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​Un colloque de deux jours pour coordonner la lutte contre le cancer


Tahiti, le 18 mai 2026 - Pour la première fois en Polynésie française, la Ligue contre le cancer réunit ses comités des outre-mer. Pendant deux jours, lundi et mardi, professionnels de santé et représentants associatifs doivent échanger sur les enjeux de la prévention, du dépistage et de la prise en charge. L'objectif : mieux coordonner la lutte contre le cancer dans les territoires ultramarins.  

Dépistage, prévention, prise en charge et recrutement de nouveaux personnels de santé : autant de thèmes abordés lors du colloque des outre-mer de la Ligue contre le cancer organisé à Tahiti, lundi et mardi. L’événement rassemble cette année les comités ultramarins afin de faire un point d’étape sur les actions engagées et les priorités à venir. Le but est de mieux lutter contre le cancer dans les territoires ultramarins, où la maladie reste un enjeu majeur de santé publique. Le cancer constitue la deuxième cause de mortalité en outre-mer.  

En Polynésie française, environ 600 nouveaux cas sont identifiés chaque année. Un chiffre qui reflète aussi une amélioration du dépistage. Mais les inégalités persistent. Les chances de survie restent plus faibles dans les territoires insulaires qu’en Hexagone, notamment en raison de l’éloignement, des difficultés d’accès aux soins et des parcours de prise en charge plus complexes.  

Présente pour inaugurer ce colloque, Natacha Helme, présidente de la Ligue contre le cancer en Polynésie, insiste sur l’importance de ce rendez-vous : “L’objectif est de permettre aux comités ultramarins de se réunir. Faire un état des lieux de l’oncologie dans nos territoires, se fixer des objectifs et vérifier ensuite s’ils ont été atteints.”  

​“Près de la moitié des cancers pourraient être évités”

​Un colloque de deux jours pour coordonner la lutte contre le cancer
Pendant deux jours, les représentants de Martinique, de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie doivent échanger sur les solutions à mettre en place face aux réalités locales, marquées notamment par l’insularité et les contraintes logistiques. La prévention occupe une place centrale dans les débats. La Ligue mise notamment sur la responsabilisation individuelle et sur la vaccination, en particulier contre le papillomavirus humain (HPV). “La prévention est notre priorité absolue. La lutte contre le cancer n’est pas uniquement une affaire de traitement, c’est aussi une question de mode de vie, d’activité physique et d’alimentation. Près de la moitié des cancers pourraient être évités”, poursuit Natacha Helme.  

Au-delà de la prévention, les échanges doivent également porter sur les difficultés structurelles rencontrées dans les territoires ultramarins : manque de personnel soignant, difficultés de recrutement et organisation des soins à distance avec la métropole.  

Autre enjeu majeur abordé : les évacuations sanitaires vers la France hexagonale, souvent lourdes à vivre pour les patients et leurs familles. Changement de climat, choc culturel et éloignement nécessitent, selon Philippe Bergerot, président de la Ligue nationale contre le cancer, un accompagnement psychologique renforcé et adapté aux réalités locales.  

La question des outils de diagnostic doit également être abordée, notamment avec le développement du nouveau laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologique en Polynésie, qui permet déjà d’accélérer les délais de diagnostic avec une activité de 4 200 frottis, depuis le 19 janvier, et 1 600 histologies depuis le 18 février.


Rédigé par Violaine Broquet le Lundi 18 Mai 2026 à 19:04 | Lu 254 fois