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Bora Bora voit toujours plus vert


Tahiti, le 27 mai 2021 - Le maire de Bora Bora, Gaston Tong Sang, et la directrice de l’Agence française de développement (AFD) en Polynésie française, Céline Gilquin, ont signé jeudi trois conventions portant sur des projets en faveur de l’amélioration des services publics environnementaux de la commune de Bora Bora. Un prêt pour la rénovation du service d’assainissement et deux subventions pour des études sur les mises en place d’un site unique de gestion des déchets et d’un système hydrogène.
 
La directrice de l’AFD en Polynésie française, Céline Gilquin, et le maire de Bora Bora, Gaston Tong Sang, ont signé jeudi matin trois conventions. Ces dernières officialisent un prêt accordé par l’AFD pour financer la rénovation du système d’assainissement collectif de Bora Bora. Aussi, deux études seront en partie subventionnées par l’AFD : L’une sur faisabilité de la mise en place d’un site unique de gestion des déchets, et l’autre sur projet pilote pour la mise en place d’un système d’hydrogène. En période de crise sanitaire, Bora Bora poursuit sa démarche environnementale en faveur de ses services publics.
 
Un prêt de 187 millions sur 15 ans
 
Bora Bora délivre de l’eau potable via un réseau d’assainissement en place depuis 1993 et  dispose d’un centre d’enfouissement technique ouvert en 2011. Pour rénover ses infrastructures existantes, la commune a sollicité un emprunt de 186 785 686 Fcfp à l’AFD pour rénover son service d’assainissement collectif sur une quinzaine d’années. Le projet va permettre de sécuriser le fonctionnement du système, en particulier pour la production d’eaux usées traitées, une alternative au dessalement. "Le dessalement coûte cher. Réutiliser des eaux usées traitées, c’est une démarche extrêmement vertueuse que l’on encourage. Du fait de la dimension environnementale forte du projet, c’est un outil particulier de l’AFD que l’on a mobilisé : un prêt qui est quasiment à taux zéro", précise Céline Gilquin. Ce prêt bonifié (PSP Vert) est à 0,38%.
 
Un site unique pour gérer les déchets
 
Bora Bora a également sollicité auprès de l’AFD le subventionnement d’une étude en faveur de son service public des déchets. Aujourd’hui, la commune dispose, en plus du centre d’enfouissement technique, d’une plateforme de compostage des déchets verts et d’une unité de broyage de verre. Mais la commune souhaite mettre en place un site unique regroupant la gestion de l’ensemble de ses déchets. Ce dernier serait constitué d’un centre de tri, d’une déchetterie, d’une recyclerie et d’une aire pédagogique. L’enjeu étant pour la perle du Pacifique de diminuer le volume de déchets enfouis, mais aussi de réduire les transferts sur Tahiti des déchets d’équipements électriques et électroniques.

Cécile Gilquin et Gaston Tong Sang ont signé jeudi matin  les trois conventions dans les bureaux de l’AFD.
Cécile Gilquin et Gaston Tong Sang ont signé jeudi matin les trois conventions dans les bureaux de l’AFD.
Un projet pilote sur l’hydrogène
 
La deuxième étude subventionnée porte sur un projet pilote en Polynésie française dans le domaine de la transition énergétique, avec la mise en place d’un système d’hydrogène. Alimenté par une centrale solaire dédiée, le système permettrait de générer de l’énergie 100% issue des installations photovoltaïques et alimenter des véhicules. Cette initiative pourrait déboucher sur une standardisation pour des centaines de bateaux propulsés à l’hydrogène. "L’étude sera très intéressante pour l’ensemble de la Polynésie française afin de répliquer et développer cette filière", assure la directrice de l’agence AFD de Papeete.   
 
Ces deux études ont pu émarger au Fonds Outre-mer 5.0 mis à disposition de l’AFD par l’État à hauteur de 1 392 124 Fcfp pour le projet de gestion des déchets et de 1 779 940 Fcfp pour le projet hydrogène. Ces deux études sont cofinancées par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie locale (ADEME). Rendez-vous dans un an pour les résultats.
 
Pour Céline Gilquin, "s’il n’y avait pas la volonté politique de la commune de Bora Bora, il n’y aurait pas ce genre de projets. On encourage les communes à mobiliser l’ensemble des outils à leur disposition pour investir. Tout le monde a envie d’avoir des subventions, mais si on veut avancer sur la mise en place des services environnementaux, il faut aussi utiliser le levier de l’emprunt".

Gaston Tong Sang « Limiter la consommation en énergie fossile »

Bora Bora voit toujours plus vert
"Le Pays a investi des milliards de Fcfp pour aider les communes à avoir un réseau d’eau potable digne de ce nom. Mais à peine dix ans après, la qualité a chuté. Les communes ne mettent pas assez de moyens dans la maintenance et l’entretien, parce que pour 'repotabiliser' l’eau d’un réseau, ça coûte pratiquement aussi cher que d’en mettre un en place", explique le maire de Bora Bora.

Concernant le site unique de gestion des déchets, il y voit une vraie évolution, notamment pour les déchets électroniques qui ne peuvent être enfouis : "Il y a beaucoup de machines à laver et de télévisons que l’on jette. À Bora Bora, on peut coupeller la récupération de matériaux que l’on peut remettre en état avec la déchetterie."

Le projet pilote sur l’hydrogène à Bora Bora est aussi porteur de promesses pour l’ensemble du fenua. "Des panneaux solaires vont alimenter une unité de production pour créer de l’hydrogène. On va motoriser nos véhicules de ramassage des déchets avec de l’hydrogène et, pourquoi pas, des bateaux. L’hydrogène permet de générer de la puissance et donc davantage de vitesse que le solaire. Ça peut être un bon moyen de limiter la consommation d’énergie fossile."

Les projets environnementaux du maire de Bora Bora  ne s’arrêtent pas là : "Mon rêve, c’est de mettre en place une usine pilote d’énergie thermique d’eau de mer. On parle beaucoup du Swac, mais maintenant que l’on maîtrise la pose des tuyaux, la deuxième étape est de transformer cette différence de température entre le fond et la surface en électricité."

Rédigé par Etienne Dorin le Jeudi 27 Mai 2021 à 18:28 | Lu 998 fois