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​L'assemblée solde les comptes



Tahiti, le 18 juin 2020 – L'Assemblée de Polynésie a approuvé ce jeudi le compte administratif 2019 du Pays. L'occasion de mettre en avant les bonnes finances du Pays à la fin de l'année 2019 et les efforts réussis de redressement des comptes annihilés en quelques semaines par les effets de la crise sanitaire. Le prêt de l'Etat et l'avenir incertain d'ATN ont également été évoqués.
 
Annoncée comme une séance administrative, il était surtout question de budgets à l'Assemblée, hier. Les représentants ont contemplé la belle route parcourue dans le rétroviseur de 2019, pour l'approbation du compte administratif du Pays : « l'année la plus performante sous l'angle des finances publiques » avec un « état économique et financier exceptionnel » qui laissait présager une bonne année 2020, comme l’a rappelé Edouard Fritch. Mais la bonne gestion financière de la collectivité a été réduite à néant, en l’espace de quelques semaines lorsque « la crise nous a touchés avec surprise et brutalité ». Une sortie de route aux incidences multiples, économiques, sociales et financières. Même si Antonio Perez appelle à « savourer les chiffres », les sénateur Nuihau Laurey salue « la solidité financière d'un passé révolu » mais estime que « nous ne reverrons pas de tels chiffres avant quelques années ».
 
2019, année « record »
 
L'année dernière, le Pays avait fait le plein de recettes. Les rentrées fiscales ont ainsi atteint 107,9 milliards de francs, en hausse de 2,3%. Un record fiscal en partie dû aux recettes de TVA en hausse de plus de 3 milliards pour dépasser la barre des 50 milliards. Des recettes qui ne seront pas au même niveau en 2020 avec une réduction de la demande intérieure. Une première estimation de ces pertes fiscales devrait être connue lors de l'examen du prochain collectif budgétaire, en juillet. Le mois dernier, l'agence de notation Moody's indiquait qu' « un mois de confinement entrainera une baisse de 10 % des recettes fiscales » en Polynésie. Les recettes globales ont atteint les 200 milliards de francs, le coffre étant donc plein. Parallèlement, le Pays n'avait pas lésiné en 2019 sur les dépenses d'investissements, les augmentant de 19% tout en réduisant sensiblement sa dette. Le résultat net global, le « bas de laine » du Pays, s'élève désormais à 21,8 milliards. Des efforts « fructueux » de bonne gestion conduisent à cette année « record » selon Edouard Fritch. Pas assez pour avoir un vote unanime des représentants. Les 6 élus Tavini se sont abstenus hier.
 
Finalement l'emprunt...
 
Au terme de plusieurs semaines de valse-hésitation, la nécessité d'un recours à l'emprunt en 2020 a refait surface comme une évidence. « La Polynésie n’a d’autre choix que d’emprunter pour notre fonctionnement et nous nous plions à cet exercice qui va à l’encontre de nos principes de gestion financière depuis ma prise de fonction » mais « il n’est pas question d’emprunter plus que nécessaire dans ce cadre », a prévenu Edouard Fritch. Il émet des doutes sur la bonne volonté d'un Etat qui a « marqué le pas » pour venir en aide du fenua. « J’éprouve parfois le poids de l’incompréhension », a-t-il dit, avant de s'interroger ouvertement : « Serions-nous victimes de la bonne gestion de nos deniers publics polynésiens conduisant ainsi certaines hautes administrations à minimiser nos besoins d’accompagnement ? ». Après avoir demandé deux prêts, l’un de 37 milliards pour le Pays et l’autre de 19 pour la CPS, le président a reçu le verdict : « La demande globale sera considérée pour sa moitié ». L'Etat n'apportera sa garantie que sur 28,6 milliards de francs (240 millions d’euros). Une « première réponse d'urgence » de Paris mais le président a été moins disert à propos de ce que ce futur prêt va recouvrir. La loi de finances rectificative qui doit valider ce montant n'en réserve qu'une petite partie aux caisses du Pays. Le document préparatoire à l'Assemblée nationale évoque en effet le fait qu'« une partie du prêt est destinée à compenser la perte de recettes ainsi que le report de cotisations sociales, durant le confinement, au profit de la Caisse de protection sociale (138 millions d’euros) ». 17 milliards de Fcfp pour la seule CPS, donc seulement 11 pour le gouvernement local et de surcroit conditionnés à la signature d'une convention « prévoyant notamment le calendrier et les réformes structurelles à mettre en place ». Un petit prêt avec beaucoup de conditions.
 
ATN bientôt ouverte aux capitaux français et étrangers
 
Au centre des préoccupations touristiques et de sauvegarde de l'emploi, la « situation difficile » d'Air Tahiti Nui a également été abordée hier à Tarahoi. Une situation à laquelle le Pays est financièrement très liée. En décembre 2018, la collectivité avait accordé sa garantie à la compagnie locale pour l'acquisition des deux Boeing. Une garantie de plus de 7 milliards inscrite dans les comptes examinés hier et qui engage la collectivité au cas où la compagnie venait à défaillir. La garantie prévoit en effet qu' « au cas où ATN ne s'acquitterait pas de ses sommes dues au titre des contrats de prêt (...), la Polynésie française s'engage à effectuer le paiement en ses lieu et place sur simple demande des établissements bancaires (...) ». Au Pays donc de régler la facture des avions api, si ATN fait défaut. Une raison de plus pour le gouvernement de soutenir l'un des premiers employeurs du territoire. Dans un courrier adressé à Paris fin mai, Fritch propose trois options : Soit l'Etat prend en charge le chômage partiel comme pour d'autres compagnies aériennes ultramarines, soit le capital d'ATN est ouvert à des organismes financiers de l'Etat, soit des obligations convertibles en actions sont émises. La première solution ayant été rapidement balayée par le gouvernement central, les deux autres ouvrent la voie à l'entrée au capital de l'Etat, d'Air France ou même d'investisseurs étrangers. Le sauvetage d'ATN passera probablement par la perte de son statut de compagnie locale.
 

Rédigé par Sébastien Petit le Vendredi 19 Juin 2020 à 19:27 | Lu 1449 fois





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