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​Un véto engagé aux Marquises



Hiva oa, le 13 novembre 2020 - Sur l’insistance de la population, un vétérinaire reconverti à l’apiculture a renfilé sa blouse. Basé à Nuku Hiva il parcourt régulièrement les autres îles. Les hommes et les bêtes lui doivent beaucoup.
 
Ludovic Verfaille est vétérinaire. Après 17 ans passés en Nouvelle-Calédonie, le destin l’a amené à poser ses valises à Nuku Hiva, cette île des Marquises où il a senti une "invitation franche et massive".  Installé initialement comme apiculteur, plusieurs sollicitations de la population marquisienne l’ont poussé à remettre sa blouse de vétérinaire, après une remise à niveau à Wallis.
 
Depuis deux ans, il a aménagé deux pièces de son domicile en cabinet vétérinaire à Taiohae, dans la vallée de Meau. Pour couvrir un maximum de territoire dans l’archipel, il organise régulièrement des missions sur Ua Pou et Hiva Oa, d'où il repartira demain. Il consulte au cœur du village, dans la salle Aphomet, mise à disposition par la mairie. Ce matin, le vétérinaire opère Eclair, un chiot venu en urgence en bonitier avec son maître depuis Hanavave à Fatu Hiva. Le maître et sa tante, Mireille, expriment leur soulagement de pouvoir compter sur Ludovic comme vétérinaire. Ce chiot est entre de bonnes mains, l’opération est un succès. "Avant, il fallait malheureusement accompagner nos chiens jusqu’à leur décès sans pouvoir les aider. Maintenant, on sait que Ludovic peut les sauver."
 

Ludovic Verfaille a accepté d’être accompagné tout au long d’une journée de travail et de livrer ses impressions sur son métier dans ces îles.

Quel accueil avez-vous reçu aux Marquises ?
"L’accueil a été excellent dès mon arrivée, car il n’y avait pas de service vétérinaire sur place avant que je m’installe. Il a fallu un an pour que les habitants apprennent à me connaître et me fassent confiance. Au bout de deux ans, mon activité n’est pas encore aussi payante qu’à Tahiti, mais je me fais une place. J’ai adapté mes tarifs à tous les niveaux de vie afin que tous les propriétaires puissent venir faire soigner leurs animaux."
 
Comment faisaient les propriétaires d’animaux avant votre arrivée ?
"Pour les chevaux, il existe un savoir-faire ancestral marquisien incontestable. Par exemple, pour la castration, celle-ci se faisait, et se fait toujours, à vif, sans anesthésie. Mais, certains éleveurs ressentaient qu’avec cette méthode, le lien de confiance entre l’homme et l’animal était parfois rompu. En tant que vétérinaire, je pratique les stérilisations après avoir endormi l’animal. La grande difficulté réside dans la qualité du suivi des soins à prodiguer à l’animal à la suite de l’opération pour éviter les infections. Avant mon installation, un vétérinaire de Huahine venait une fois par an sur un week-end pour pratiquer certaines interventions. La population est donc satisfaite de pouvoir compter toute l’année sur un praticien qui peut répondre aux urgences. 
 
Quels sont les principaux clients ? Quelles prestations sont les plus courantes ?
"La population marquisienne recherche de plus en plus le bien-être animal, c’est pourquoi je n’ai pas de clientèle spécifique. Je reçois aussi bien les maîtres de chiens et de chats, que les éleveurs de chevaux. J’interviens aussi chez les propriétaires de cochons et de chèvres. Je pratique les stérilisations, les suivis de type vaccins et vermifuges. Je soigne beaucoup de chiens blessés par les cochons et beaucoup de cas de gale. J’ai pu observer qu’auparavant, il n’y avait quasiment que des chiens de chasse ou de garde aux Marquises, très résistants. On voit de plus en plus de races de chiens de petite taille, type bichon. Ces chiens plus fragiles demandent plus d’attention et leurs maîtres font souvent appel à mes services pour les soigner."
 
Quels sont tes projets ici aux Marquises ?
"Un projet d’abattoir multi-espèces est depuis longtemps dans les cartons de la mairie de Nuku Hiva, mais cet établissement ne peut voir le jour sans un contrôle vétérinaire de la salubrité des viandes. C’est un projet dans lequel je souhaite m’inscrire.
Je travaille aussi avec le lycée agricole de Taiohae pour réaliser des suivis réguliers de la porcherie et du rucher, ainsi que pour former certains professeurs aux bases de l’apiculture.
Aujourd’hui, lorsqu’un bateau de plaisance entre aux Marquises depuis l’extérieur de la Polynésie française avec des animaux à son bord, ces derniers ne peuvent descendre à terre sans avoir effectué une visite au service de la biosécurité à Papeete. L’objectif de ces vérifications est d’éviter l’introduction en Polynésie française de maladies comme la rage ou la leishmaniose. Je travaille avec la Biosécurité pour obtenir un mandat sanitaire et ainsi avoir la délégation de cette compétence aux Marquises.
Enfin, je souhaite développer un programme basé sur un retour d’expérience à Bora Bora, pour permettre à tous les propriétaires d’animaux de les stériliser. En partie subventionné par les mairies, ce programme se ferait en partenariat avec des associations locales. Les adhérents des associations bénéficieraient de tarifs très bas ; par exemple, environ 12 000 Fcfp pour une chienne contre 28 000 Fcfp en tarif conventionnel local. A Hiva Oa, je travaille avec l’association Tutuki E Ho, pour rapidement lancer cette opération avec la commune. En limitant la prolifération des animaux, on constate un impact sur la sécurité des concitoyens (réduction des morsures) ainsi que sur celle des élevages ; plus d’une chèvre sur deux risque de mourir d’une attaque de chien."
 

Rédigé par DLR le Vendredi 13 Novembre 2020 à 09:09 | Lu 936 fois





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