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​Teehu : "Je veux juste rentrer"



Tahiti, le 4 juin 2020 – Bloquée en Nouvelle-Zélande depuis le 7 mai après l'évasan de son nourrisson décédé depuis, Teehu a posté mercredi un appel au secours largement relayé sur les réseaux sociaux. Contactée par Tahiti Infos, elle raconte ce qu'elle a vécu, évoque sa détresse et demande aux autorités de faire quelque chose pour lui permettre de rentrer, enterrer son enfant et faire son deuil.
 
On a vu votre coup de gueule sur les réseaux sociaux. Pouvez-vous nous résumer la situation depuis l'évasan du 7 mai dernier ?
"Depuis le 7 mai, on est arrivés en Nouvelle-Zélande. On est partis directement à l'hôpital d'Auckland. Et on m'a dit le lendemain qu'on allait opérer bébé pour voir ce qui se passe, parce qu'on ne savait pas ce que bébé avait. On l'a opéré le lendemain. Et moi je ne pouvais pas rester à l'hôpital. J'étais obligée de rentrer parce que j'étais en quatorzaine. Du coup, on a opéré bébé et on a vu qu'il avait une malformation intestinale. Il n'avait plus que la moitié de son intestin. Il fallait attendre (…). Et une semaine plus tard, on a ré-ouvert son ventre pour voir ce que le reste de l'intestin avait fait. Mais c'était trop tôt. On a encore attendu deux à trois jours. Et ils ont dit qu'ils ne pouvaient rien faire. Que bébé allait partir. Qu'ils avaient tout fait, mais que c'était trop tard. Apparemment il est né comme ça. C'est la vie. Depuis le jour où on m'a dit qu'on ne pouvait plus rien pour mon fils, j'ai demandé à ce que je dorme à l'hôpital et ils ont accepté. (…) Du coup mon fils est parti. Et là j'essaie de me démerder d'ici avec les deux personnes de la CPS et mon interprète pour rentrer. Quand ils m'ont dit que bébé n'allait pas tenir, j'ai demandé à ce qu'ils fassent vite les papiers comme ça on allait prendre le premier avion. Et ce n'est qu'aujourd'hui qu'une personne de la CPS qui m'a beaucoup aidé et moi avons fait les papiers. Maintenant les papiers sont prêts et on attend juste un avion."
 
Quelles perspectives avez-vous sur votre date de retour ?
"D'ici on me dit qu'il n'y a pas d'avion. Ce sera peut-être la semaine prochaine, mais on me l'a déjà dit. Donc je ne fais plus attention. A Tahiti, on me dit qu'il y a un avion de Chine. Et ma famille essaie de voir avec le président Edouard Fritch si cet avion ne peut pas venir nous récupérer pour rentrer à Tahiti. C'est tout ce que je sais."
 
Est-ce que vous avez eu des contacts avec les autorités du Pays ou de l'Etat ?
"Non personne. Je n'ai eu que ma famille, mais personne, ni le président, ni le ministère, personne de haut niveau ne m'a contacté."
 
Hier soir dans votre coup de gueule vous appeliez ces autorités de se mettre à votre place…
"Je ne vais pas retirer ce que j'ai dit.  Je sais que si c'était eux à ma place, ils seraient déjà rentrés c'est sûr."
 
Pour vous, il est important de revenir au fenua au plus tôt pour être avec votre famille et pouvoir enfin faire le deuil ?
"Oui, là je fais tout pour rentrer à Tahiti. Le truc c'est que je serais en quatorzaine et là mon fils devra encore attendre quatorze jours. C'est vrai qu'il faut être en quatorzaine. Je comprends. Mais il faut comprendre que là c'est un deuil. Oui je serai heureuse de rentrer, mais ce n'est pas dans la joie que je vais mettre mon pied là-bas. C'est un deuil et je vais devoir l'enterrer, cela fait mal en fait."
 
Comment est-ce que vous vous débrouillez en Nouvelle-Zélande ?
"Ici je n'ai rien à payer. Je suis logée et nourrie. Apparemment c'est la CPS, l'Etat et le gouvernement qui paient. Je n'ai rien payé du tout, je ne me plains pas. Ici, ma vie est belle mais j'ai envie de rentrer."
 
Qu'est ce qui est le plus difficile pour vous aujourd'hui ?
"Pour moi le plus c'est déjà que mon bébé est parti et que je suis toute seule. Oui, il y a des Tahitiens en Nouvelle-Zélande mais ce n'est pas cela que je veux. Je veux juste rentrer. Je n'arrive même pas à sortir toute seul tellement j'ai peur. Du coup je reste dans la chambre, je parle avec ma famille et le plus dur c'est d'être seule sans la famille."
 
Quel message voulez-vous faire passer aux autorités ?
"Qu'ils se mettent à ma place et envoient un avion. Qu'ils fassent leur possible parce que cela fait maintenant une semaine (…). Je n'en peux plus en fait. Aidez-nous… Le truc c'est que quand vous avez besoin qu'on vote pour vous on est là. Et personne de haut niveau ne m'a appelé ou ne m'a parlé ou n'a cherché un moyen pour me contacter. Cela veut dire qu'ils ne sont pas là en fait. Vous avez pu me contacter et pas eux. Merci à ma famille à Tahiti qui fait tout pour qu'on rentrer. Je veux rentrer et même mon fils veut rentrer. Aidez-moi à rentrer à Tahiti." 

​Pas encore de perspectives de vol

Contactés sur la situation de Teehu, les services du Pays et de l'Etat n'avaient pas trouvé de solution jeudi pour rapatrier la jeune femme. La Caisse de prévoyance sociale (CPS) assure que "leurs services suivent le dossier de près" tant au niveau local qu'au niveau de leur agence basée en Nouvelle-Zélande. "Dès qu'il y aura un vol, commercial ou non, nous ferons notre possible pour que la mère et son enfant puissent être rapatriés (…). Malheureusement, en l'absence de vols, il n'y a pas de solution alternative". Le Pays assure, lui aussi, de son côté que toutes les possibilités sont envisagées : "on cherche un vecteur aérien qui va bien y aller au cours du mois de juin". L'affrètement d'un avion-cargo a bien été abordé lors des différentes discussions entre le Pays et L'Etat. Mais cette option n'est pas envisageable puisqu'aucun passager ne peut être embarqué à bord de ce type d'avion, confirment les compagnies aériennes locales. Notons enfin qu'une marche est déjà prévue la semaine prochaine à Tahiti en soutien à Teehu.

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Jeudi 4 Juin 2020 à 21:29 | Lu 3930 fois






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