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A Tahiti, le développement de l'énergie solaire a-t-il atteint ses limites ?


A Bora Bora, sur le motu Ome'e, l'hôtel Saint-Régis a obtenu en mai 2014 l'autorisation d'installer une centrale solaire photovoltaïque de 130 kWc, mais un an plus tard le même hôtel via la société Eco Energy n'a pas été autorisé à mettre en place une nouvelle génération de centrale solaire d'une capacité de production près de huit fois supérieure.
A Bora Bora, sur le motu Ome'e, l'hôtel Saint-Régis a obtenu en mai 2014 l'autorisation d'installer une centrale solaire photovoltaïque de 130 kWc, mais un an plus tard le même hôtel via la société Eco Energy n'a pas été autorisé à mettre en place une nouvelle génération de centrale solaire d'une capacité de production près de huit fois supérieure.
PAPEETE, 29 septembre 2015 - Pour désengager la dépendance du Pays à l'énergie fossile et aux centrales thermiques, l'une des pistes les plus avancée est la construction de nouvelles unités hydroélectriques. Quant aux grandes centrales photovoltaïques, elles se heurteraient, à Tahiti, à des difficultés techniques. Ainsi, le supermarché Carrefour d'Arue qui voulait équiper son toit de panneaux solaires n'a pas pu le faire.

En juin dernier, la société Eco Energy s'est vu refuser par le Pays l'installation d'un générateur solaire de 817 kWc sur le toit du magasin Carrefour d'Arue après un avis défavorable de la commission de l'énergie. "EDT en tant que gestionnaire de réseau avait pourtant validé la faisabilité technique du projet via une étude de raccordement" nous indique Eco Energy. Pour cette société qui a été à la pointe de l'énergie solaire et exploite notamment les centrales photovoltaïques des autres magasins Carrefour, c'est un coup dur. "La vocation première de la société Eco Energy est la maîtrise de la consommation énergétique, ainsi que la production d’énergie à partir d’énergies renouvelables, pour les besoins des sociétés de Louis Wane. La plupart de nos sociétés sont de gros consommateurs d’énergie électrique : hypermarchés, supermarchés et grossistes alimentaires avec des chambres froides et de la climatisation ainsi que les hôtels qui ont d’importants besoins en climatisation, éclairage et pompage. Le poste énergie représente une part importante des charges de fonctionnement de nos sociétés et il est crucial de maîtriser au mieux ces coûts" nous explique un responsable.

Pour Eco Energy, le soleil "une énergie fiable et durable" s’adapte parfaitement aux activités du groupe Wane, "forte consommation de jour, grande surface de toiture non valorisée, production locale. Les centrales photovoltaïques sont raccordées au réseau privé des sites et 85% de l’énergie produite est directement consommée, seuls les excédents représentant moins de 15 % sont injectés sur le réseau publics et vendus à EDT".

Le refus reçu en juin dernier n'a pas été compris au moment même où le gouvernement local affiche vouloir réduire la dépendance du Pays aux énergies fossiles. Selon Nuihau Laurey, il s'explique pourtant par des raisons techniques. "J'ai entendu parler d'un gros dossier qui a fait l'objet d'un avis défavorable de la commission de l'énergie parce que cette installation venait altérer la stabilité du réseau. On est quand même dans une petite île et au-delà de 30% de production d'énergie aléatoire sur le réseau, celui-ci peut être déstabilisé. Ça ce sont les techniciens qui le disent partout dans le monde. A ce jour, nous avons atteint 24 mega watt de puissance photovoltaïque installée sur Tahiti, on a multiplié quasiment par vingt en moins de dix ans cette capacité. On arrive aux limites". Le ministre des énergies reconnait que le réseau devra être modernisé sans préciser pour l'instant qui financera les nouveaux investissements à réaliser. Les producteurs photovoltaïques qui "sont à l'origine de cette nécessité" de revoir les capacités techniques du réseau pour absorber cette arrivée d'électricité sur les équipements existants, seront-ils appelés à mettre la main à la poche ?


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A Bora Bora une centrale photovoltaïque de nouvelle génération ?

A Bora Bora, sur le motu Ome'e, l'hôtel Saint-Régis a obtenu en mai 2014 l'autorisation d'installer une centrale solaire photovoltaïque de 130 kWc en toiture des bâtiments de logement du personnel de l'hôtel. Un an plus tard, Eco Energy demande cette fois de créer une centrale photovoltaïque de 830 kWc intégrant un système de stockage permettant de lisser la production photovoltaïque et d’éviter de déstabiliser le réseau. Une centrale pionnière, mais dont le projet est refusé. "Le projet est suspendu du fait de l’absence de règles concernant le dimensionnement et le rôle du stockage. Ces règles doivent être définies par le Pays, organe régulateur du système énergétique polynésien" précise un responsable de la société Eco Energy. En jeu cette fois, le coût des batteries. "La capacité de stockage doit pouvoir être dimensionnée dans une juste mesure sans quoi le projet perde toute viabilité économique".


Rédigé par Mireille Loubet le Mardi 29 Septembre 2015 à 08:38 | Lu 4670 fois