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Aremiti prêt à revoir l'appel d'offres des navettes scolaires


Moorea, le 28 août 2022 - Non satisfaits des réponses données par la ministre de l’Éducation sur la problématique de la desserte scolaire Tahiti-Moorea, les parents d’élèves de l’île sœur ont rencontré les députés Moetai Brotherson et Tematai Legayic samedi à Haapiti pour évoquer la situation. Si ces derniers estiment qu’un appel d’offres complémentaire pourrait remédier au problème, Aremiti, assure être prêt à ce qu’une nouvelle consultation soit lancée.  De leur côté les députés prévoient de rencontrer la société Vaeara’i et la ministre dans les prochains jours pour lui proposer de “faire un appel d’offres complémentaire avec la possibilité de réintégrer Terevau dans le système de transport scolaire”.

Après l'intervention de la ministre de l’Éducation Christelle Lehartel, déterminée à respecter l’appel d’offres conclu avec les sociétés Vaeara’i et Aremiti, les parents d’élèves, ceux notamment dont les enfants doivent faire la navette quotidienne à bord du Vaeara’i, ont manifesté, une fois de plus leur mécontentement. Ils refusent que leurs enfants supportent durant les trois prochaines années les conséquences d’une inadéquation entre les horaires du navire et les emplois du temps des lycéens, qui selon eux, va conduire à l’échec scolaire. Pourtant, les parents ont bien fait part de leurs doléances, le 13 août dernier, aux représentants de la Direction générale de l’éducation et des enseignements (DGEE) pour que ceux-ci puissent les soumettre à la ministre. Si cette dernière s’est bien entretenue avec les sociétés maritimes le 17 août dernier pour “trouver des solutions”, les réponses apportées ne font visiblement pas l’unanimité à Moorea.

Aremiti prêt à revoir l’appel d’offres

Les parents mécontents se sont ouverts aux députés Moetai Botherson et Tematai Legayic, lors d’une réunion organisée samedi à la mairie de Haapiti. “J’attendais un retour formel et explicite des solutions qui pourraient être apportées à cette problématique. Je n’ai eu à ce jour aucune information claire et précise. Madame la ministre nous parle d’appel d’offres et de lycée de Moorea. Elle demande aux armateurs de trouver des solutions. C’est quand même une personne qui a le pouvoir d’agir”, a déploré Lorna Puairau, parent d’élève.

Mais la solution a surtout émané de la société Aremiti au travers d’une des responsables Manu Paquier, présente à cette réunion. Elle a rappelé que leurs deux navires Aremiti 6 et Aremiti Ferry 2, avaient une capacité d’accueil de près de 1 500 passagers à raison de onze rotations journalières. ”Nous avons réajusté nos horaires à chaque fois en fonction de la demande et des besoins des habitants de Moorea et des élèves. Cela fait 30 ans que nous répondons aux appels d’offres de marchés publics de la DGEE”, a rappelé Manu Paquier. “Nous avons beaucoup travaillé avec les transports terrestres afin de permettre aux navires de partir à l’heure et d’arriver à l’heure, car nous nous inquiétons également du ramassage des élèves (…). Aujourd’hui je suis là (…) parce que nous nous inquiétons pour ces élèves depuis la rentrée. Cette année, c’est vraiment spécial. C’est la première fois qu’il y a autant de remue-ménage. Ce que nous comprenons.

Manu Paquier a rappelé qu’ils ont remporté le lot numéro 1 qui concerne notamment les étudiants de la zone urbaine. Et Vaeara’i les deux autres lots, soit ceux scolarisés en dehors de la zone urbaine et celui des 170 élèves inscrits en internat. Elle a ensuite assuré aux parents présents ce samedi que “nous n’allons pas faire un recours s’il faut refaire un marché public. On comprend que là on ne peut plus parler business (…). Donc ce que nous avons proposé, c’est que nous pensons que les attributions des lots pourraient être répartis. Terevau aurait pu avoir la zone urbaine puisque c’est l’horaire qui correspond le mieux aux attentes des élèves et Vaeara’i bénéficier des hebdomadaires. On a compris que tous préfèrent prendre les navettes rapide”.

Horaires inadaptés

Pour rappel, la société Aremiti s’est vu attribuer pour les trois prochaines années, suite à l’appel d’offres lancé par le ministère de l’Éducation, le marché du transport des élèves inscrits dans des établissements scolaires de Papeete. Le Vaeara’i est, de son côté, en charge du transport des lycéens scolarisés en dehors de la zone urbaine ainsi que celui des 170 élèves inscrits en internat. Mais cette nouvelle organisation est jugée imparfaite par les parents, alors que la société Terevau proposait des “horaires adaptés” aux lycéens de l’île sœur durant les années précédentes. Invité à se prononcer, Moetai Brotherson a donné son point de vue sur la situation : “Pour moi, il y a deux solutions. La première est que la ministre de l’Éducation dénonce l’appel d’offres. Cela va être une bataille d’avocats. Cela me parait toutefois irréaliste puisque les dommages payés à Vaera’i coûteront cher à la collectivité et qu’il va y avoir une période de suspension durant laquelle les parents vont devoir se débrouiller seul. La deuxième solution est de discuter avec la ministre pour faire un appel d’offres complémentaire avec la possibilité de réintégrer Terevau dans le système de transport scolaire et la possibilité d’incorporer la carte Multi-Pass (La mise en place de cette carte avait été proposée par les parents aux représentants de la DGEE)”, a-t-il expliqué.

Tematai Legayic estime pour sa part que le ministère de l’Éducation aurait dû être plus vigilant. “Je ne comprends pas pourquoi le ministère, en voyant que le critère des horaires des deux navettes ne correspondait pas aux besoins des élèves, n’a pas rendu le marché infructueux ou négocié pour que les horaires soient aménagés en fonction des critères de l’appel d’offres.”. L’une des solutions à considérer serait aussi, selon le jeune député, de transformer une partie des classes des établissements scolaires en internat dans les établissements qui ont une grande capacité d’accueil. Mais il ignore si le budget nécessaire du côté du ministère de l’éducation le permettrait. À l’issue de la réunion, les deux députés ont affirmé qu’ils allaient rencontrer la direction de la société Vaera’i ainsi que le ministère de l’Éducation afin d’évoquer cette problématique. Ils ont aussi invité les parents à faire un recensement des élèves qui subissent les conséquences de cette situation et de préparer une pétition afin de faire peser leurs arguments auprès des armateurs et des autorités.
 

Rédigé par Toatane Rurua et Vaite Urarii Pambrun le Dimanche 28 Août 2022 à 14:14 | Lu 1576 fois