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​Tourisme US : Le segment familial plombé par la quarantaine



Tahiti, le 16 avril 2021 - Le secteur du tourisme accueille globalement l’annonce de la réouverture prochaine des frontières au seul marché américain avec un sentiment partagé. La crainte est surtout de voir une vague d’annulations sur le segment familial si une quarantaine est imposée aux visiteurs de moins de 16 ans, exclus de la campagne vaccinale aux Etats-Unis.

L'annonce d'une reprise de l'activité touristique avec le premier marché en valeur pour l'industrie locale (22,6 milliards de Fcfp de dépenses terrestres en 2019) est accueillie avec une joie circonspecte par les professionnels du secteur.
En cause : le protocole sanitaire applicable à partir du 1er mai aux touristes américains arrivant en Polynésie. Il prévoit une quarantaine obligatoire de 10 jours, à leurs frais, s’ils ne sont pas vaccinés ou ne disposent pas d’un test sérologique de moins d’un moins prouvant qu’ils ont déjà été infectés par le Covid. Or les autorités sanitaires américaines n’autorisent pour l’instant la vaccination qu’à partir de l’âge de 16 ans. Avec le protocole d’entrée présenté jeudi, les autorités sanitaires du Pays prévoient donc pour l’instant d’imposer une quarantaine de 10 jours aux mineurs non vaccinables, comme cela a été confirmé l’après-midi midi même lors d’un observatoire élargi du tourisme animé par le ministère à l’hôtel InterContinental de Faa’a. La mesure a été accueillie vent debout par les professionnels du secteur. Si cette mesure est mise en œuvre, la crainte est qu’elle apparaisse comme rédhibitoire pour la clientèle touristique familiale. 

Cette perspective inquiète du côté de l’hôtellerie classée, comme l’explique le co-président du Comité des professionnels de l’hôtellerie. Le CPH représente 27 établissements de trois étoiles ou plus en Polynésie française. Pour ces hôtels, les touristes américains drainent un tiers de la clientèle. Sur cette part, un séjour sur six est acheté par une famille avec enfants. "On comprend la problématique sanitaire. Mais on attend de voir comment va réagir le marché américain", explique dubitatif  Thierry Brovelli. "Pour l’instant, nous n’avons pas de visibilité. En termes de gestion, il n’y a rien de pire." Une chose est certaine, pour les établissements classés le seuil d’équilibre économique se situe autour de 60% de remplissage avec un prix moyen de la nuitée à 22 000 Fcfp. Et pour l’instant, le compte n’y est pas avec la seule clientèle américaine et encore moins si le segment familial est pénalisé. Comme l’explique le co-président du CPH, les professionnels de l’hôtellerie ont un "sentiment globalement très partagé". Pour eux, si un bol d’air doit venir, ce sera avec la reprise du marché européen et notamment français.

L’annonce d’une réouverture au seul marché US est également perçue en "demi-teinte" par Ségolène Picard, directrice générale de la société Tahiti Yacht Charter et cosignataire de la lettre adressée mi-mars par 425 professionnels du tourisme polynésien. "On est contents d’avoir été entendus. Cela nous permet d’espérer une reprise de l’activité du charter nautique. Mais les conditions de cette réouverture sont encore trop contraignantes", pour une entreprise qui fonde 60% de son activité sur des clients métropolitains contre à peine un tiers avec la demande US. Une clientèle là aussi souvent familiale, qui apprécie le caractère "privatif" offert par les catamarans. Pour le mois de juin, c'est 50% de son carnet de commandes.
 
En attendant le marché européen
 
Un manque d’enthousiasme que partage aussi Philippe Wong, l’armateur du Aranui. Pas en raison de la demande familiale, insignifiante pour son activité sur le marché US. Mais même avec le Canada, la clientèle nord-américaine ne pèse guère plus de 20% de sa demande, sans commune mesure avec les 65% de son activité issus de passagers européens dont les deux tiers avec le seul marché français. Une réouverture à partir de mai restreinte aux Américains "c’est bien, selon lui, mais c’est trop limité". Le Aranui programme trois croisières jusqu’en juillet. Elles se feront avec en moyenne une quarantaine de passagers alors que le navire peut embarquer 160 personnes par voyage.

De son côté, Mélinda Bodin "applaudit" pour la forme cette décision de reprise partielle du tourisme. Mais elle sera sans réel impact pour les pensions de famille qui ne doivent guère plus de 5% de leur activité à la clientèle américaine, selon la présidente de l’association du tourisme authentique de Polynésie française. Aussi, les 300 professionnels de la petite hôtellerie et de la prestation de service touristique attendent-ils la réouverture du marché européen, surtout français. "Mais on ne va pas se plaindre : la demande locale a bien marché ces derniers mois." 
 
En revanche, pour les compagnies aériennes, la nouvelle de la réouverture du marché américain est vécue comme "une bonne chose". Air Tahiti Nui programme trois à quatre fréquences hebdomadaires sur Los Angeles à partir du mois de mai, avec une montée en puissance possible en fonction de la demande. "Les gens ont retardé leurs achats tant qu’ils ne connaissaient pas les conditions de réouverture", explique Mathieu Bechonnet, le directeur général de la compagnie au tiare. "On anticipe une demande, mais on sait que l’on sera au mieux à moins de 50% de notre activité normale." L’espoir réside dans une reprise sur le marché européen, peut-être en juillet après l’entrée vigueur fin juin du certificat sanitaire destiné à faciliter la libre circulation dans l'Union européenne.

Pour le directeur général d’Air Tahiti, mai s’annonce comme la promesse "excellente" d’un retour à 65% du niveau d’activité normal, avec le retour d’une clientèle américaine qui est son premier marché après le domestique. De quoi réviser l’anticipation des 2,7 milliards de Fcfp de pertes d’exploitation que prévoyait pour 2021 la compagnie aérienne si les frontières n’avaient été rouvertes qu’en juillet. "Il faut voir le verre à moitié plein, pour Manate Vivish. On aurait pu ne pas rouvrir."

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Vendredi 16 Avril 2021 à 16:34 | Lu 4360 fois





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