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Cancer de la prostate : l'imagerie pour éviter des biopsies inutiles (étude)



Paris, France | AFP | jeudi 19/01/2017 - Un examen d'imagerie pourrait permettre à un homme sur quatre d'éviter une biopsie inutile pouvant entraîner des effets indésirables, dans le cadre de la détection d'un éventuel cancer de la prostate, estiment des chercheurs dans une étude parue vendredi.

Cet examen d'imagerie par résonance magnétique (IRM) spécifique pourrait contribuer à réduire le nombre de surdiagnostics de 5%, selon cette étude de la revue médicale The Lancet. Le surdiagnostic inclut des cancers qui n'auraient pas mis en danger la santé du patient de son vivant.

"Le cancer de la prostate peut avoir une forme agressive ou inoffensive", rappelle le Dr Hashim Ahmed, principal auteur de l'étude. L'étude montre que l'imagerie spécifique peut "empêcher un homme sur quatre d'avoir une biopsie inutile", souligne-t-il.

La biopsie de la prostate - un prélèvement d'un petit fragment de la glande - est faite en présence de certains symptômes ou souvent quand un dosage sanguin montre des niveaux élevés d'une substance produite par la prostate (test PSA), mais qui peuvent également être élevés dans des pathologies bénignes (adénome, prostatite...).

Chaque année, un million de biopsies de prostate sont réalisées en Europe.

La biopsie, qui peut entraîner douleurs, saignements et de sérieuses infections, passe parfois à côté d'une masse cancéreuse.

La "biopsie actuelle peut être inexacte parce que les échantillons de tissus sont pris au hasard", note le Dr Ahmed. Elle n'est pas toujours capable de déterminer si la tumeur est agressive ou non. D'où des erreurs de diagnostic et des traitements avec des effets indésirables, sans aucun avantage de survie.

Les examens par IRM multiparamétrique fournissent des informations sur la taille du cancer, la densité de ses cellules et ses liens avec la circulation sanguine. Des éléments qui peuvent aider à distinguer les cancers agressifs nécessitant une biopsie immédiate et un traitement de ceux considérés comme a priori inoffensifs.

Dans l'étude, 576 hommes suspects d'être atteints de cancer de la prostate ont eu une IRM multiparamétrique (IRM-MP) dans 11 hôpitaux publics britanniques, suivis de deux types de biopsies.

La biopsie standard, la plus couramment utilisée pour le diagnostic de ce cancer, était précédée d'une biopsie spécifiquement destinée à déterminer la précision de l'IRM.

40% des hommes avaient un cancer agressif. L'IRM a diagnostiqué presque tous les cancers agressifs (93%), la biopsie standard seulement la moitié.

"Nos résultats montrent que l'IRM-MP devrait être utilisé avant la biopsie" pour identifier les hommes qui ont des cancers inoffensifs et n'ont pas besoin d'une biopsie immédiatement, selon le Dr Ahmed . Ils devraient cependant continuer à avoir un suivi médical. Utiliser l'IRM et la biopsie "pourrait réduire le sur-diagnostic de cancers inoffensifs de 5%", ajoute-t-il.

"Cela pourrait changer la pratique clinique", selon le Pr Arnauld Villers, chef du département d'urologie de l'hôpital universitaire régional de Lille (France). Il estime qu'il y a là "une base solide" pour une nouvelle façon de diagnostiquer le cancer de la prostate, avec moins de biopsies et de surdiagnostic.

Un deuxième essai clinique supervisé par la fondation britannique Cancer Research UK, qui recrute actuellement des volontaires, cherchera à valider les résultats de l'étude.

BC/alu/cam

Rédigé par () le Vendredi 20 Janvier 2017 à 06:23 | Lu 570 fois




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