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Amende requise pour un homicide involontaire à Rangiroa



Après l’étude des ordinateurs de la victime et du guide de la palanquée, l’expert a estimé que la version avancée par le prévenu était matériellement incompatible.
Après l’étude des ordinateurs de la victime et du guide de la palanquée, l’expert a estimé que la version avancée par le prévenu était matériellement incompatible.
Un individu de 48 ans comparaissait ce mardi devant le tribunal correctionnel pour répondre du chef d’homicide involontaire. En 2010, à Rangiroa, alors qu’il était guide de palanquée, une mère de famille avait trouvé la mort en se noyant après avoir perdu connaissance. Le délibéré sera rendu le 12 décembre.

Les faits dramatiques qui étaient jugés ce mardi devant le tribunal correctionnel remontent au 12 août 2010. Ce jour-là, un groupe de 3 plongeurs, un couple et le prévenu qui est également guide de la palanquée, sort dans la passe de Tiputa. Ils sont soudainement surpris par un fort courant sortant et se retrouvent en plein milieu d’un mascaret, chahutés dans de violents tourbillons. Le guide et la femme restent ensemble alors que l’autre homme disparaît de leur champ de vision. Les deux individus décident, dans un premier temps, de remonter à la surface puis de redescendre pour effectuer les paliers obligatoires. Le responsable du groupe décide de regagner la côte et propose à la femme de le suivre dans le canyon ou bien de rester sur place. La victime tente de le suivre et heurte probablement des parois coralliennes avant de se noyer. Son corps est retrouvé inanimé sur le rivage, son visage porte des traces de blessures. Son mari, qui a réussi à remonter à la surface, est retrouvé sur la plage, sain et sauf. Le couple a deux enfants qui sont également présents lors de ce séjour familial et touristique.

Infraction caractérisée

Après l’étude des ordinateurs de la victime et du guide de la palanquée, l’expert estime que la version avancée par le prévenu était matériellement incompatible. Le spécialiste indique que les décisions prises par le responsable du groupe sont la « cause directe » du décès de la mère de famille car il a pris une « décision inappropriée » et qu’il aurait dû, « tel que l’indique le bon sens », remonter à la surface et s’éloigner du récif en attendant qu’un bateau vienne les chercher.

Ce mardi, lors de sa comparution, le prévenu, un ingénieur célibataire, a affirmé vouloir « assumer tous les choix faits et les décisions prises. » Pour sa défense, l’homme a indiqué que l’analyse de l’ordinateur de la victime n’était pas recevable et qu’il avait décidé de replonger car il pensait que le mari de la victime était en danger. Ce dernier, qui a quitté la métropole pour assister à l’audience, semblait encore très douloureusement marqué.

C’est sur la pertinence du choix du prévenu le jour des faits que le tribunal s’est interrogé ce mardi. Alors que le président du tribunal lui demandait : « finalement, ne l’avez-vous pas entraînée dans quelque chose de trop difficile pour elle ? », le prévenu a répondu : « J’ai été très clair avec elle, je lui ai dit que cela serait sportif. »

Lors de sa plaidoirie, l’avocat des parties civiles a insisté sur les sept années de procédure : « je regrette que l’instruction ait duré autant d’années, cela a été très douloureux pour la famille (…) La passe de Rangiroa, c’est comme la pratique de haute montagne et l’on prend forcément un guide qui a le devoir de nous encadrer. Et ce dernier a forme d’autorité naturelle (…) C’est un homme qui semble mesuré, intelligent et le choix qu’il a fait est la preuve qu’il a complètement paniqué.»

Lors de ses réquisitions, le procureur de la République a invoqué un dysfonctionnement : « les éléments du dossier indiquent que le prévenu était bien le guide de la palanquée et qu’il devait assurer la sécurité du groupe (…) Il y a un manquement quant à l’obligation de sécurité. Abandonner quelqu’un dans un mascaret n’est pas un acte responsable. C’est une faute importante même si cela reste, bien sûr, un homicide involontaire. » Le représentant du ministère public a requis une peine de deux millions de Fcfp.

Reprenant les propos de son client, l’avocat de la défense a plaidé que son client n’avait violé aucun règlement et qu’il n’existait pas de faute caractérisée.

Le délibéré sera rendu le 12 décembre.

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 5 Décembre 2017 à 17:48 | Lu 1811 fois





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