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A Marseille, la municipale qui rend fou: le torchon brûle à droite... et à gauche



Marseille, France | AFP | vendredi 03/07/2020 - La succession de Jean-Claude Gaudin à Marseille vire à la guerre fratricide: après les divisions à droite, la cheffe de file de l'union de la gauche Michèle Rubirola a décliné sèchement vendredi la condition posée par l'ex-socialiste Samia Ghali pour son soutien.

Sénatrice dans les quartiers populaires du nord Marseille, Mme Ghali, en rupture de ban avec le PS, n'avait pas rejoint l'union de la gauche du Printemps marseillais lors des municipales.

Mais après avoir remporté l'élection dans son secteur, ses huit voix au conseil municipal sont cruciales pour que Mme Rubirola puisse devenir maire de la deuxième ville de France. Et Samia Ghali a abattu ses cartes vendredi: pour son soutien, elle réclame le poste de première adjointe.

"L’avenir de Marseille ne doit pas se jouer autour d’une revendication individuelle. Je ne serai l’otage d’aucun chantage, je réfute ces pratiques bien éloignées des enjeux et j’invite Samia Ghali à faire de même", a répondu dans un communiqué Mme Rubirola quelques heures plus tard.

Arrivé largement en tête lors du second tour des municipales sur l'ensemble de la ville (38%) devant les listes LR de Martine Vassal (30%), le Printemps marseillais, l'union de la gauche et des écologistes menée par Mme Rubirola, n'a pas la majorité absolue au conseil municipal.

Il faudrait 51 voix pour que Mme Rubirola puisse être élue maire au premier tour mais le Printemps n'a que 42 sièges.

Plus tôt vendredi, Samia Ghali avait expliqué qu'elle souhaitait le poste de première adjointe "surtout parce que la volonté du rééquilibrage de notre ville et la prise en compte des quartiers populaires ne peuvent plus être de simples mots".

"Cette demande me paraît légitime. D’abord parce qu’au-delà des valeurs que nous partageons, je suis celle qui peut lui (à Mme Rubirola) permettre samedi d’être effectivement maire de Marseille", précisait-elle à l'AFP.

Tout en refusant son "chantage", Mme Rubirola a malgré tout tenté de faire basculer Samia Ghali dans son camp: "A quelques heures de l’élection de la maire, je lui renouvelle mon appel au rassemblement et ma volonté totale (...) de les voir, elle et ses colistiers, prendre part à l'exécutif".

"J’ai rencontré Samia Ghali et je lui ai redit mon ambition de faire des quartiers Nord une priorité", ajoute-t-elle.

La carte du doyen

"Par leur vote, les Marseillais ont dit leurs espoirs de changement, ils ont élu une équipe, validé notre projet et nous ont donné mandat pour le mettre en place au cours des six prochaines années", a-t-elle encore ajouté, fustigeant aussi "les manoeuvres de bas étage de la droite battue, ne reculant devant rien pour conserver son pouvoir et déposséder les Marseillais de leur victoire". 

A droite aussi, les tractations continuaient vendredi sur fond de divisions et de brouille, avec l'espoir toutefois de voir l'élection du maire aller jusqu'à un troisième tour devant le conseil municipal: en cas d'égalité entre des candidats lors de ce scrutin, c'est alors le plus âgé qui l'emporte.

Chez LR, où la campagne a été plombée par l'ouverture d'une enquête sur des soupçons de fraudes aux procurations, personne ne cache que c'est en grande partie ce qui a motivé le retrait de la course de Mme Vassal, annoncé jeudi, au profit du député Guy Teissier, 75 ans, vieux routier de la politique marseillaise issu des rangs de la droite dure.

Mais le scénario imaginé s'est grippé avec l'apparition d'un nouveau candidat LR: le maire des 9e et 10e arrondissements de Marseille Lionel Royer-Perreaut, 47 ans, facilement réélu dans son secteur dimanche soir.

Ancien proche de M. Teissier devenu rival acharné, il a expliqué sur Facebook avoir eu vent d'"ententes en cours avec le Front national", ce qu'il ne pouvait accepter. 

Depuis, de Martine Vassal à Guy Teissier, en passant par le président de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur Renaud Muselier ou le président du parti Christian Jacob, tous les dirigeants de LR ont démenti une telle idée. Mme Vassal a même promis qu'elle demanderait à un candidat LR élu avec des voix RN de démissionner.

Vendredi, Lionel Royer-Perreaut a quant à lui annulé la conférence de presse qu'il devait tenir. Avec un simple SMS transmis à l'AFP comme explication: "Je n'ai rien de plus à dire que ce que je dis depuis hier (jeudi) soir".

le Vendredi 3 Juillet 2020 à 07:50 | Lu 384 fois




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