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​Suspicion de variant Omicron au fenua


Tahiti, le 15 décembre 2021 - Quatre cas de variant suspect "non Delta" ont été détectés en Polynésie. Les prélèvements positifs sont actuellement en cours de séquençage. Si aucune affirmation ne peut-être avancée, "c'est tout à fait possible qu'il s'agisse d'Omicron", comme l'a précisé le docteur Henri-Pierre Mallet, de la plateforme Covid, mercredi, qui assure qu'il n'y a "pas d'affolement particulier".
 
C'est dans une situation épidémique extrêmement calme au fenua qu'ont été détectés quatre cas de variant "non Delta", suspectés d'être Omicron. Ils font partie des 12 cas positifs importés enregistrés sur des voyageurs la semaine dernière. C'est ce qu'a annoncé le docteur Henri-Pierre Mallet, lors d'une conférence de presse de la plateforme Covid, mercredi. À ce jour, il n'y a aucune certitude qu'il s'agit du variant Omicron, des analyses sont en cours. Un séquençage complet est nécessaire pour voir de quel variant il s'agit. Le docteur Mallet a toutefois précisé que "c'est tout à fait possible qu'il s'agisse d'Omicron, compte tenu de l'histoire naturelle internationale."
 
Rappelons que ces voyageurs ont été testés à leur départ, puis à leur arrivée en autotest, dont les résultats sont traités quelques jours après. Ces passagers ont donc pu voyager en état d'incubation et le virus se déclarer à l'arrivée. Les quatre personnes concernées ont été identifiées et retrouvées (via le dispositif ETIS). Elles ont été averties et il leur a été recommandé de s'auto-isoler. Elles sont en bonne santé, leur état clinique est normal et certaines sont asymptomatiques.
 
"Probablement moins dangereux"
 
Selon le docteur Henri-Pierre Mallet, l'arrivée éventuelle du variant Omicron en Polynésie est prévisible et ne suscite "pas d'affolement particulier. (…) Il circule dans le monde entier, on savait que ça nous arriverait". Si sa présence se confirmait, les dispositions à prendre sont simples, il faut "gérer" et "être prêt" en ralentissant la propagation si elle arrive, reprendre des mesures barrières et appliquer la dose de rappel de vaccination, considérée comme "l'arme" de la situation.
 
Interrogé sur le variant Omicron, Henri-Pierre Mallet répond qu'il serait "plus contagieux", mais "probablement moins dangereux" avec des formes cliniques moins graves. Les vaccins semblent moins efficaces, mais le restent à condition qu'il y ait eu une dose de rappel. Les vaccins à ARN messager sont "clairement" plus efficaces sur ce variant (Pfizer et Moderna) de par leur mécanisme. Si une vague Omicron venait à arriver, il y a donc un espoir qu'elle soit moins grave. "Nous sommes malheureusement préparés" pour autant, tempère le médecin. La capacité hospitalière reste "limitée" et le "personnel épuisé".
 

​Une troisième dose pour se "protéger"

Lors de la conférence de presse, Daniel Ponia, le responsable vaccination de la plateforme Covid, a pour sa part insisté sur les rappels et le nouveau protocole de vaccination qui recommande la troisième dose : "Il faut se faire vacciner cinq mois après la dernière injection." Toutes les personnes éligibles –cinq mois après la dernière injection ou infection Covid– sont donc invitées à recevoir une dose de vaccin supplémentaire.
 
Il incite la population à se protéger contre le variant Delta et également contre "l'arrivée très prochaine de Omicron, qui est peut-être déjà là." À ce jour, le taux de couverture vaccinale en Polynésie française des personnes de 12 ans et plus est de 69,5%. 
 
Dès cette fin de semaine, un vaccinodrome sera mis en place à la présidence pendant trois jours. Il sera ouvert vendredi et samedi de 8 à 16 heures et dimanche de 8 heures à midi. Tous les autres centres de vaccination seront ouverts (à l'exception du kiosque info santé et de l'école d'infirmière). Deux vaccinomobiles seront déployés samedi, de 8 heures à midi : l'un au collège de Papara, l'autre au dispensaire de Faa'a. Les vendredis 24 et 31 décembre, tous les centres de vaccination y compris les dispensaires seront fermés.
 
À noter que toutes les personnes vaccinées repartiront directement du vaccinodrome avec leur QR code, un dispositif déjà opérationnel la semaine dernière. Daniel Ponia a insisté sur l'objectif premier de la vaccination qui est, selon lui, "de se protéger" et non "d'obtenir un pass sanitaire". Il a toutefois précisé que sans dose de rappel, le pass sanitaire ne sera plus valable, sept mois après la dernière injection de vaccin.
 
Tous les détails sur les doses de rappel et schémas de vaccination complète sont à retrouver sur le site de la Direction de la santé : https://www.service-public.pf/dsp/wp-content/uploads/sites/12/2021/12/modalites-campagne-de-rappel.pdf
 

Aucune urgence sur la vaccination des enfants

Le docteur Henri-Pierre Mallet a évoqué, mercredi lors du point presse de la plateforme Covid, la vaccination des enfants de 5 à 11 ans. Elle est recommandée par la haute autorité de Santé (HAS) au niveau national, uniquement pour des indications précises : des enfants présentant eux-mêmes des risques de formes sévères de Covid-19 ou des enfants en contact proche avec des  personnes à risque.  
 
Ils peuvent recevoir une dose pédiatrique, qui correspond à un tiers d'une dose adulte. La semaine prochaine, 6 000 doses de vaccin pédiatrique doivent arriver en Polynésie. Aucune urgence à vacciner les enfants n'est constatée au fenua, selon Henri-Pierre Mallet et Daniel Ponia qui précisent que le sujet est en cours de réflexion.
 

Rédigé par Julie Barnac le Mercredi 15 Décembre 2021 à 20:39 | Lu 4964 fois