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​La Nouvelle-Zélande s'entrouvre après 100 jours Covid free



Jacinda Ardern, la première ministre néozélandaise (Photo AFP).
Jacinda Ardern, la première ministre néozélandaise (Photo AFP).
Tahiti, le 11 août 2020 – La Nouvelle-Zélande, toujours fermée aux touristes étrangers, vient de passer le cap des 100 jours sans nouveau cas de transmission locale. Le pays du long nuage blanc envisage l’ouverture d’une bulle dans le Pacifique avec les îles Cook d’ici la fin de l’année.

Avec plus de trois mois sans contamination locale et une bonne gestion des quelques cas importés, la Nouvelle-Zélande fait office de bonne élève de la classe Covid. Une approche sanitaire plus qu’économique, responsabilisant tout le monde, qui rend désormais possible la création de la bulle de voyage évoquée il y a quelques semaines.

Cent jours sans nouveau cas local

"Atteindre 100 jours sans transmission au sein de la communauté est une étape importante, cependant, comme nous le savons tous, nous ne pouvons pas nous permettre d'être complaisants". Pour le directeur général de la santé de Nouvelle Zélande, Ashley Bloomfield, ce n’était lors de sa conférence de presse du 9 août dernier, ni l’occasion de célébrer un anniversaire ni une incitation à se relâcher. Il s’agissait avant tout d’une invitation à la vigilance qui ferait bourdonner quelques oreilles de dirigeants polynésiens. "Nous avons vu à l'étranger à quelle vitesse le virus peut réapparaître et se propager dans des endroits où il était auparavant sous contrôle, et nous devons être prêts à éradiquer rapidement tout nouveau cas en Nouvelle-Zélande". L’intervention réalisée au moment où la Polynésie a recensé 13 nouveaux cas en un week-end trouverait donc un écho particulier ici avec notamment un appel à jouer collectif dans un pays où les métaphores rugbystiques sont allègrement employées et vite comprises. "Chaque personne de l'équipe de cinq millions a un rôle à jouer dans ce domaine", "ne laissez pas tomber l'équipe - aucun d'entre nous ne peut se permettre de faire cela". Une  responsabilité et une prudence sur lesquelles mise la Première ministre Jacinda Ardern. "En termes d'étape, oui, 100 jours est une période de temps significative, mais cela ne diminue en fait aucun des risques."
 
Une économie très dépendante du tourisme

L’économie néo-zélandaise dépend en grand partie du tourisme. L’île Nord et l’île Sud reçoivent en effet annuellement 4 millions de touristes pour 5 millions d’habitants, soit un ratio sensiblement identique à celui de la Polynésie et ses 236 000 touristes pour une population de 285 000.
En choisissant de fermer ses frontières tôt et de façon drastique, le pays a fait une croix sur un pan entier de son économie en plaçant les enjeux sanitaires bien au-dessus des répercussions économiques. Car le tourisme en Nouvelle-Zélande génère une contribution directe à son PIB  de 16,2 milliards de dollars, soit 5,8 % et une contribution indirecte de 11,2 milliards de dollars supplémentaires, soit 4,0 % du PIB. Près de 10% de l’économie néozélandaise, soit plus que pour la Polynésie, est donc en lien avec les activités touristiques fortement impactées avec la fermeture des frontières.

Au niveau de l’emploi, 230 000 personnes étaient directement employées dans le tourisme avant l’épidémie soit 8,4 % des emplois. Une situation copie-carbone du fenua sur ce point avec des décisions difficiles prises également alors que, localement, la campagne des législatives pour renouveler le Parlement à Wellington vient de s’ouvrir. Le parti travailliste, dirigée par Ardern, loin de payer ses choix sanitaires et sa gestion de crise, arrive largement en tête du dernier sondage du 7 août avec 53,5% d’intentions de vote contre 26,5% pour le parti National, son principal opposant. La première ministre, qui a sacrifié une partie de son économie pour la santé de ses citoyens, apparait donc stricte mais très populaire. 

Bulle avec les Cook en instance

L’autre annonce importante du week-end a été faite par la première ministre : la mise en place d’une « bulle » avec les îles Cook. Avec le petit état insulaire du Pacifique, très dépendants des touristes néozélandais et australiens, le gouvernement kiwi étudie la possibilité d’ouvrir les déplacements avec encore quelques restrictions ou mesures qui doivent être définies à court terme. Les dernières modalités devraient être arrêtées "d’ici une dizaine de jours" pour permettre des flux de voyageurs dans les deux sens. "Les aéroports qui pourraient faire partie de ces arrangements devront obtenir l'autorisation de l'autorité sanitaire pour voyager sans quarantaine en toute sécurité. Nous devrons nous assurer que nous sommes sûrs que c'est sans danger". Le gouvernement kiwi avance donc surement mais doucement avec le même mot d’ordre. "Nous devons nous baser sur une décision de santé publique, ce que nous faisons". Les îles Cook, dont 85% du PIB provient du tourisme, pourraient être les premiers membres de la bulle transpacifique d’ici la fin de l’année. Niue, un temps en première ligne, ne semble pas prête pour intégrer tout de suite ce dispositif. Dispositif duquel n’a aujourd’hui plus la moindre chance de bénéficier la Polynésie française, compte tenu de sa situation sanitaire.

Rédigé par Sébastien Petit le Lundi 10 Août 2020 à 14:18 | Lu 4198 fois





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