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Au CHPF, une unité pour accueillir les victimes


Tahiti, le 21 décembre 2021 – Le Pays et l'État ont signé mardi une convention portant sur la création d'une unité médico-judiciaire au CHPF. Chaque année, le ministère de la Justice versera 100 millions de Fcfp à l'hôpital qui devra, en contrepartie, assurer la prise en charge des victimes d'infractions pénales et des personnes placées en garde à vue. Cette unité permettra également de décharger les médecins de ville et de famille qui s'occupaient jusque-là de ces tâches.

Développer et améliorer l'accueil des victimes d'infractions pénales au sein de structures de proximité : Telle est la volonté de l'État et du Pays qui ont signé mardi à la présidence une convention portant sur la création d'une unité médico-judiciaire au Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF). Cette convention, qui a nécessité plusieurs mois de travail conjoint entre le ministère de la Justice et la Polynésie, prévoit que la chancellerie versera chaque année 100 millions de Fcfp au CHPF qui mettra à disposition des locaux fonctionnels et les moyens humains nécessaires.

Cette nouvelle unité médico-judiciaire va permettre de centraliser la prise en charge des victimes d'infractions pénales et d'affiner la détermination de l'incapacité totale de travail et la constatation des lésions et traumatismes. La prise en charge de ces victimes sera effectuée dans les meilleurs délais possibles dans le but, notamment, de réduire le temps d'attente des escortes de la police et de la gendarmerie. Jusqu'à ce jour, ce sont les médecins de ville et de famille qui effectuaient les examens médico-légaux des victimes d'infractions mais également des personnes placées en garde à vue.
 
“Une somme très importante”
 
Tel que l'a expliqué le procureur général, Thomas Pison, lors de la signature de la convention mardi, il s'agit, pour le Pays et l'État, d'un pacte “donnant donnant” : “Le ministère de la Justice a souhaité renforcer le maillage territorial de la médecine légale en mettant en place une structure pour examiner les victimes d'infractions pénales. Nous avons souhaité réorganiser le système avec cette unité médico-judiciaire de proximité qui sera basée au CHPF. En contrepartie du versement annuel de 100 millions de Fcfp –une somme très importante– le CHPF devra mettre de nouveaux moyens en place en matière de ressources humaines et de matériel. C'est donnant donnant. Le CHPF bénéfice de cette subvention et en contrepartie, il met des médecins et sa structure à disposition de la justice. L'intérêt de tout cela est d'avoir des certificats plus précis, de décharger les médecins de ville et de famille qui faisaient ces certificats jusqu'à présent et de recentrer ces fonctions sur un pôle d'excellence qui est le CHPF.”

Egalement présent pour signer cette convention, le ministre de la Santé, Jacques Raynal, a rappelé l'importance de l'évaluation médicales des blessures quant aux décisions de justice : “Il est évident que l'amélioration de la définition des lésions ou des blessures peut rendre plus juste les décisions de justice qui peuvent être la suite de plaintes pour coups et blessures ou pour des viols. Cette convention vient renforcer la capacité de rédaction des certificats de violences physiques.”

L'unité médico-judiciaire de proximité du CHPF sera active dès début 2022.

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 21 Décembre 2021 à 17:04 | Lu 1286 fois