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​Peut-on refonder l'économie polynésienne ?



Tahiti, le 28 novembre 2019 - A l'issue de huit années de recherche, l'ancien chef du service du plan et de la prévision économique, a soutenu sa thèse à l'UPF sur les "facteurs et perspectives de la croissance en Polynésie française". Constats, modélisations mathématiques et recommandations à l'adresse du gouvernement jalonnent ce document de recherche soutenu avec succès.

Désormais à la retraite de la fonction publique territoriale, M. Francky Sacault a achevé un travail de recherche long et éprouvant, initié en 2011, son directeur de thèse, le Professeur Montet ayant lui-même clôturé la séance de soutenance avec le sourire en étant "content que ça se termine" . 

Un travail qui part notamment du constat de l'effondrement de l'économie polynésienne entre 2003 et 2012 avec une dégradation des tous les indicateurs économiques et sociaux (PIB par habitant, emploi, inégalité, pauvreté, indice de développement humain...) alors que plusieurs alertes sont passés inaperçues. L'étude s'achève, après examens mathématiques des facteurs de croissance possibles, par des propositions de mesures plutôt révolutionnaires. La situation économique actuelle, avec les annonces répétées d'une reprise, est en effet à relativiser puisque le PIB par habitant, témoin de l'activité économique, est revenu à son niveau de l'année 2000.

L'Etat comme déclencheur et propagateur de la crise 

Après un constat de la pauvreté des données économiques disponibles mais également des difficultés de recollement et d'exploitation des statistiques existantes, le premier travail du chercheur l'a conduit à s'interroger sur la soutenabilité du système économique actuel : une économie de rente, marquée par une forte vulnérabilité par rapports aux transferts publics et la concentration entre plusieurs grands groupes. Sur le premier point, plus détaillé que le second, le jury s'est ainsi longuement attardé notamment sur la conclusion d'une responsabilité de l'Etat dans le déclenchement et la propagation de la crise de 2008. Mettant en avant que, d'une part, "les dépenses de l'Etat expliquent 54% de la variation du PIB" de la Polynésie et que, d'autre part, les réductions importantes du nombre de fonctionnaires d'Etat (moins 1 000 sur un total d'environ 10 000) en 2008 puis un recul identique en 2011, M. Sacault a soutenu que ces suppressions auraient dû être connues d'avance pour pouvoir anticiper les effets et mener une politique contracyclique. Un déficit de coordination entre l'Etat et le Pays et des effets qui n'ont pas été anticipés par les entreprises, obligées de réduire leurs investissements à la suite de ce constat. Une analyse parmi beaucoup d'autres issues de l'utilisation de plusieurs modèles mathématiques et illustrées de nombreux calculs et tableaux permettant une observation détaillée de multiples secteurs d'activité.

Thérapie douce avec TVA sociale ?

Ce travail, que le jury a présenté comme "considérable" et "foisonnant", conduit ainsi l'analyse vers la formulation de recommandations destinées aux pouvoirs publics pour diminuer le coût du travail en Polynésie et améliorer la compétitivité des entreprises. Des recommandations présentées comme "douces" par l'ancien chef de service, à instaurer de façon graduée dans le temps, mais qui sont apparues pour plusieurs membres du jury comme relevant quand même d'une thérapie de choc assez violente. Et pour cause : il est ainsi proposé le remplacement du financement des charges patronales par une taxe sociale sur tous les achats de biens et services. Une mesure qui diminuerait de 20% le coût de la main d'oeuvre mais qui entraînerait une hausse de 7% des prix pour les ménages. Reste donc à savoir si ces réformes structurelles proposées, évaluées en terme budgétaire, d'impact économique et d'emploi et véritable refondation de l'économie locale, généreront ou non un début d'attention de la part des décideurs publics.

PRECISION : L'article ci-dessus a été modifié à la demande de M. Francky Sacault. En effet, un malentendu lors de l'exposé de la thèse nous a porté à écrire que l'une des mesures recommandées aux pouvoirs publics par l'auteur de la recherche concernait la suppression du SMIG. Si cette évocation a été faite par l'un des intervenants lors de l'exposé de la thèse, M. Francky Sacault dément en faire mention dans son travail. En page 410 de sa thèse, il est cependant fait mention du financement des charges patronales par une taxe de 7% sur les biens et service et de l’instauration d’un impôt négatif, un ensemble de mesures "qui permet à un employeur d’embaucher au salaire qui équilibre l’offre et la demande sur le marché du travail sans rigidité dues à l'existence d'un salaire minimum garanti". Le salarié recevrait une compensation lui permettant d'avoir "le salaire minimum s’il est payé en dessous". Cette compensation serait "financée par un impôt progressif sur le revenu".

Rédigé par Sébastien Petit le Jeudi 28 Novembre 2019 à 16:49 | Lu 3328 fois





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