également prochainement exporter ses produits.


Rédigé par Désiré Teivao le Vendredi 16 Octobre 2020 à 09:29 | Lu 6925 fois





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