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​Karl Anihia condamné à trois mois avec sursis



Karl Anihia au palais de justice de Papeete le 9 mars.
Karl Anihia au palais de justice de Papeete le 9 mars.
Tahiti, le 31 mars 2020 - Le président de l’association Tahiti Herb Culture (THC), Karl Anihia, a été condamné lundi à trois mois de prison avec sursis pour avoir planté un pied de paka devant l’assemblée de la Polynésie française. Ses avocats ont d’ores et déjà annoncé qu’ils allaient faire appel de cette décision. 
 
Après avoir demandé un délai pour préparer sa défense le 9 mars dernier, Karl Anihia, le président de l’association Tahiti Herb Culture, a comparu lundi devant le tribunal correctionnel de Papeete pour répondre de “transport et détention” non autorisés de paka.  
  
Lors d’une manifestation organisée le 5 mars dernier, Karl Anihia avait planté un pied de paka de deux mètres devant l’assemblée de la Polynésie française (APF) afin de revendiquer la légalisation du cannabis à usage thérapeutique. Dès le lendemain, il avait été convoqué à la Direction de la sécurité publique (DSP) de Papeete puis placé en garde à vue. Il avait ensuite été déféré devant le procureur de la République puis présenté devant le juge des libertés et de la détention qui l’avait placé sous contrôle judiciaire.  
 

Cannabis thérapeutique

Présenté en comparution immédiate lundi, Karl Anihia a été condamné à trois mois de prison avec sursis alors que le procureur avait requis six mois avec sursis. 
 
Au terme de l’audience, l’avocat de Karl Anihia, Me Millet, a affirmé que les faits reprochés à son client correspondaient à un “geste politique altruiste” : “ En plantant un pied de cannabis devant l’assemblée territoriale, le président de l’association THC a réalisé un geste politique puissant à l’attention des autorités locales afin de les interpeller sur la mise en œuvre du cannabis thérapeutique en Polynésie. La France commencera les essais cliniques du cannabis thérapeutique cette année et notre client craint que la Polynésie ne prenne pas le train en marche... C’était un geste politique altruiste, pour le bien des malades en souffrance, et même si le procédé était volontairement provoquant, nous pensons que son caractère politique devrait faire échec aux poursuites pénales engagées contre notre client. Notre client n’est pas un délinquant, c’est un militant, et son but n’est pas de causer du tort à la société, mais au contraire de la faire évoluer pour le bien-être des gens malades qui en ont besoin.” 
 
L’avocat a également annoncé son intention de faire appel “sur le principe même de la condamnation” : “Dans la mesure où une jurisprudence totalement révolutionnaire, adoptée par la Cour de cassation en février pour le cas d’une militante féministe Femen, considère que dans certaines circonstances que nous retrouvons en l’espèce, de telles poursuites pénales peuvent porter une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression au regard de la nature des faits et du contexte politique de leur commission, nous solliciterons donc la relaxe de notre client devant la cour d’appel en faisant valoir la légitimité de son action au nom de la liberté d’expression est au nom de la nécessité du débat démocratique sur ce sujet de société.”
 

 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 31 Mars 2020 à 11:28 | Lu 3778 fois




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