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​Oscar Temaru : "On reviendra tous les jours"



Tahiti, le 8 juin 2020 - Oscar Temaru a entamé lundi une grève de la faim pour protester contre "l’acharnement" dont il se dit victime de la part d’une "justice coloniale", après la saisie de 11 millions de Fcfp sur son compte personnel, la semaine dernière. Le leader indépendantiste annonce qu’il se présentera quotidiennement devant le Palais de justice pour manifester.
 
"Si tu n’es pas prêt de mourir pour ton pays, tu ne mérites pas d’y vivre". Oscar Temaru a plusieurs fois répété cette phrase, l’attribuant à Martin Luther King, lundi matin devant le Palais de justice. A 75 ans, le leader indépendantiste vient d’entamer une grève de la faim pour dénoncer "l’acharnement judiciaire" dont il se dit victime, depuis octobre 2018. "Il ira jusqu’au bout", prévient son gendre, le député Moetai Brotherson.

Cette grève de la faim est déclenchée pour adresser "un message à destination de l’Etat français", comme l’a expliqué Oscar Temaru à la presse lundi matin. "Je dis bien à l’Etat, et non au peuple français, parce que je suis sûr qu’il est avec nous. Nous demandons à l’Etat français de respecter la décision prise par l’assemblée générale des Nations Unies, le 13 mai 2013, qui demande à la France toutes les informations sur les essais nucléaires depuis 1966. Nous demandons à l’Etat de respecter notre droit à l’autodétermination".

"Acharnement"

Le leader indépendantiste dénonce un acharnement judiciaire le visant depuis le 9 octobre 2018. Ce jour-là, devant la quatrième commission de l’ONU, il avait annoncé avoir saisi la cour pénale internationale d’une procédure pour crime contre l’humanité visant tous les présidents français en exercice depuis 1966, à la suite des essais nucléaires en Polynésie. Moins de 20 jours plus tard, le Conseil d’Etat prononçait sa condamnation à un an d’inéligibilité suite au rejet, deux mois plus tôt par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), des comptes du Tavini huiraatira'a pour les élections territoriales de 2018. Conséquence immédiate : La perte de son siège de représentant à l'Assemblée de la Polynésie française pour le reste de la mandature.
Moins d’un an plus tard, le leader indépendantiste était condamné pour prise illégale d’intérêts dans le cadre de l’affaire Radio Tefana : six mois de prison avec sursis, une amende de 5 millions de Fcfp et une amende de 100 millions de Fcfp pour la radio associative. Le tavana de Faa’a a fait appel.

Saisie contre CSM

Le dernier épisode en date sur le terrain des soucis d’Oscar Temaru avec la justice est la saisie pénale, la semaine dernière sur son compte bancaire personnel, de 11 millions de Fcfp dans le cadre d’une enquête préliminaire qui s’intéresse à la régularité de la "protection fonctionnelle" accordée au tavana Oscar Temaru par le conseil municipal de la mairie de Faa'a début 2019, pour prendre en charge ses frais de justice dans l'affaire Radio Tefana.
En réplique, une procédure pour abus de pouvoir et non-respect des droits de la défense a été annoncée contre le procureur de la République de Papeete, Hervé Leroy, devant le Conseil supérieur de la magistrature à Paris. Elle sera portée par l’avocat d’Oscar Temaru, Me David Koubbi. "Qu’il savoure ses derniers instants de tranquillité", s'est amusé le député Moetai Brotherson lundi.

"C’est lui qui arrive à canaliser tout ce monde"

En attendant, pour le député de la troisième circonscription de Polynésie française, cette saisie pénale "est la goutte qui a fait déborder le vase". "On imagine que s’il n’y avait pas eu cette saisie, ils auraient trouvé autre chose, un autre moyen de s’acharner. C’est vraiment contre cet acharnement, contre cette justice coloniale que l’on proteste aujourd’hui. Et je ne vous cache pas que dans nos rangs nous avons des militants qui étaient pour des solutions plus radicales : ça allait de brûler la ville à tout bloquer, comme d’habitude. Maintenant, vous avez un petit bonhomme, avec son chapeau, qui est assis là-bas. Et c’est lui qui arrive à canaliser tout ce monde. Je voudrais dire à l’Etat de bien profiter de ses derniers jours de quiétude. Parce que quand ce petit bonhomme sera dans le coma ou pire, eh bien il n’y aura plus personne pour tenir les radicaux."
Et cette perspective d’une aggravation rapide de l’état de santé du leader indépendantiste est tout ce qu’il y a de plus vraisemblable, selon Moetai Brotherson, vu la détermination d’Oscar Temaru : "Il a 75 ans. Il pèse 64 kilos. Je laisse aux médecins le soin d’apprécier combien de temps il peut tenir en faisant une grève de la faim. C’est le temps de tranquillité qu’il nous reste à vivre dans ce pays colonisé. Il ira jusqu’au bout. Ceux qui le connaissent savent qu’il est déterminé. Ce n’est pas une grève de la faim qui va l’arrêter. Je l’accompagne. Sa famille l’accompagne. Donc si l’Etat est prêt à avoir sur sa conscience, s’il en a une, la mort d’Oscar Temaru et celle d’un député de la République, libre à lui".

"On va s’asseoir pacifiquement"

Lundi matin, le tavana de Faa’a et quelques proches du Tavini ont tenté une entrevue avec le procureur de la République Hervé Leroy, un brassard noir en évidence "en signe de deuil d’une certaine idée de la justice et de la France". L’entrée du Palais de justice leur est restée close. "Ce n’est pas grave. On va s’asseoir pacifiquement. Et on reviendra tous les jours", a indiqué Oscar Temaru en prévenant qu’il faudrait se faire à sa présence pour quelques temps encore, devant le Palais de justice de Papeete.


Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Lundi 8 Juin 2020 à 12:48 | Lu 2916 fois





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