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​Prix des carburants, merci la crise



Tahiti, le 3 juin 2020 – La baisse de prix de 15 Fcfp en deux mois sur les carburants est la plus conséquente depuis 2015, avec des effets proportionnellement plus importants pour les professionnels que pour les ménages.
 
Le 27 mai dernier, le conseil des ministres actait une baisse de 5 Fcfp du prix du gazole et de l'essence sans plomb à la pompe pour les particuliers. Une décision de l’exécutif qui s'expliquait par la volonté "de poursuivre les efforts de relance économique et de faire bénéficier les Polynésiens de la baisse marquée des prix des hydrocarbures". Un mois plus tôt, les prix maximum à la pompe avaient déjà subi une réduction de 10 Fcfp. Des baisses qui, selon le gouvernement, "s’inscrivent dans le cadre du plan de sauvegarde de l’économie permettant une réduction du coût de l’énergie en faveur des Polynésiens". Selon l'enquête de l'ISPF sur le budget des familles, la consommation de carburants représente 15 575 Fcfp par mois pour un ménage polynésien. Soit les deux tiers de la facture d'utilisation de leurs véhicules personnels. Les baisses de prix représentent ainsi environ un gain mensuel de pouvoir d'achat de 1 000 Fcfp pour les ménages.
 
Mais c'est surtout pour les professionnels que ces deux baisses de prix se sont faites ressentir. Ces derniers ont été nombreux à demander audience auprès du gouvernement pour obtenir une baisse des carburants qui constituent une part importante de leur charge. Ainsi, les armateurs avaient obtenu une ristourne de 19% sur leur facture de gazole, le prix de gros passant pour eux de 79 à 64 Fcfp le litre. Les perliculteurs ont également bénéficié d'une baisse de 19 Fcfp du prix de l'essence, passant de 115 à 96 Fcfp. Mais c'est pour les pêcheurs professionnels que l'effort du Pays a été le plus significatif. Le prix de l'essence pour les professionnels de la pêche a ainsi été réduit de -16,5% et celui du gazole entre -25 et -30% selon qu'il s'agisse d'une vente au détail ou de gros.
 
Baisse moins rapide et moins forte qu'en métropole
 
Les consommateurs polynésiens n'ont pas manqué cependant de noter que les cours mondiaux des hydrocarbures ont plus fortement baissé depuis le début de l'année du fait de la crise épidémique et d'une demande moindre. Entre janvier et avril, le prix du baril a ainsi chuté, passant de 68 à 15 dollars en quelques semaines. Une chute qui avait été répercutée partiellement dans les stations services de métropole où le coût du pétrole ne représente qu'un tiers du prix de vente d'un produit fortement taxé. Selon les données de l'Union Française des Industriels du Pétrole (UFIP), entre début janvier et fin mai, le gazole est ainsi passé de 177 Fcfp le litre à 140 Fcfp et le sans plomb de 183 Fcfp à 151 Fcfp après avoir été commercialisé entre 3 et 4 Fcfp de moins au cours du mois d'avril. Une baisse des prix depuis le début de l'année d'environ 20% en métropole qui suit à distance l'évolution du cours du baril.
 
En Polynésie, les répercussions des variations des cours du pétrole sont généralement plus longues à se faire sentir, notamment en raison la période de rotation des pétroliers et du système de réglementation des prix avec le Fonds de régulation du prix des hydrocarbures (FRPH). Les ajustements décidés par le conseil des ministres ont donc été plus longs à être réalisés, à tel point que le litre de gazole est devenu plus cher en Polynésie qu'en métropole. En début d'année, l'écart entre le prix du gazole métropolitain et polynésien était d'environ de 30 Fcfp. Il s'est réduit progressivement jusqu'à une inversion en avril. Une première depuis 2016.
 
Péréquation à plein régime en 2017 et 2018
 
Il est vrai qu'en 2017 et 2018 notamment, le gouvernement polynésien avait largement pioché dans le FRPH afin d'éviter que les consommateurs polynésiens ne supportent les fluctuations des cours mondiaux du pétrole mais également pour soutenir les efforts de relance économique. Des prix maitrisés à la pompe en dessous des 142 Fcfp alors qu'ils approchaient dangereusement de la part des 190 Fcfp en métropole. La faute à un prix du baril qui augmentait fortement sur cette période. Sur ces deux exercices, le FRPH était déficitaires de 3 milliards de Fcfp au total, dont 1,8 milliard pour la seule année 2017. Les réserves faites les années précédentes ont cependant permis de ne pas répercuter cette flambée.
 
Depuis, le FRPH s'est quelque peu reconstitué en 2019 avec un résultat qui s'annonce excédentaire de quelques 977 millions de Fcfp, mais désormais à un niveau qui laisse moins de marges de manœuvre pour le gouvernement pour compenser les évolutions des hydrocarbures.

​Prix des carburants, merci la crise

Rédigé par Sébastien Petit le Dimanche 7 Juin 2020 à 19:15 | Lu 1786 fois





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