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Bainimarama enfile les habits de dirigeant démocratique



Franck Bainimarama prête serment lundi, la Bible à la main, devant le Président de la République Ratu Epeli Nailatikau. (Source photo : ministère fidjien de l’information).   [102 Kb]
Franck Bainimarama prête serment lundi, la Bible à la main, devant le Président de la République Ratu Epeli Nailatikau. (Source photo : ministère fidjien de l’information). [102 Kb]
SUVA, lundi 22 septembre 2014 (Flash d’Océanie) – Fort d’une large victoire au terme des premières élections tenues à Fidji depuis son putsch de décembre 2006, l’ancien chef des armées, Franck Bainimarama, qui a dirigé les îles Fidji au cours des huit dernières années, a lundi prêté serment devant le Président de la République Ratu Epeli Nailatikau et en présence d’une importante délégation de diplomates étrangers.

Au cours de cette cérémonie, lundi en fin d’après-midi, dans la capitale fidjienne, la main droite sur la Bible, M. Bainimarama a fait la promesse solennelle d’allégeance à la République des îles Fidji, et notamment de se conformer à la Constitution et aux lois de l’archipel.
Étaient également présents, entre autres, les ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques des États-Unis et de la France.

Vidéo : la cérémonie de prestation de serment (ministère fidjien de l’information)
https://www.youtube.com/watch?v=Mp0Fbj-iZ1I&feature=youtu.be


Le processus de retour à la démocratie de Fidji devrait désormais se poursuivre avec la formation par M. Bainimarama d’un gouvernement, mais aussi la séance inaugurale du nouveau Parlement, composé de 50 sièges.
Aux termes de la nouvelle Constitution, promulguée en septembre 2013 par le Président de la république Ratu Epeli Nailatikau, un gouvernement doit être formé dans les 17 jours suivant les législatives.

Parmi les premiers pays voisins à féliciter le Premier ministre : la Nouvelle-Zélande, dont le chef de la diplomatie, Murray McCully, a lundi salué la prestation de serment de l’ex-homme fort de Suva.
« Nous avons beaucoup investi dans le retour de Fidji à la démocratie, en y apportant un soutien depuis le début (…) Fidji et la Nouvelle-Zélande ont une histoire faite de liens étroits et je me réjouis par avance de pouvoir poursuivre notre programme de réengagement avec le gouvernement du Premier ministre Bainimarama », a-t-il déclaré lundi.
La semaine dernière, Murray McCully s’était déjà fendu d’un communiqué dans lequel il applaudissait et se félicitait du « retour de Fidji aux urnes ».
« Ces élections sont un événement significatif, à la fois pour Fidji et pour la région Pacifique dans son ensemble », a-t-il estimé et annonçant par avance sa volonté de travailler avec le prochain gouvernement.

Lundi, plus tôt dans la journée, le bureau des élections confirmait les résultats officiels du scrutin du 17 septembre 2014 et une victoire écrasante (près de soixante pour cent des suffrages, 59,2 pour cent) pour le parti Fiji First de M. Bainimarama, qui sera représenté au Parlement à hauteur de 32 sièges sur 50.
La principale force d’opposition, le parti SODELPA dirigé par l’ancienne ministre Ro Temumu Kepa, n’aura, avec 28,3 pour cent des voix, que 15 sièges au sein de la nouvelle assemblée.
Plus loin derrière encore, d’anciens partis majeurs à Fidji, comme le National Federation Party (NFP) ne réussissent qu’à obtenir un peu plus de cinq pour cent des suffrages, soit trois députés au Parlement.

Le taux de participation officiel pour ces élections aura été près de 84 pour cent, a aussi indiqué le bureau électoral.

Le groupe international ‘observateurs, présent tout au long de ce scrutin, a pour sa part maintenu sa position selon laquelle ces élections ont été conduites dans un climat de « calme » et de « paix » exempt de toute malversation, intimidation ou violence notables.


Dès dimanche, Franck Bainimarama a revendiqué sa victoire lors des premières élections démocratiques tenues mercredi 17 septembre 2014 dans cet archipel depuis le coup d’État. L’homme fort de Suva, qui avait formé son parti il y a quelques semaines pour se lancer dans la course aux voix et se donner une légitimité démocratique, s’est exprimé pour la première fois dimanche à l’occasion d’un meeting rassemblant ses sympathisants, dans un grand stade de la capitale.
Le désormais Vice-amiral en retraite, au cours de son allocution censée remercier les supporters, a notamment insisté sur le fait qu’il se considérait comme le Premier ministre de « tous les Fidjiens ».
« Mes chers compatriotes, comme vous le savez, Fiji First a remporté ces élections générales et je conduirai donc le nouveau gouvernement pour servir la nation (…) Je suis profondément honoré et humble devant le fait que le peuple fidjien a placé sa confiance en moi pour les mener vers une nouvelle et véritable démocratie », a-t-il lancé à une foule de sympathisants venus pour une cérémonie de « remerciements ».
Dans un discours rassembleur, il a invité toutes les franges de la société fidjienne, « même ceux qui n’ont pas voté pour (lui) », à se joindre au mouvement d’unité nationale pour « tous ensemble, aller de l’avant (…) Le temps de clientélisme pour flatter les intérêts particuliers de certains groupes et élites sont révolus », a-t-il insisté.
« C’est une victoire pour tous les Fidjiens. C’est un moment dont l’histoire se souviendra comme étant celui d’une nation prenant son avenir à bras le corps », a-t-il poursuivi.

Il a aussi rendu un hommage appuyé aux forces armées qu’il a longtemps dirigées, en présentant ce retour à la démocratie comme le « legs » de l’armée.
« Je veux ici remercier les officiers et les soldats du rang des forces armées de la République des îles Fidji, qui se sont toujours tenus à mes côtés depuis les événements de 2000 (date d’un précédent putsch mené par un homme d’affaires, George Speight) et qui ont défendu l’idéal d’une vraie démocratie », a-t-il lancé.


Prochain déplacement à l’Assemblée Générale de l’ONU

Dans son discours, M. Bainimarama a aussi annoncé un prochain déplacement en tant que chef du gouvernement de son pays à l’Assemblée Générale des Nation-Unies, qui doit débuter, comme tous les ans, à cette époque de l’année.
« Là-bas, je pourrai dire au monde ce que nous venons tout juste d’accomplir à Fidji (…) Car j’avais promis à na nation fidjienne, mais aussi à la communauté internationale, que j’amènerais Fidji à la véritable démocratie de notre histoire. Et j’ai tenu parole. Mais ce n’est pas pour autant la fin du chemin. Ce n’est que le début », a-t-il ajouté.


Depuis New York, siège de l’ONU, le secrétaire général Ban Ki-moon a lui aussi réagi jeudi en « saluant le déroulement pacifique des élections législatives du 17 septembre aux îles Fidji et il a félicité le peuple de ce pays d'avoir exercé son droit de vote, conformément à la Constitution ».
« Tandis que les Fidji attendent les résultats définitifs, le Secrétaire général encourage tous les Fidjiens à continuer de maintenir un climat pacifique pendant tout le processus électoral et à régler tout différend par les procédures juridiques établies », a indiqué le porte-parole de M. Ban dans un communiqué de presse.
Selon l’ONU, les élections fidjiennes « marquent une étape importante pour la transition du pays vers la démocratie ».

Depuis la tenue de ces législatives, les réactions ont afflué de la part de la communauté internationale.

À Paris, le ministère français des affaires étrangères a salué « le bon déroulement des élections législatives du 17 septembre, qui marquent le retour du pays à la démocratie. »
La France « se tient prête à travailler avec les autorités nouvellement élues et à renforcer notre coopération bilatérale, notamment dans le domaine de l'intégration des collectivités françaises du Pacifique dans leur environnement régional », poursuit une déclaration du porte-parolat au Quai d’Orsay.

Depuis Bruxelles, l’Union Européenne, mercredi, saluait elle aussi, via son porte-parolat, la tenue de ces élections dans un climat « paisible ».
Bruxelles souligne aussi le fort taux de participation, « y compris chez les jeunes, qui pour beaucoup votaient pour la première fois. Les autorités électorales devraient maintenant administrer le processus électoral en toute transparence et ceci jusqu’à sa conclusion. L’Union Européenne s’engage à travailler étroitement avec le gouvernement élu en vue de soutenir la consolidation de la démocratie dans ce pays », ajoute l’UE.

De nombreux programmes d’aide au développement, dont ceux de l’Union Européenne, ont aussi été gelés, à l’exception de volets strictement humanitaires.


En Australie, la ministre des affaires étrangères Julie Bishop, dès jeudi, a elle aussi « félicité Fidji pour la tenue des élections du 17 septembre, les premières depuis 2006. Ce fut un jour historique pour le peuple de Fidji », a-t-elle estimé en confirmant que Canberra se réjouit de travailler avec le nouveau gouvernement fidjien « lorsqu’il sera formé ».

En fin de semaine dernière, d’autres pays et organisations internationales sont venues se joindre au concert d’applaudissements accueillant favorablement la tenue de ces élections dans un climat paisible.

Kamalesh Sharma, Secrétaire Général du Commonwealth, a parlé de « tournant » dans le processus de retour à la démocratie et de l’État de droit dans cet archipel, qui est exclu de l’organisation internationale depuis septembre 2009.
« Nous attendons maintenant les résultats officiels, mais nous sommes encouragés par la déclaration préliminaire du groupe d’observateurs internationaux », a ajouté M. Sharma.
Après le putsch de 2006, Fidji a été suspendu du Commonwealth (en septembre 2009) et du Forum des Îles du Pacifique (en mai 2009).

À Washington, le porte-parolat du Secrétaire d’État John Kerry a lui aussi réagi vendredi en « félicitant le peuple fidjien pour avoir mené ce vote historique ».
« Les États-Unis s’engagent à travailler avec le peuple de Fidji et son gouvernement élu, alors qu’ils œuvrent afin de renforcer les institutions démocratiques », souligne le département d’État.


Les enjeux géopolitiques

Ces élections, censées marquer le retour de Fidji dans le giron des démocraties, sont aussi perçues comme hautement stratégiques au plan des équilibres régionaux.
Elles devraient sceller le réchauffement entre Fidji, puissance incontournable dans la géopolitique régionale, et le bloc occidental.
Durant les années post-putsch, marquées par les sanctions imposées par les grands voisins occidentaux (Australie et Nouvelle-Zélande), Fidji a joué à fond la carte de la diversification géostratégique.
L’archipel, sous la férule de Franck Bainimarama, a multiplié les alliances et coopérations diplomatiques, économiques et militaires avec d’autres pays, à commencer par la Chine, très présente en Océanie, ou encore des pays comme l’Indonésie, Cuba ou la Russie.




Rédigé par PAD le Lundi 22 Septembre 2014 à 05:59 | Lu 304 fois




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