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Aides Covid : ​23 milliards de solidarité nationale en 2021


Le haut-commissaire Dominique Sorain, mardi, lors de la conférence de presse organisée pour faire le bilan des dépenses faites en 2021 par l’État en Polynésie française.
Le haut-commissaire Dominique Sorain, mardi, lors de la conférence de presse organisée pour faire le bilan des dépenses faites en 2021 par l’État en Polynésie française.
Tahiti, le 2 mars 2022 - Avec un total constaté de 214 milliards de Fcfp, les dépenses de l’État en Polynésie française sont en augmentation de 14 milliards de Fcfp en 2021 et de près de 23 milliards de Fcfp par rapport à la moyenne annuelle observée depuis 2015, a indiqué mardi le haut-commissariat en pointant l’effort fait par l’État au titre de la solidarité nationale face à la crise Covid, l'année dernière.
 
En 2021, l’État a engagé 214 milliards de Fcfp en Polynésie française, soit une dépense en augmentation de 7% par rapport à 2020, a indiqué le haut-commissariat mardi lors d’une conférence de presse. Souligné d’emblée, le seul chapitre des dépenses faites par l’État au titre de l’appui financier aux “compétences de la Polynésie française” totalise l’année dernière 117,9 milliards de Fcfp, en relative stabilité. Il s’agit de 52% des dépenses engagées en 2021, avec notamment 65,5 milliards de Fcfp pour l’éducation, 10,8 milliards au titre de la Dotation globale d’autonomie, 5,4 milliards pour le 3e instrument financier, 3,6 milliards pour le RSMA ou encore 2,2 milliards dans le cadre des contrats de projets et de développement.

Depuis 2015, l’État comptabilise annuellement autour de 191 milliards de Fcfp de transferts financiers dans la collectivité, au travers des investissements structurants financés en partenariat avec le Pays, de l’aide apportée aux communes, du dispositif de défiscalisation ou de la rémunération des 5 000 fonctionnaires déployés en Polynésie pour l’exercice de ses compétences : Fonctionnaires de la justice, de la police, de la gendarmerie, des forces armées et de l’enseignement supérieur, en plus des 5 500  agents des 1er et 2nd degrés de l’enseignement public et privé.
 
Soutiens de crise
 
En 2021, ce socle de 191 milliards de Fcfp est maintenu. Le bond de 22,9 milliards de Fcfp des engagements financiers de l’État en Polynésie est lié aux aides versées pour faire face à la crise Covid. “C’est important d’en parler. Il faut qu’il y ait une transparence sur les engagements de l’État et leur suivi. (…) Notamment en période de crise”, a insisté Dominique Sorain mardi lors de ce rendez-vous annuel consacré au soutien financier apporté à la Polynésie française. “On a pu entendre dire, à certains moments, que l’État n’était pas présent. (…) On voit que ce n’est pas le cas”, a insisté le haut-commissaire. Mis en avant : l’effort financier accordé au titre de la solidarité nationale. Le Fonds de solidarité (FSE) mis en place pendant la crise sanitaire en 2020 pour soutenir les entreprises en difficulté, a représenté l’année dernière 20,6 milliards d’aides aux entreprises polynésiennes, contre 6,7 milliards en 2020. “C’est tout sauf anecdotique”, devait poursuivre Dominique Sorain. “C’est même massif comme intervention. Et je pense que ça a été très efficace pour maintenir un niveau d’activité ici”.

Selon le bilan communiqué par le haut-commissariat, le dispositif a bénéficié à “plus de 80% des demandes déposées” pour “plus de 70% des montants sollicités”, principalement en faveur d’entreprises du secteur du tourisme (40%), de l’hébergement et de la restauration (24%), de la pêche et aquaculture (16%), du transport aérien (6%), du commerce de détail (5%), ou dans le domaine des activités sportives et récréatives. Parallèlement aux 20,6 milliards de Fcfp d’aides au titre du FSE, un total de 1,1 milliard de Fcfp a en outre été accordé l’année dernière au titre du plan France relance dans les domaines de l’industrie ou de la culture. Enfin, l’État constate 1,2 milliard de Fcfp de dépenses en 2021 pour son appui logistique et sanitaire à la Polynésie durant à la pandémie : fourniture de 500 000 doses de vaccin, évasans, matériel médical, acheminement et hébergement en Polynésie de renforts en soignants, etc. En 2020, l’État avait engagé 7,6 milliards de Fcfp dans l’économie polynésienne au titre des diverses aides Covid, en plus de 192,4 milliards de Fcfp de dépenses faites dans la collectivité cette année-là.
 
Engagements vs dépenses nettes
 
Reste que si l’État déclare avoir engagé pour 214 milliards de Fcfp de financements en Polynésie française en 2021, on sait que ce chiffre doit être relativisé. Pour près d’un quart, ces moyens financiers ne sont en effet qu’un jeu d’écritures comptables et ne bénéficient pas à l’économie locale. Ainsi, en 2020 l’État constatait 200 milliards d’engagement financiers au “bénéfice des compétences de la Polynésie française, des communes et des entreprises”. Mais la réalité des versements publics nets constatés cette année-là par l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) étaient de 25% inférieure, avec un solde de 151 milliards de Fcfp une fois déduits les flux sortants, notamment les rémunérations des fonctionnaires et fournisseurs de l'État payés en métropole ou encore les cotisations salariales et patronales à la Sécurité sociale de certains fonctionnaires d'État en poste au fenua.

Cela étant, l’IEOM mesurait en 2020 des dépenses nettes de l’État en augmentation de 6% par rapport à 2019, pour un apport financier global qui avait pesé pour “près de 25%” du PIB de la collectivité, selon l’Institut, contre 22% l’année précédente. Essentiellement liée aux aides accordées par l’État à la Polynésie française pour faire face à la crise Covid, cette augmentation des dépenses nettes de l’État s’est donc poursuivie en 2021 avec le renforcement des aides versées au titre de la solidarité nationale. Avec l’arrêt de ces aides financières, 2022 annonce le retour à un rythme normal des transferts financiers entre la métropole et la Polynésie française. C’est-à-dire autour de 191 milliards de Fcfp ou de 150 milliards, selon que l’on considère les engagements ou les dépenses nettes injectées dans l’économie du Pays.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Mardi 1 Mars 2022 à 18:57 | Lu 954 fois