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Battue par son compagnon, elle déclare : « c’est de ma faute »



PAPEETE, le 26 avril 2018 - L’individu jugé ce jeudi devant le tribunal correctionnel était poursuivi pour des violences volontaires aggravées commises sur sa compagne alors que le couple se trouvait devant la gendarmerie de Faa’a. A la barre, la victime a affirmé qu’elle était responsable de ce déchaînement de violence. En état de récidive légale, le prévenu a été condamné à six mois de prison avec sursis.

Comme l’a évoqué le président du tribunal, les faits jugés ce jeudi sont désormais « tristement habituels » pour quiconque a l’habitude d’assister aux audiences en correctionnelle. Un individu était poursuivi pour des violences commises sur sa compagne avec laquelle il est en couple depuis 5 ans. Le 10 novembre dernier, les forces de l’ordre avaient interpellé le prévenu alors qu’il était en train d’étrangler sa concubine devant la gendarmerie de Faa’a. La jeune femme, qui avait des difficultés pour respirer, présentait une hémorragie nasale, des ecchymoses et des traces de strangulation. Entendue, la victime avait indiqué que son compagnon avait passé la journée à boire. Puis il avait commencé à la frapper car elle ne voulait pas lui prêter son enceinte. Face aux gendarmes, le prévenu avait nié les violences, rejetant la faute sur sa concubine.






Retranchements

A la barre du tribunal ce jeudi, l’homme, venu avec sa compagne, essaie de maintenir sa version : « elle a crié pour me faire honte, elle le fait souvent. » Le président du tribunal l’interpelle : « Et les traces de coup ? », le prévenu s’entête : « elle est tombée toute seule. » Le juge insiste : « et les saignements ? » L’individu explique que sa compagne a « un sinus fragile. » La victime est appelée à la barre. Elle apporte une version différente que celle donnée le jour des faits : « c’est de ma faute. J’étais jalouse car il s’était assis à côté de l’une de mes cousines. » Revirement malheureusement fréquent des victimes de violences conjugales sur lequel le procureur de la République ne manque pas de rebondir : « cette jeune femme, sous emprise, n’est pas capable de prendre du recul. » Puis, le représentant du ministère public s’adresse au prévenu : « les hématomes, elle se les est faits toute seule ? et les traces de strangulation ? Que se passe-t-il Monsieur lorsque l’on arrête de respirer ? C’est le malaise ou le coma… Vous contestez l’incontestable ! » Il aura fallu toute la ténacité et la conviction du procureur pour que le prévenu, d’une voix à peine audible, reconnaisse enfin l’évidence : « oui, les coups, c’est moi. »

Le procureur de la République avait requis une peine mixte de 8 mois de prison dont 4 mois avec sursis. Le tribunal a finalement condamné le prévenu à six mois de prison avec sursis, obligations de soins, de formation et d’indemnisation.

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 26 Avril 2018 à 14:30 | Lu 1719 fois





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