Nouméa, France | AFP | samedi 19/07/2025 - "Notre avenir à tous en dépend": les cadres du parti non-indépendantiste modéré Calédonie ensemble ont défendu samedi lors d'une réunion publique à Nouméa la signature une semaine plus tôt à Bougival, en région parisienne, du projet d'accord "historique" sur la Nouvelle-Calédonie.
Le texte de compromis prévoyant un futur "Etat de la Nouvelle-Calédonie" inscrit dans la Constitution française a été signé le 12 juillet après dix jours de discussions sur l'avenir institutionnel de ce territoire du Pacifique sud, où il est loin de faire consensus.
De retour dans l'archipel, c'est devant un public acquis à leur cause, dans un amphithéâtre de 250 places quasi-plein de l'université de Nouméa, que les deux signataires de Calédonie ensemble ont détaillé par le menu le contenu du texte appelé à être formellement validé en août.
Pendant près de deux heures, les diapositives d'un Powerpoint richement illustré défilent sur un écran géant, commentés par Philippe Dunoyer et Philippe Gomès, fondateur et leader du parti. Tout l'état-major est réuni au milieu d'une foule avide des explications, anecdotes et analyses des deux orateurs.
"Ce qu'on a signé, c'est notre truc à nous", se félicite Philippe Gomès. Une phrase à double sens car le projet d'accord de Bougival est, selon les spécialistes, une sorte d'ovni juridique, mais il est aussi très proche des idées du parti. "80% de ce compromis est ce que l'on défend de longue date", insiste le fondateur de Calédonie ensemble.
Après la revue de détail, de nombreuses mains se lèvent dans la salle. Sylvie, une résidente de Magenta Tours, un quartier populaire de Nouméa particulièrement marqué par les violences de mai 2024, prend la parole. Elle ne souhaite pas poser de question, simplement remercier les responsables du parti. "Là, aujourd'hui, j'ai compris pas mal de choses."
Evelyne Lèques, ancienne élue du parti et veuve de l'ancien maire de Nouméa, se dit "très optimiste sur ce qui va se passer". Elle rapporte avec malice l'anecdote de loyalistes radicaux qui lui auraient dit: "Bon, ton Gomès, il avait raison".
- Incertitudes -
Sous les salves régulières d'applaudissements du public, les deux cadres du parti analysent les équilibres du projet d'accord sans cacher les risques d'un maintien de la bipolarisation de la vie politique ou encore les possibilités de sortie d'un statut pourtant qualifié de définitif. Ils battent en brèche l'idée selon laquelle la Nouvelle-Calédonie ne sera jamais indépendante. "C'est faux !", affirment les signataires qui rappellent que le droit à l'autodétermination demeure.
Avant de penser aux éléments de souveraineté, le parti insiste sur l'importance des prochaines élections provinciales qui devraient être repoussées à mai-juin 2026. "La future Constitution en dépendra", souligne Philippe Gomès.
Reste une incertitude de taille pour le leader du parti. Condamné le 1er juillet en première instance pour détournement de fonds, il est dans l'attente de la notification de l'exécution provisoire de son inéligibilité par le Haut-commissaire, le représentant de l'Etat en Nouvelle-Calédonie. Les Loyalistes avaient d'ailleurs demandé à ce qu'il ne puisse pas participer aux négociations en raison de sa condamnation.
Mais Calédonie ensemble s'inquiète aussi de la possibilité de l'échec de ce nouveau projet d'accord. Si les indépendantistes modérés du Palika réunis en congrès samedi après-midi ont validé le principe de la signature de l'accord définitif en l'état, les représentants du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) sont plus réservés et doivent faire face à la colère de nombreux militants.
"Nous avons signé un projet, pas un accord définitif", a affirmé vendredi le député Emmanuel Tjibaou, chef de la délégation du FLNKS à Bougival et président de l'Union calédonienne (UC), évoquant lors d'une première prise de parole publique "une étape dans le processus (...) qui nous amène vers la souveraineté".
Le projet d'accord sera soumis mardi au bureau politique du FLNKS. Un rendez-vous incertain qui fait dire à Philippe Dunoyer que "si l'on perd l'UC-FLNKS, c'est tout l'accord qui tombe".
Le texte de compromis prévoyant un futur "Etat de la Nouvelle-Calédonie" inscrit dans la Constitution française a été signé le 12 juillet après dix jours de discussions sur l'avenir institutionnel de ce territoire du Pacifique sud, où il est loin de faire consensus.
De retour dans l'archipel, c'est devant un public acquis à leur cause, dans un amphithéâtre de 250 places quasi-plein de l'université de Nouméa, que les deux signataires de Calédonie ensemble ont détaillé par le menu le contenu du texte appelé à être formellement validé en août.
Pendant près de deux heures, les diapositives d'un Powerpoint richement illustré défilent sur un écran géant, commentés par Philippe Dunoyer et Philippe Gomès, fondateur et leader du parti. Tout l'état-major est réuni au milieu d'une foule avide des explications, anecdotes et analyses des deux orateurs.
"Ce qu'on a signé, c'est notre truc à nous", se félicite Philippe Gomès. Une phrase à double sens car le projet d'accord de Bougival est, selon les spécialistes, une sorte d'ovni juridique, mais il est aussi très proche des idées du parti. "80% de ce compromis est ce que l'on défend de longue date", insiste le fondateur de Calédonie ensemble.
Après la revue de détail, de nombreuses mains se lèvent dans la salle. Sylvie, une résidente de Magenta Tours, un quartier populaire de Nouméa particulièrement marqué par les violences de mai 2024, prend la parole. Elle ne souhaite pas poser de question, simplement remercier les responsables du parti. "Là, aujourd'hui, j'ai compris pas mal de choses."
Evelyne Lèques, ancienne élue du parti et veuve de l'ancien maire de Nouméa, se dit "très optimiste sur ce qui va se passer". Elle rapporte avec malice l'anecdote de loyalistes radicaux qui lui auraient dit: "Bon, ton Gomès, il avait raison".
- Incertitudes -
Sous les salves régulières d'applaudissements du public, les deux cadres du parti analysent les équilibres du projet d'accord sans cacher les risques d'un maintien de la bipolarisation de la vie politique ou encore les possibilités de sortie d'un statut pourtant qualifié de définitif. Ils battent en brèche l'idée selon laquelle la Nouvelle-Calédonie ne sera jamais indépendante. "C'est faux !", affirment les signataires qui rappellent que le droit à l'autodétermination demeure.
Avant de penser aux éléments de souveraineté, le parti insiste sur l'importance des prochaines élections provinciales qui devraient être repoussées à mai-juin 2026. "La future Constitution en dépendra", souligne Philippe Gomès.
Reste une incertitude de taille pour le leader du parti. Condamné le 1er juillet en première instance pour détournement de fonds, il est dans l'attente de la notification de l'exécution provisoire de son inéligibilité par le Haut-commissaire, le représentant de l'Etat en Nouvelle-Calédonie. Les Loyalistes avaient d'ailleurs demandé à ce qu'il ne puisse pas participer aux négociations en raison de sa condamnation.
Mais Calédonie ensemble s'inquiète aussi de la possibilité de l'échec de ce nouveau projet d'accord. Si les indépendantistes modérés du Palika réunis en congrès samedi après-midi ont validé le principe de la signature de l'accord définitif en l'état, les représentants du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) sont plus réservés et doivent faire face à la colère de nombreux militants.
"Nous avons signé un projet, pas un accord définitif", a affirmé vendredi le député Emmanuel Tjibaou, chef de la délégation du FLNKS à Bougival et président de l'Union calédonienne (UC), évoquant lors d'une première prise de parole publique "une étape dans le processus (...) qui nous amène vers la souveraineté".
Le projet d'accord sera soumis mardi au bureau politique du FLNKS. Un rendez-vous incertain qui fait dire à Philippe Dunoyer que "si l'on perd l'UC-FLNKS, c'est tout l'accord qui tombe".



























