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200 marcheurs pour Thérèse Moke



Tahiti, le 19 janvier 2021 Après plusieurs mois de polémiques sur les réseaux sociaux, plus de 200 personnes se sont déplacées mardi matin pour participer à une marche en soutien à l'ancienne Miss Tahiti, Thérèse Heikapua Moke Barbion, désormais handicapée et actuellement aux Marquises auprès de sa famille. La marche a démarré au niveau du "Tahua Tumarama" au bas de l'avenue Pouvana'a pour se rendre devant le tribunal de Papeete où une audience du juge aux affaires familiales doit se tenir aujourd'hui au sujet de la tutelle de l'ancienne Miss, déchirée entre sa mère et son ex-époux Thierry Barbion aujourd'hui incarcéré. Pour les manifestants, l'objectif principal de cette manifestation pacifique était que "Heikapua reste aux îles Marquises dans sa famille, et que justice lui soit rendue". De son côté, l'avocate de Thierry Barbion, Me Eftimie, dénonce des accusations mensongères relayées sur les réseaux sociaux et une "escroquerie aux bons sentiments".
 

Yolande Maueau, à l'origine de la marche : "La famille Moke tient à ce que la vérité éclate"

Pourquoi avoir monté ce groupe de soutien sur les réseaux sociaux pour Heikapua Moke ?
"La famille a vu qu'elle était à l'abandon. Il n'y avait aucun soutien de toutes les personnes qu'elle connaissait bien. Et ils l'ont abandonnée ou peut-être qu'ils ont voulu rester discrètement cachés. On a créé ce comité pour que Thérèse Moke ait un maximum de soutien."
 
Il y a eu un grand déballage sur les réseaux sociaux de sa vie intime, qu'en pensez-vous ?
"C'est bien normal, vu que l'affaire a quand même été exposée juridiquement. Donc c'est bien normal que les gens apportent un peu leurs réactions, jusqu'à sa vie intime. D'ailleurs ce qui lui est arrivé a commencé par sa vie conjugale."
 
Qu'attendez-vous avec ce groupe sur les réseaux sociaux ?
"La famille Moke tient à ce que la vérité un jour éclate. On débute l'année avec cette manifestation. Il faut que la vérité éclate et qu'ils arrêtent de mentir à son sujet".
 
Vous demandez également que Heikapua Moke reste aux Marquises ?
"Le premier objectif de cette marche, c'est que Heikapua reste aux îles Marquises dans sa famille et que justice lui soit rendue. Thérèse Moke est restée dans le silence pendant 12 ans. Je pense qu'avec cette manifestation, elle va se faire entendre. Espérons que la justice soit de notre côté. Anna Moke, la maman de Thérèse Moke, est la première à soutenir sa fille. La famille Moke soutient notre belle étoile des îles Marquises."
 

Maeva Cavallo, proche de Thérèse Moke : "C'est important qu'elle reste entre de bonnes mains"

"C'est important en tant que femme d'être solidaire à la cause de Heikapua, la femme, la mère, l'épouse, la victime. C'est important de venir lui témoigner notre soutien, notre compassion. Il ne faut pas oublier que Heikapua a porté les couleurs de la Polynésie. On était tous fiers qu'elle représente la Polynésie. C'est important que Heikapua reste entre de bonnes mains, chez sa maman, dans sa famille, sur son île et qu'elle finisse sa vie là-bas entre de bonnes mains. Cela aurait été injuste de la ramener au domicile conjugal. (…) C'est vrai que c'est une histoire de couple au départ, mais (les réseaux sociaux) ont délié les langues. C'est bien que notre amie Heikapua soit reconnue dans son statut de victime (...). C'est injuste qu'elle ne puisse pas se défendre. Je pense que j'aurais agi comme sa maman si cela avait été ma fille, j'aurais été là pour la soutenir, la récupérer. Je pense que cette femme a été pétrifiée de voir sa fille dans cet état."
 

Natacha Helme, ex-ministre et présidente de la Ligue contre le cancer : "on a droit au respect"

"C'était important de soutenir Heikapua. Il y en a eu des choses écrites sur elle. Des choses jolies et des choses pas jolies. C'est une femme qui a porté nos couleurs, c'est une mère, c'est une femme entrepreneur. Elle a été courageuse de vivre dans ce monde, elle qui venait de très loin, de sa petite île. Je suis là en tant que femme, en tant que mère, je peux comprendre leur douleur. En tant qu'épouse, je peux comprendre le respect qu'elle demande. Et c'est surtout aussi pour dire à toutes ces femmes de ne pas rester dans le silence. Le silence sera peut-être la maison la plus difficile dans laquelle on va devoir vivre. Il faut briser ce mur, il faut parler et surtout il ne faut pas avoir peur. Cela s'adresse aux autres femmes aussi qui doivent vivre cette situation. Peut-être pas autant difficile, mais il faut s'exprimer. On a droit au respect."
 

Etienne Tehaamoana, ancien tāvana de Hiva Oa et représentant à l'assemblée : "que la maman puisse avoir la tutelle définitive"

"Je viens de sortir de te Tiare et j'ai appris qu'il y a une marche pour soutenir notre ancienne Miss Marquises Heikapua. En tant que Marquisien, on est obligé de soutenir et non pas comme certains demander la justice, mais au moins le soutien pour que la mère puisse garder la tutelle. Cela fait 5 ans que Heikapua est aux Marquises. Cela fait 5 ans que personne ne s'inquiète et comme par hasard aujourd'hui tout le monde s'intéresse à Heikapua. C'est quoi la raison ? On le sait, c'est le jugement, et tout ce qui va suivre. Moi je participe pour que la famille puisse avoir ce soutien et que la maman puisse avoir la tutelle définitive."
 

​Me Marie Eftimie, avocate de Thierry Barbion : "C'est une belle escroquerie aux bons sentiments"

200 marcheurs pour Thérèse Moke
Que pensez-vous de la manifestation qui a eu lieu ce mardi matin ?
"C'est une belle escroquerie aux bons sentiments des gens. On leur montre une handicapée et on leur dit que quelqu'un lui aurait fait du mal. Il faut savoir que ce sont des mensonges qui ont été dits au procureur. La disparition du dossier médical, c'est faux. Les enquêteurs ont pu l'établir. Le rapport des pompiers de Punaauia n'a jamais existé, car monsieur Barbion avait foncé à l'hôpital. Donc vous comprenez bien que le service enquêteur a fait le tour de tous les indices qu'il avait. Ils ont entendu des gens et savent désormais que monsieur Thierry Barbion n'a jamais rien fait à Mme Thérèse Barbion et que c'est réellement une tentative de suicide, qui est justement établie par le dossier médical qu'ils ont trouvé sans peine. Une plainte a été déposée, par je suppose Anna Moke et par le biais de Mme Boiron, et elle a menti au procureur. La deuxième chose, c'est que Mme Diane Moke veut faire une marche car elle dit que Thérèse Barbion est beaucoup mieux aux Marquises. Mais elle n'a aucun soin de rééducateur, pas de kiné, pas d'ergothérapeute, pas d'orthophoniste. Elle a juste une aide-soignante et un infirmier qui passent de temps en temps. Ce qui est nettement insuffisant étant donné qu'elle a des lésions cérébrales dont il faut s'occuper. Ce qu'elle n'a toujours pas manifestement compris. C'est regrettable mais c'est la triste vérité. La troisième chose, c'est que Mme Thérèse Barbion a le droit de voir ses enfants. Ils ne vont pas aller aux Marquises dans cette ambiance haineuse vis-à-vis de leur père qui est parfaitement injustifiée, puisqu'il a fait tout ce qu'il devait faire et n'a vraiment rien à se reprocher sur la prise en charge de son épouse, ni sur ce qu'il a fait avant ni sur ce qu'il a fait après."
 
Comment est-ce que les enfants du couple ont réagi face à ce grand déballage sur les réseaux sociaux ?
"Les enfants ont le caractère de leur père car c'est lui qui les a élevés. Ils sont extrêmement solides mais ils sont écœurés, révulsés. Ils ont quand même le soutien de tous les autres, des cinq autres demi-frères et sœurs de Mme Diane Moke. Ce qui n'est pas rien. Ils se sentent encadrés, soutenus, aimés et surtout ils sont très inquiets pour leur mère. Et ils veulent que leur mère revienne. Ils avaient déjà tout mis en œuvre pour passer la fête des mères avec elle, mais là encore, ils ont été privés de ce plaisir par Mme Anna Moke qui a jugé bon de partir immédiatement aux Marquises et de ne même pas la laisser quelques jours chez eux. (…) On organise une marche le 19 janvier et le 20 janvier on demande au juge des affaires familiales un salaire pour Mme Anna Moke d'un million de Fcfp par mois, alors qu'elle a 70 ans et qu'elle n'est même plus en mesure de lever Thérèse, de l'asseoir, de s'occuper d'elle, de la coiffer, de la doucher. Elle ne peut plus rien faire cette dame, mais elle veut un million Fcfp. Il y a quelque chose qui est clair, c'est qu'elle veut un million Fcfp. Après, le reste de leurs vindictes n'a aucun sens réel, il n'est ancré en rien dans la réalité. C'est terrible."
 
Vous avez déposé plainte ?
"Oui, nous avons déposé une plainte pour atteinte à l'image, car je pense que personne n'a envie d'une photo de soi dénudée avec un pareu, même quand on est en bonne santé. C'est encore pire quand on exploite l'incapacité d'une personne à pouvoir dire non. Thérèse Barbion ne peut pas dire : non, ne publiez pas ma photo handicapée, couverte d'un simple pareu, sur un lit médicalisé. C'est pourtant le bon sens."
 
Les soutiens de Thérèse Moke affirment que Thierry Barbion veut avoir la tutelle de sa femme pour justifier sa sortie de prison ?
"C'est complètement absurde comme d'habitude. Il a voulu que Thérèse Barbion vienne quelques mois pour que les rééducateurs lui proposent les soins adaptés. Pour lui, l'intérêt c'est celui de Thérèse Barbion. Cela n'a jamais changé. Ensuite, je ne vois pas l'intérêt pour Thérèse Barbion que Thierry Barbion soit en prison alors que c'est le père de ses enfants à elle aussi et qu'elle serait quand même contente de savoir que le père, qui s'est toujours bien occupé d'eux, puisse continuer à le faire. Donc mener une croisade pour qu'il reste en prison, c'est contre l'intérêt de Thérèse Barbion".
 

​L'avocat de la tutrice de Thérèse Moke répond à l'avocate de Thierry Barbion

L'avocat de la tutrice de Thérèse Moke, Me Jean-Dominique Des Arcis, a souhaité répondre aux propos tenus par l'avocate de Thierry Barbion dans nos colonnes en marge de la manifestation de soutien à l'ex-Miss Tahiti organisée mardi dernier à Papeete.
 
"Toutes les personnes qui étaient à la manifestation de mardi dernier, contrairement à ce qu’affirme l'avocate de Thierry Barbion, n’ont pas été escroquées. Par qui l’auraient-elles été ? Ces Polynésiens ne font que demander la vérité sur ce qui s’est passé dans la nuit du 9 au 10 juillet 2009. Les enquêteurs auraient établi que le dossier médical des urgences n’aurait pas disparu. Or sauf s’il y a eu des fuites, comment peut-elle savoir ce qu’a établi une enquête toujours en cours et dont la teneur est frappée du secret le plus absolu.
 
J’ai reçu l’intégralité du dossier médical et comme par hasard il n’y a pas le dossier des Urgences et le reste du dossier n’établi nullement une tentative de suicide, contrairement à ce qui est affirmé par l’avocate. Il ne fait que rapporter la déclaration de M. Barbion selon laquelle Thérèse a été "retrouvée pendue par son mari, corde attachée à un arbre, jambes pendantes dans le vide. Délai 5-10 minutes". (sic). Je réserve la teneur des conclusions de mon enquête à la justice et ne les diffuserai pas, bien qu’à la différence d’une enquête préliminaire, ces conclusions ne sont pas frappées du secret ni influencées par Célestine qui voulait voir Thérèse, sa soeur, "partir en douceur".
 
L’avocate de M. Barbion est si consciente du peu de sérieux de ses affirmations gratuites qu’elle dit, pour rendre cette affaire sulfureuse, que Madame Boiron serait derrière cette plainte, alors qu’il est clair qu’elle n’y est pour rien. M. Barbion est des plus mal venus à prétendre que Thérèse serait mieux à Punaauia, sous le même toit que sa concubine avec qui il partageait la couche conjugale quand il n’était pas en prison, alors que c’est lui qui, après avoir envoyé ses enfants poursuivre leur scolarité à l’étranger, s’est débarrassé de Thérèse, parce que quand il a installé au domicile conjugal sa maîtresse et ses enfants, il a installé Thérèse, non dans une des nombreuses chambres de la maison, mais dans la buanderie avant de la renvoyer plus d’un an plus tard à Atuona. Quant à l’absence de soins aux Marquises, il oublie d’abord que c’est lui qu’il l'y a déposée et que les soins que l’avocate met en avant, elle n’en a plus besoin hélas. Son état étant stabilisé,  elle n’a besoin que de l’affection des siens, de ses parents, de nous tous, car elle est consciente de tout ce qui se passe autour d’elle.
 
En ce qui concerne les enfants, ceux-ci  sont venus voir leur mère 5 fois en 5 ans, et encore pas tous les 4. C’était juste "bonjour - au-revoir", d’après des témoins, et ils regagnaient leur hôtel de luxe où ils résidaient. Les parents de Thérèse les attendent toujours avec amour et les seuls propos haineux sont ceux de leurs petits enfants qu’on a dressés contre eux, ce, parce qu’ils veulent garder Heikapua, leur fille chérie. Pour la fête des mères, le 29 mai 2020, ils ont refusé de venir, parce que leur hôtel de luxe à Hiva Oa était fermé.
 
Quand on aime, on ne compte pas dit la sagesse populaire. M. Barbion n’aime manifestement plus Thérèse, car il compte, il compte… Il reconnait gagner 5 millions par mois et lui, il fait l’aumône à son épouse paraplégique de seulement 250 000 Fcfp par mois, alors que les seuls frais d’une assistance de vie 16 heures par jour au moins, 7 jours sur 7, 12 mois sur 12, s’élèvent déjà à plus de 700 000 Fcfp par mois.
 
On comprend que M. Barbion soit gêné par les photos récentes de son épouse en tenue aérée, comme on vit en Polynésie. Il ne peut qu’être gêné et avoir honte, car une chose est certaine, si, comme il le dit, Heikapua s’est pendue, c’est bien parce qu’il ne la rendait pas heureuse, parce qu’elle était malheureuse avec lui.
 
Quelle curieuse coïncidence, M. Barbion n’a entrepris ses démarches pour faire revenir son épouse chez lui à Punaauia que lorsqu’il s’est trouvé en prison et une fois libéré provisoirement il n’a repris ses démarches que pour juste quelques semaines avant qu’il ne soit à nouveau rejugé par la cour d’appel, étant précisé bien sûr qu’il est présumé innocent, tout comme l’innocence des jeunes filles qu’il fréquentait.
 
Enfin il est certain que Thérèse aurait été heureuse de constater que leur père s’est bien occupé de leurs enfants, alors que c’est totalement le contraire. Pour ne pas les avoir sur le dos et filer le parfait amour avec sa maîtresse, c’est bien lui qui  les a envoyés vivre à l’étranger en 2014, c’est bien lui qui a envoyé leur mère vivre aux Marquises en 2015, après l’avoir humiliée en la faisant vivre dans la buanderie de ce qui était leur domicile conjugal. Est-ce le comportement d’un père, d’un époux, d’un être humain ?"

 
Me Jean-Dominique des Arcis

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mardi 19 Janvier 2021 à 21:03 | Lu 3179 fois





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