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​Les élèves infirmiers vont manifester pour leur bourse



​Les élèves infirmiers vont manifester pour leur bourse
Tahiti, le 14 février 2021 - L’annonce de la suppression de leur bourse a poussé certains élèves infirmiers de première année à organiser une marche lundi matin, afin d’aller à la rencontre du ministre de la Santé et d’obtenir des explications. Leur précédente rencontre avec la Présidence n’a rien fait pour apaiser leurs craintes, les conseils reçus variant de la contraction de prêt au travail le week-end pour régler leurs frais d’études. Selon eux, la viabilité de leur avenir professionnel en Polynésie est aussi remise en question.
 
Lundi matin, une quinzaine d'élèves infirmiers en première année à l'Institut Mathilde Frébault doivent se retrouver dans la rue afin de dénoncer la suppression de leur bourse durant leur cycle d’études de trois années. Une prescription qu’ils ont du mal à avaler, depuis son annonce par leur directrice Tiare Martinez en novembre dernier, "on ne connait toujours pas les raisons de la suppression de notre bourse". Cette mesure budgétaire restrictive s’accompagne d’interrogations sur leur affectation en Polynésie à l’issue de leur cursus.
 
Reçus mardi dernier à la Présidence, ces futurs professionnels de santé étaient en cabinet certes, mais pour consultation par le conseiller spécial du Président Thierry Nhun Fat, sans avoir pu rencontrer ni le Président du Pays, ni le ministre de la santé, et constatant que "nos questions sont restées sans réponses", selon Hinenao-Nui. Ce malgré les assurances du conseiller qu'ils auraient "un avenir sur le fenua et qu'on aura un poste même si on n'avait pas la bourse", ajoute Tekela.
 
Un autre élève infirmier, Teiva, assure qu'au sortir de cette réunion ils étaient " frustrés (...) car à la fin nous ressortons avec d'autres questions". Plutôt que d’apporter une solution, la rencontre avec la Présidence a donc provoqué la marche de ce lundi matin, que Laure, étudiante, justifie simplement par l’inquiétude qui domine chez ses camarades, désireux de "revendiquer pacifiquement nos droits" mais "sans être là pour créer des problèmes".
 
"On nous propose de faire un prêt à la banque"
 
Selon les élèves infirmiers, le conseiller rencontré à la présidence leur a proposé d'emprunter à la banque pour pouvoir continuer leurs études ou de travailler les week-ends, les vacances ou lorsque ces derniers ont du temps libre "pour avoir de l'argent". Un message qui passe mal pour les infirmiers en devenir. "Ce n'est pas possible, c'est une formation qui demande énormément d'investissement et en plus(...) on n'est même pas garantis d'avoir un travail à la fin, c'est fou (...). On nous supprime la bourse ok, mais qu'est ce qu'on met en place pour nous aider ?", s'insurge Laure.
 
Teiva rappelle qu'à partir de la deuxième année, les élèves infirmiers sont invités à partir dans les îles pour des stages de promotion de la santé, "l'école nous aide pour le départ mais sur place le logement et la nourriture, c'est simplement à nos frais". La perte de leur bourse mensuelle de 100 000 Fcfp remet en cause leur capacité à assurer ces missions de santé publique, d’autant que certains d'entre eux font déjà face à des charges familiales ou de loyers à régler. Mata'i'ura indique que "certains ont démissionné de leur poste et pourtant ils avaient un CDI", afin d’entamer cette carrière dans la Santé.
 
"Privilégions l'emploi local"
 
Ces étudiants de la promotion Te Ora invoquent aussi la nécessaire océanisation des cadres, comme Teiva, "si nous voulons prioriser le local et faire en sorte que le local réussisse et optimise l'efficacité et la qualité des soins, il faut absolument une aide quelque part (...). Avec la crise sanitaire on fait venir des personnes de métropole (...) et le local où-est-ce qu'il est ?". Matai'ura note combien les décisions prises par le pouvoir politique vont à l’encontre des attentes, "nous sommes des jeunes Polynésiens motivés. Privilégions l'emploi local", avec diagnostic concordant pour Tekela, "on ne demande que ça à travailler ici pour servir notre fenua".
 
Leur action de lundi matin est motivée par la double volonté de servir la population, tout en étant respectés par ceux supposés agir dans l’intérêt du public. "Nous allons faire une manifestation pacifiquement car nous ne sommes pas d'accord, nous sommes des êtres humains, il y a des choses à faire, dans le sens où on est censé baigner dans un système correct". Les élèves infirmiers refusent de faire les frais d’une vision comptable du secteur de la Santé, au moment où la Polynésie traverse la pire crise sanitaire de son histoire, et que l’État a dû régulièrement y dépêcher des contingents d’infirmiers réservistes par manque d’effectifs durant l’effort anti-COVID.
 
Contacté, le ministre de la Santé Jacques Raynal a affirmé qu'il recevra ces étudiants lundi matin, et argue que ces derniers ont droit à la bourse majorée "pour aller faire des études en France".  Pour rappel, le gouvernement a acté la fermeture de l'Institut Mathilde Frébault d'ici les trois prochaines années, et aucune inscription n’est prévue pour la rentrée prochaine, tandis que le Pays se laisse le choix entre la construction d’un nouveau centre de formation ou une révision des formations de l'école d'infirmières.
 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Dimanche 14 Février 2021 à 18:33 | Lu 1493 fois





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