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Attention travaux! L'air toxique, un ennemi invisible, difficile à combattre



PARIS, 8 novembre 2013 (AFP) - Maux de têtes, rhinites, allergies, nausées, voire problèmes neurologiques : l'air respiré dans un bâtiment neuf ou fraîchement rénové peut être toxique et contenir des ennemis invisibles, un problème particulièrement aigu pour les enfants, et extrêmement difficile à détecter.

"Nous sommes des détectives privés, de vrais Sherlock Holmes ! Lorsque la pollution de l'air rend les gens malades, il faut démontrer d'où elle provient. Et souvent c'est la galère, car il y a de multiples facteurs, et les identifier peut prendre... jusqu'à deux ou trois ans !", dit le Dr Suzanne Deoux, auteur du "Guide de l'habitat sain" et de "Bâtir pour la santé des enfants" (éditions Medieco).

En 1986, ce médecin a cofondé la société de conseil et formation en stratégies de santé dans le bâtiment Medieco, dont le travail pionnier a été mis en avant dans le cadre du salon Bâtimat, cette semaine à Villepinte.

Nombre de composés chimiques invisibles, présents dans les environnements intérieurs, ont des effets néfastes sur la santé : ainsi, les composés organiques volatils (COV) qui entrent dans la fabrication de peintures, vernis, colles, moquettes ou carrelages, irritent la peau, les muqueuses et le système pulmonaire, et provoquent nausées et maux de tête.

L'un des plus dangereux, le formaldéhyde (présent dans des contreplaqués, des mousses isolantes, des laques ou des résines), est classé "cancérogène certain chez l'homme" par le Centre international de recherche sur le cancer.

Or, les enfants, qui dans les pays industrialisés passent 80% de leur temps dans des espaces clos, sont particulièrement vulnérables : leurs alvéoles pulmonaires - et donc leur capacité respiratoire - en plein développement, atteindront leur taille définitive (environ 75 m2 de surface), à 7 ans.

L'enfant absorbe deux fois plus de polluants

"Entre zéro et deux ans, il est très important que les enfants n'inhalent pas de composés chimiques de manière répétée. D'autant que l'enfant absorbe deux fois plus de polluants qu'un adulte, car il a besoin de deux fois plus d'oxygène", souligne Mme Deoux.

Du coup "crèches et écoles maternelles sont les bâtiments qui vont impacter le plus la croissance des poumons des enfants : ils méritent toute notre attention", dit-elle.

La loi Grenelle 2, en juillet 2010, a marqué un pas important en rendant obligatoire en France - une première à l'échelle européenne - la surveillance de la qualité de l'air dans les établissements recevant du public sensible : d'ici le 1er janvier 2015 dans les crèches et écoles maternelles, le 1er janvier 2018 pour les écoles élémentaires et le 1er janvier 2020 pour les établissements de loisirs et ceux du secondaire. Elle devra être réalisée tous les 7 ans, et tous les 2 ans en cas de dépassement des seuils limites.

Mais seules trois substances jugées "prioritaires" vont être mesurées : le formaldéhyde, le benzène et le dioxyde de carbone. Or des études menées par l'Observatoire de la qualité de l'air ont révélé nombre de substances chimiques dans l'air de salles de classes, parfois provenant des fournitures scolaires (peinture acrylique, encre de chine, gouache, feutres effaçables...).

Et parmi les professionnels du bâtiment et les collectivités locales, certains ont dès la conception des bâtiments, le souci de réduire au maximum les émissions chimiques des matériaux utilisés.

Ouverte en mai 2009 à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), la crèche Confetti, lauréate du 3e Trophée Bâtiment et Santé 2012 est l'un de ces bâtiments.

"Nous avons été très attentifs à la ventilation et au choix de matériaux éco-labellisés. Seul problème : des collègues n'ont pas été vigilants en achetant le mobilier, qui a provoqué un pic de formaldéhyde, renforcé par l'ensoleillement", a rapporté Jean-François Bardin, responsable du projet.

De fait, des "erreurs de chantiers" sont à l'origine de nombreux problèmes, rapporte Mme Deoux. Dans un collège fraîchement rénové - dont elle souhaite préserver l'anonymat, la justice étant saisie de l'affaire -, les enfants et le personnel ont souffert pendant trois ans, de problèmes de santé en cascade : "maux de têtes, malaises, vertiges et quelques symptômes neurologiques assez graves".

Après des mois de recherches infructueuses, le découpage d'un morceau du sol a révélé que la pollution de l'air provenait d'un "produit d'étanchéité prévu pour la toiture", posé par une entreprise sous-traitante... sous le carrelage.

Salée (258.000 euros), la facture de retrait du carrelage sera-t-elle réglée par le fabricant (faute d'avoir indiqué "produit réservé à l'extérieur"), l'artisan (qui n'a pas respecté le cahier des charges), ou par la collectivité ?.. la justice devra trancher.

ref/cb/fpo/phc

Rédigé par Par Rebecca FRASQUET le Vendredi 8 Novembre 2013 à 06:13 | Lu 350 fois




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