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​Une archéologue de l'UPF à la pêche aux vestiges de pêche aux Marquises


Nuku Hiva, le 19 février 2021 – Vahine Ahura Rrurua, jeune archéologue de l’université de Polynésie française, est actuellement aux Marquises pour mener des travaux sur les vestiges liés à la pêche.
 
La pêche a toujours eu un rôle essentiel pour la subsistance des communautés polynésiennes. L’analyse systématique des vestiges de la faune est une démarche encore peu courante en Polynésie, il existe néanmoins plusieurs travaux archéo-ichtyologiques conduits en divers archipels depuis 1970. Les fouilles archéologiques menées entre 1992 et 2010 livrent de nombreux témoins de l’activité halieutique.

Cependant, le manque de standardisation des méthodologies liées aux recensements des restes minimise toute approche comparative à partir des inventaires de poissons. Pourtant, les profils environnementaux varient d’une île à l’autre et la distribution des espèces peut changer suivant les archipels.
Dans ce cadre, une jeune archéologue de l’université de Polynésie française ; Vahine Ahura Rrurua qui vient de terminer une thèse en archéozoologie, est actuellement aux Marquises, en vue de poursuivre ses travaux sur la pêche. "J’ai fait ma thèse sur la pêche au cours de la période qui va de l’an 900 à l’an 1600, précise Vahine Ahurua Rurua. Pour étudier la pêche à cette période, il y a plusieurs supports issus de fouilles archéologiques qui sont des vestiges comme le matériel de pêche et les restes de faune marine composés de poissons, de coquillages, de tortues, ou de baleines, et moi je suis spécialisée uniquement dans l’étude des poissons. C'est-à-dire que je récupère, au laboratoire, les squelettes de poissons et je les inventorie. J’utilise deux indicateurs pour décrire cette faune ; d’une part l’identification des familles de poissons, et d’autre part la reconstitution du poids au moment de la capture. A partir de ces deux éléments on émet des hypothèses sur les techniques de pêche pratiquées au cours du temps et ce depuis les premières installations qui, d’après les travaux de messieurs Conte et Molle, sont datées à 900 an après JC, à Hane sur l’île de Ua Huka."
 

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Ainsi, Vahine Ahurua Rurua  va séjourner une semaine à Nuku Hiva puis trois semaines à Ua Huka en vue de collecter auprès des pêcheurs locaux plusieurs squelettes de caranguidés, lutjanidés, et létrinidés notamment.
"Au cours de ma thèse, explique Vahine, je n’ai pas réussi à être très précise ; j’ai eu des indentifications au rang de l’espèce à seulement 38% de mon matériel. Et pour appréhender les techniques de pêche anciennes, qui étaient déjà très adaptées à l’environnement des Marquises, il faut augmenter ce taux d’identification à l’espèce à 50% si possible. Pour cela ; il faut que la collection de référence de l’université de Polynésie française soit plus riche que ce qu’elle ne l’est actuellement. Pour l’instant je ne dispose que de 200 espèces issues de Tahiti et Moorea."
Ainsi, cette mission d’un mois aux Marquises viendra compléter le matériel de travail de la jeune archéologue qui dispose d’une année au sein de l’université polynésienne pour terminer ses recherches sur les techniques de pêche ancestrales.

Rédigé par Marie Laure le Vendredi 19 Février 2021 à 08:17 | Lu 6542 fois