Tahiti Infos
Tahiti Infos

TAHITI INFOS, les informations de Tahiti
Facebook
Twitter
RSS
I phone App
Androïd
Newsletter
FENUACOMMUNICATION - immeuble Tutuapare - Shell RDO Faa'a - BP 40160 98 713 Papeete Polynésie Française. Tel:40 43 49 49


Carnet de voyage - 27 juin 1776 : naissance de San Francisco



La Mission Dolores telle qu’elle apparaît aujourd’hui, aussi pimpante que lors de sa création.
La Mission Dolores telle qu’elle apparaît aujourd’hui, aussi pimpante que lors de sa création.
SAN FRANCISCO, le 17 janvier 2019. Avec plus de 800 000 habitants « downtown » et son agglomération de 8, 5 millions de personnes, San Francisco est aujourd’hui l’une des villes les plus dynamiques des Etats-Unis. La cité n’a pourtant que 243 ans. Tahiti Infos est allé mettre ses pas dans ceux des premiers pionniers, missionnaires et militaires espagnols. Retour en arrière…

Le 13 août 1521, deux ans seulement après avoir posé le pied en Méso-Amérique, le sanguinaire conquistador espagnol Hernan Cortès prenait la ville de Tenochtitlan, actuelle Mexico.

Maîtres de cette partie du monde aux richesses infinies –ou presque- les Ibères pour autant ne se montrèrent pas aussi hardis lorsqu’il fallut étendre leur empire au nord du Mexique. Ils naviguèrent, certes, durant deux siècles le long des côtes californiennes mais concentrèrent tous leurs efforts sur le Mexique, le Pérou et les lointaines Philippines.

Réveil espagnol en 1765

En 1765 toutefois, alors que l’Espagne n’en avait plus vraiment les moyens, le roi Carlos III décida, face aux menées étrangères (russes et anglaises notamment), de coloniser cette région baptisée Californie. Après San Diego le 29 juin 1769, Los Angeles le 2 août et Santa Barbara le 19 août, une petite troupe découvrit la baie de San Francisco le 31 octobre de la même année. Pour autant, il faudra attendre 1776 pour que les Espagnols fondent une petite place militaire, le presidio de San Francisco.

Très précisément, en mars 1776, quelques soldats effectuèrent une reconnaissance de la baie et baptisèrent un petit cours d’eau « el Arroyo de Nuestra Señora de los Dolores ». Le lieutenant José Joaquin Moraga parvint sur ce site le 27 juin 1776, avec à ses côtés le père Francisco Palou, agissant sous les ordres du père Junipero Serra, fondateur de plusieurs missions sur la côte californienne. Serra était le penseur et l’organisateur de cette colonisation religieuse, mais historiquement, c’est bien le père Palou, assisté du père Cambon, qui célébra la première messe à deux pas du ruisseau Los Dolores, le 29 juin 1776, baptisant le site au nom de Saint François d’Assises, entendez San Francisco.

Concrètement, cette première célébration fut toute symbolique puisqu’elle se fit dans un abri de fortune, la mission de Saint François ne s’organisant en réalité que quelques mois plus tard, à partir du 9 octobre 1776, avec l’arrivée de matériels et de renforts en hommes.

Une église indestructible

Dans une région du monde secouée par de fréquents séismes, il est singulier de noter qu’aujourd’hui, la Mission Dolores comme on l’appelle toujours, est restée debout, même après le terrible tremblement de terre qui détruisit une grande partie de la cité en 1906.

Edifié dès que les Espagnols s’installèrent dans cette région, le bâtiment principal a été totalement achevé en 1791.

Long de 34,75 m, large de 6,70 m, ses murs en adobe (terre séchée avec des herbes elles aussi séchées) mesurent la bagatelle de quatre mètres d’épaisseur. Les poutres originelles, en bois rouge, sont toujours en place et supportent le plafond. Elles ont été repeintes au fil du temps mais respectent les motifs initiaux, à savoir des dessins réalisés avec de la teinture végétale par les indiens Ohlones, tribu vivant sur ce site à l’arrivée des Européens.

Sobrement décorée, l’église est toujours le cadre de messes et de cérémonies, son autel ayant été expédié depuis le port de San Blas, au Mexique, en 1796. Deux autres autels latéraux ornent l’église, eux aussi en provenance du Mexique et installés en 1816.

Un cimetière de pionniers

Quasiment collée à la petite église, se trouve la vaste basilique détruite une première fois en 1906, puis reconstruite en 1918 (elle a été consacrée basilique en 1952 par le pape Pie XII).

Un petit musée, une modeste boutique de souvenirs (l’argent récolté permet l’entretien du lieu de culte) et surtout un cimetière complètent cet ensemble.

Dans ce cimetière reposent les premiers pionniers qui bâtirent San Francisco. Au fil des tombes, il est étonnant de constater que très peu de personnes, hommes ou femmes, parvinrent à dépasser la quarantaine ; on mourrait très jeune à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe. Parmi les tombes de notables, celles de Don Luis Antonio Argüello, premier gouverneur de Haute Californie (alors propriété du Mexique), celle de Don Francisco de Haro, premier maire de la ville et même celle d’une famille de Français tuée dans l’explosion d’un bateau à vapeur…

Textes et photos : Daniel Pardon

La fin des Ohlones

Les Indiens Ohlones occupaient une vaste partie de la Californie, notamment la région de San Francisco. Ils vivaient de chasse, de pêche et récoltaient ce que la nature leur offrait. On ignore leur nombre exact, certains avançant 300 000 personnes vivant dans un habitat très dispersé, en petites tribus. On considère que l’implantation des missions, dont celle de San Francisco, aboutit, à cause de l’introduction de maladies nouvelles pour eux, à la destruction de 90 % de ce peuple indigène. En 1880, on estimait que les Ohlones du nord (ceux de San Francisco) avaient complètement disparu. La découverte d’or et la ruée qui s’ensuivit, alors que la Californie était devenue américaine, ne fit qu’aggraver la situation des survivants au sud, de véritables massacres ayant été organisés pour les éliminer et laisser la place aux colons et chercheurs de métal précieux.

Leur nombre serait tombé, dans l’ensemble de la Californie à 3 000 en 1800, moins de 1 000 en 1552, mais 1 500 à 2000 en l’an 2000. Ils seraient aujourd’hui partiellement métissés, environ 3 853 tentant de retrouver leurs racines, à commencer par leurs lieux de sépulture (là où les agglomérations ne les ont pas effacées).
Une case indienne ohlone, reconstruite dans le petit cimetière de la Mission Dolores. Tous les indigènes ou presque ont disparu au moment de la colonisation.
Une case indienne ohlone, reconstruite dans le petit cimetière de la Mission Dolores. Tous les indigènes ou presque ont disparu au moment de la colonisation.

Le controversé père Serra

Le père Junipero Serra, né à Majorque (Baléares) en 1713, est considéré comme l’initiateur des missions catholiques créées par les Espagnols en Californie. Très tôt après son arrivée dans le Nouveau Monde, il s’intéressa à la conversion des peuples indigènes du nord de la Nouvelle-Espagne (actuel Mexique) et il fonda ainsi une première mission à San Barnabé (près de la ville de Monterey).

En 1774, le 15 décembre pour être précis, il reçut l’ordre du vice-roi Bucareli (installé à Mexico) de se joindre à une expédition jugée très importante, visant à ouvrir à la colonisation la région de la baie de l’actuelle San Francisco. Elle était commandée par le capitaine Juan Bautista de Anza.

Considéré comme le « père de la Californie », Serra fut à l’origine de dix des vingt-et-une missions catholiques fondées par les Franciscains dans cette région. Il a été béatifié par le Vatican le 25 septembre 1988 et a été, un peu plus tard, canonisé par le pape François (le 23 septembre 2015). Cette canonisation a soulevé des protestations de la part notamment des communautés indigènes d’Amérique du Nord, qui considèrent que l’arrivée des Européens et l’évangélisation quelque peu forcée des Amérindiens ont abouti à leur quasi disparition et à la destruction de leur culture.

Une statue du père Serra veille sur le cimetière de la mission Dolores ; une autre, imposante, a été érigée au Capitole, à Washington ; elle symbolise l’Etat de la Californie et se dresse dans la National Statuary Hall Collection aux côtés de l’autre personnage symbolisant la Californie, Ronald Reagan (la galerie compte une centaine de statues, deux par Etat).
Une statue du très controversé père Junipero Serra, fondateur de nombre de missions franciscaines en Californie.
Une statue du très controversé père Junipero Serra, fondateur de nombre de missions franciscaines en Californie.

Une basilique a été construite contre la petite église ; elle date de 1918, la première ayant été détruite par le séisme de 1906.
Une basilique a été construite contre la petite église ; elle date de 1918, la première ayant été détruite par le séisme de 1906.

L’intérieur de la Mission Dolores, avec son plafond d’origine peint de motifs indiens.
L’intérieur de la Mission Dolores, avec son plafond d’origine peint de motifs indiens.

Le retable de la petite église a été expédié en 1796 depuis le port de San Blas, sur la côte Pacifique du Mexique.
Le retable de la petite église a été expédié en 1796 depuis le port de San Blas, sur la côte Pacifique du Mexique.

La tombe du premier maire de San Francisco, alors une minuscule bourgade.
La tombe du premier maire de San Francisco, alors une minuscule bourgade.

Ici repose le premier gouverneur de la Californie du nord.
Ici repose le premier gouverneur de la Californie du nord.

Dans le cimetière de la mission, une statue a été érigée, en hommage au père Serra.
Dans le cimetière de la mission, une statue a été érigée, en hommage au père Serra.

A l’intérieur de la basilique, une chapelle riche en ex-voto, typique de la foi mexicaine.
A l’intérieur de la basilique, une chapelle riche en ex-voto, typique de la foi mexicaine.

Rédigé par Daniel PARDON le Jeudi 17 Janvier 2019 à 09:02 | Lu 882 fois





Signaler un abus

Dans la même rubrique :
< >

Culture et Patrimoine | carnets de voyage | Journal des enfants | Les recettes | People | Actualité Santé | Environnement | Technologies


















ranktrackr.net