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​Un budget 2021 voté au bout de l’ennui



L’assemblée de Polynésie a adopté le budget 2021 du Pays au terme d’une séance sans passion. Un budget presque indicatif, le ministre de l’économie et des finances Yvonnick Raffin ayant évoqué la stratégie du gouvernement de s’adapter en cours d’année en apportant des modifications budgétaires "autant que nécessaire".

L’incertitude demeure. Au cœur des échanges lors du débat d’orientation budgétaire en octobre dernier, le faible niveau de certitude économique pour 2021 n’est pas synonyme d’inactions pour le gouvernement. Les orientations pour 2021 ont été définies autour d’un budget de 168,4 milliards, hors écriture d’ordre, en baisse de 2,6% par rapport à l’année dernière. "La priorité qui se dégage du projet de budget est claire : la sauvegarde de tout l’appareil productif. Il s’agit des emplois, des compétences et de la préservation de l’état des infrastructures de production" pour Edouard Fritch. Son nouveau ministre des finances, Yvonnick Raffin, en plein baptême budgétaire, y rajoutera le maintien du pouvoir d’achat. Selon lui, il faut "adapter nos dépenses de fonctionnement pour augmenter nos marges d’investissement". Un effort pour la relance par les travaux qui conduit, dans un contexte de fortes concentrations des rentrées fiscales, à devoir adopter la "stratégie de la ligne de crête". Une stratégie qui consiste ainsi à "regarder avec lucidité sans se raconter d’histoires" et à "s’adapter en cours d’année" par l’adoption de collectifs budgétaires "autant que nécessaire". Un pragmatisme et un réalisme qui impliquent par exemple que le nouveau prêt en discussion avec l’Etat ne soit pas inscrit.
 
L’Etat de nouveau en odeur de sainteté
 
En mars dernier, la tension avec l’Etat était palpable et avait résonné à Tarahoi. A l’instar de la représentante Tepuaraurii Teriitahi qui avait évoqué des services étatiques "aux abonnés absents", le président Fritch avait indiqué qu’il fallait "s'en remettre à Dieu d’abord, pour l'État je ne suis pas sûr". Difficile de savoir si les prières présidentielles ont été exaucées mais, quelques dispositifs de soutien, des facilités de crédit à l’IEOM et un prêt garanti plus tard, le ton a changé du tout au tout. "Je tiens à remercier tout particulièrement l’Etat". De retour de son déplacement à Paris, Fritch est revenu avec, outre le Covid-19, quelques assurances d’Emmanuel Macron et du Premier ministre. "Ils ont montré, une fois de plus, ce que signifie, pour notre collectivité de 280.000 âmes, le mot de 'solidarité nationale'". Une solidarité pas qu’économique puisque "autre symbole fort de cet engagement de l’Etat", le Président évoquera le concours à la gestion sanitaire par l’envoi de personnels de la réserve sanitaire nationale mais également par la promesse du gouvernement central que "des vaccins du laboratoire Pfizer seraient mis à disposition de la Polynésie française". Un virage à 180° dans les propos qui peut également s’expliquer par les négociations actuelles avec Paris pour obtenir un nouveau soutien dont la forme et le montant sont encore à déterminer.
 
Edouard soit loué
 
Après deux heures de one man show, le Président sera relayé pendant une bonne heure par les interventions de plusieurs représentants de la majorité qui, les uns après les autres, se sont évertués à dérouler l’action à venir du Pays en rendant hommage au gouvernement et en louant son courage face aux difficultés. Une répartition des interventions qui s’est faite thème après thème.
Equipement, aides économiques, tourisme, santé, famille, éducation etc… tous loueront avec pléthore de chiffres les efforts budgétaires du gouvernement dans un contexte difficile, saluant et encourageant mécaniquement l’action de tel ou tel ministre selon le domaine concerné. Le concert de louanges envers l’action gouvernementale et le Président poussera même Michel Buillard à proclamer que "notre pays a beaucoup de chances dans cette épreuve d’avoir à sa tête un homme aussi avisé". Une forfanterie que l’intéressé n’entendra même pas après avoir quitté l’hémicycle dès son discours introductif achevé.
 
Au terme de cet enchainement de lectures parfois laborieuses et d’exercices de récitation aussi monotones qu’instructifs, le rapporteur du budget, Antonio Perez s’aventurera à prononcer à l’approche du déjeuner un "vous avez senti cette énergie positive qui émane de nos élus". Une phrase prononcée dans l’indifférence quasi-générale d’un parterre d’élus aux estomacs vides et qui aurait passé pour de l’ironie si elle avait émané de l’opposition.
 
Une opposition guère convaincue
 
Réduite à une portion rachitique du temps de parole, l’opposition n’a guère eu l’opportunité de s’exprimer, le président Gaston Tong Sang veillant notamment au chronomètre lors de l’intervention de Nuihau Laurey. L’ex-sénateur a cependant noté que le projet de budget comprend la création de deux nouvelles taxes sur la péréquation tarifaire de l’électricité et la continuité territoriale aérienne intérieure. Deux créations qui sont selon lui contraires à la promesse faite par le Président de ne pas augmenter les prélèvements sur les ménages polynésiens. L’ancien ministre de l’économie et des finances a également plaidé pour une baisse de la dépense publique pour participer à "l’effort collectif".
 
Dubitatif aussi, Geffry Salmon du groupe Tahoeraa résumera sa pensée et sa circonspection par la formule "Dépenser n’est pas relancer". Un art de la formule qui sera également mis en valeur par Antony Geros. L’élu Tavini ironisera longtemps sur le nouveau cap fixé par le gouvernement vers le développement des activités primaires et de la recherche d’autonomie alimentaire. Une politique que le parti indépendantiste a depuis longtemps défendue et dans laquelle le Tapura s’improviserait selon lui. "Planter, planter, planter c’est également faire attention à ne pas se planter". A l’instar de Nuihau Laurey, le néo-maire de Paea exprimera également ses inquiétudes quant au devenir de la CPS avec des équilibres sociaux forcément difficiles voire impossibles à réaliser du fait d’une baisse des cotisations.
 
Lors de l’examen par chapitre, rares seront cependant les interventions qui viendront perturber la certitude de l’adoption d’un budget marqué par l’incertitude. Ce dernier a été adopté par 43 voix pour et 12 abstentions.
 

Rédigé par Sébastien Petit le Jeudi 3 Décembre 2020 à 19:50 | Lu 1623 fois





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