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​Passation de pouvoirs à l'IEOM



Tahiti, le 28 septembre 2020 - À la tête de l'institut d'Émission d'outre-mer depuis juillet 2016, Claude Périou part à la retraite et rend donc son tablier. Dans un contexte économique et monétaire délicat, il sera remplacé à compter du 1er octobre prochain par Fabrice Dufresne.
 
Il aurait probablement été préféré des situations plus calmes et sereines pour passer le flambeau. Au moment où l'économie polynésienne est en souffrance, alors que les besoins de crédits et refinancement se font sentir un peu plus chaque jour, la passation de pouvoirs entre Claude Périou et son successeur à la tête de l’Institut d'Emission d'outre-mer (IEOM) de Polynésie française ressemble à un remplacement de pompier lors d'un incendie.
 
Après avoir débuté à la Socredo, Claude Périou a grimpé les échelons au sein de l'Agence française de Développement (AFD) et de sa filiale Proparco. Il est revenu présider entretemps le conseil d'administration de la Socredo, entre 2006 et 2010, avant de prendre la tête de l'agence polynésienne de l'IEOM en 2016.
 
Son remplaçant, Fabrice Dufresne, 56 ans, a connu également une ascension au sein de l'AFD et de l'IEOM dans plusieurs territoires. Après des missions en Martinique et en Nouvelle Calédonie, il a ainsi dirigé l'agence de St-Pierre et Miquelon avant de prendre la direction de celle de Guyane. Depuis 2016, il était directeur adjoint de l'IEOM à Paris. La Polynésie ne lui est pas inconnue, il avait déjà travaillé au sein de l'agence polynésienne entre 1989 et 1991.
 

Fabrice Dufresne, futur directeur de l'IEOM : "On voit déjà la capacité de rebond de l'économie polynésienne"

C'est dans un contexte un peu difficile que vous allez prendre vos fonctions ?

Non pas vraiment. Déjà la Polynésie, lorsque j'étais du siège de l'Institut à Paris, on la suivait de très très près. C'est l'économie des outremers la plus affectée par la crise sanitaire. Et puis pour moi, c'est un retour au fenua. J'ai connu la Polynésie lorsque j'étais jeune volontaire à l'aide technique, c'est par ce contrat que j'ai connu l'IEOM et je reviens avec beaucoup de plaisir retrouver la Polynésie.
 
 Vous avez déjà une idée des actions que vous allez entreprendre ?

Au niveau de l'IEOM, en quelques mois à peine, on a mis en place ce que l'on peut appeler un bouclier monétaire ce qui a permis de favoriser le financement de l'économie, à la fois les entreprises et les particuliers. On est à plus de 100 milliards de Fcfp pour l'ensemble des collectivités d'outre-mer du Pacifique ce qui représente presque 7% du PIB des trois collectivités. L'IEOM a rempli une part de sa fonction d'apporteur de financement pour l'économie. Tout récemment, on a apporté une nouvelle ligne de refinancement ce qui permet de pérenniser le financement à plus long terme, ce qui permettra d'accompagner de manière significative la phase de relance de l'économie. Au vu des chiffres qui vont être publiés par l'ISPF, on voit déjà la capacité de rebond qu'a toujours manifesté la Polynésie même lorsqu'il y a eu des crises extrêmement graves au niveau de l'économie, une capacité de rebond assez rapide et de grande ampleur.
 

Claude Periou, futur ex-directeur de l'IEOM : "C'est en étant réactif que l'on arrive à réduire l'impact de ces crises"

L'expérience de la crise de 2008 peut-elle nous servir pour passer plus facilement la crise actuelle ?

Je pense que oui et c'est l'intérêt de cette étude. On voit que ce qui a été un foyer de la crise et sa durée, cinq ans entre 2008 et 2013, c'est justement le manque de réaction d'agents et d'acteurs économiques pendant cette période-là. Notamment, une politique de restriction budgétaire qui a été extrêmement sévère et castratrice. Ce que l'on voit avec la nouvelle crise qui est inédite par son ampleur – Nous avons une perte de PIB égalant en un an celle que nous avions connu sur cinq ans –, c'est la réaction des autorités aussi bien de l'État, du Pays mais aussi des autres acteurs économiques comme les banques et l'IEOM. Au contraire de la précédente crise, c'est d'avoir des politiques publiques plutôt de soutien massif aux emplois, aux entreprises qui a permis jusqu'à présent de réduire l'impact qu'aurait dû avoir cette crise si nous n'étions pas dans une configuration aussi dynamique.

La Polynésie est donc en théorie mieux armée pour affronter la crise avec l'expérience de 2008 et la rapidité d'action des pouvoirs publics ?

Tout à fait, je pense que, non seulement nous sommes mieux armés mais aussi en s'inspirant de ce qui se passe ailleurs en métropole et des politiques qui ont été développées à l'étranger (...) mais au-delà de ça on voit bien que c'est en étant réactif que l'on arrive à réduire l'impact de ces crises.

La Polynésie a mis à peu près 10 ans pour retrouver le niveau de 2007, quelles sont les perspectives pour retrouver le niveau de 2019 ?

Justement on a aussi tiré les leçons. Pourquoi cela a-t-il duré aussi longtemps ? C'est l'intérêt de cette étude-là. Je pense qu'il ne faut pas que cela dure aussi longtemps. Nous avons aujourd'hui un monde numérisé qui permet de pouvoir trouver des alternatives parfois rapides à des problématiques lourdes. Bien évidemment notre reprise va dépendre de l'économie touristique, c'est un vecteur très important de la construction de notre PIB. Ce marché, nous espérons qu'il reprenne l'année prochaine une fois la pandémie contenue ou du moins maitrisée. Ce marché doit reprendre. Les professionnels parlent de retrouver une année identique à 2019 en 2022-2023.

Un regard sur l'action de l'IEOM que vous quittez mercredi ?

Je quitte l'IEOM en étant fier de ce que l'IEOM a fait ces derniers temps notamment en matière de politique monétaire. Alors que nos encours de prêts aux établissements de crédits étaient de l'ordre de 10 milliards de francs, ici en Polynésie nous sommes passés de 10 à 70 milliards en l'espace d'un an. On a procuré aux banques de la place des moyens de pouvoir financer les entreprises notamment les prêts garantis par l'État puisque 40 à 50 milliards de prêts ont été à ce jour accordés aux entreprises. Cela permet bien évidemment de soutenir l'activité et l'emploi.
 

Rédigé par Sébastien Petit le Mardi 29 Septembre 2020 à 10:15 | Lu 1196 fois





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