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​Du cartel au Sarah Nui



Tahiti, le 27 février 2020 - Le vice-procureur Yann Hausner a rendu, le 18 février dernier, son réquisitoire définitif dans le cadre du deuxième volet de la retentissante affaire dite “Sarah Nui”. La partie internationale du trafic d’ice. Le magistrat demande le renvoi devant le tribunal correctionnel de 25 suspects, dont les têtes du réseau, Tamatoa Alfonsi et Maitai Danielson. Entre mai 2017 et octobre 2018, les deux trafiquants, qui vivaient au Mexique et en Californie, auraient permis l’importation de 15 kg d’ice au bas mot.
 
Le 18 février dernier, le vice-procureur de la République, Yann Hausner, a rendu son réquisitoire définitif sur le deuxième volet “international” de l’affaire Sarah Nui. Dans le cadre de ce conséquent trafic international d’ice, il demande le renvoi devant le tribunal correctionnel de 25 individus parmi lesquels les deux boss du trafic, l’ancien rameur Maitai Danielson et le multirécidiviste Tamatoa Alfonsi. Ce deuxième volet fait suite à la première ordonnance de renvoi révélée en septembre dernier par Tahiti Infos et qui portait sur la partie “écoulement” de l’ice en Polynésie.
 
Le point de départ de cette tentaculaire affaire avait éclaté le 14 août 2018 à la suite d’un vaste coup de filet opéré par les services de police et de gendarmerie à Tahiti. Plusieurs individus, soupçonnés de se livrer à un vaste trafic d’ice, avaient été interpellés à l’hôtel Sarah Nui de Fare Ute ou au sein de leurs domiciles personnels. Plus de 49 millions de Fcfp, des armes, de l’ice et du paka avaient été saisis par les enquêteurs.

Système de transport de fonds

L’enquête, menée par la section de recherches (SR) de Papeete et par la DSP, avait mis au jour l’existence d’un trafic d’ice organisé à partir du Mexique et des Etats-Unis en direction de la Polynésie française par l’ancien rameur natif de Huahine, Maitai Danielson, et le multirécidiviste bien connu du trafic de stupéfiants, Tamatoa Alfonsi. Les deux têtes du réseau avaient été interpellées au Mexique en novembre 2018, transférées en métropole puis ramenées à Tahiti en janvier 2019.
 
Dans ce second volet, tel que l’indique le vice-procureur dans son réquisitoire définitif, Tamatoa Alfonsi et Maitai Danielson avaient mis en place “un système de transport de fonds, soit en Francs pacifique, soit en dollars US, ainsi que des transferts d’argent via Western Union en provenance de Tahiti et en retour, utilisaient des individus pour effectuer l’importation de certaines quantités de méthamphétamines”. Les investigations avaient permis la découverte de l’installation d’un “réseau structuré” depuis le Mexique où “Alfonsi, proche du cartel de Sinaloa, approvisionnait en grandes quantités plusieurs réseaux polynésiens en ice”. A cet effet, il était aidé par son associé, Maitai Danielson, qui “bénéficiait de la double nationalité franco-américaine” et qui pouvait donc “effectuer sans problème des allers-retours Mexique-USA, facilitant ainsi les remontées d’argent vers Alfonsi et les envois d’ice depuis les USA alors qu’Alfonsi était cantonné au Mexique en raison d’une interdiction du territoire américain”.

​Circonstances obscures

Le réquisitoire pose le contexte dans lequel cette affaire a démarré. En 2017, les deux hommes s’étaient installés à l’étranger. Maitai Danielson avait quitté son île natale de Huahine pour, selon ses déclarations, s’installer non loin d’un spot de surf situé à côté de la ville de San Diego en Californie. Il était accompagné de l’un de ses amis surfeurs, Adam Kennedy D’esposito, qui a trouvé la mort en septembre 2018 au Mexique dans des circonstances obscures. Tamatoa Alfonsi s’était quant à lui installé à Tijuana où il avait noué une relation privilégiée avec un membre d’un cartel mexicain.
 
Si Tamatoa Alfonsi –qui n’avait pas le droit de fouler le sol américain– restait au Mexique, Matai Danielson –qui résidait à San Diego– se rendait souvent à Tijuana. Et de la fin de l’année 2017 à leur interpellation par la police mexicaine le 1er novembre 2018, les deux hommes sont soupçonnés d’avoir procédé à l’importation de plus de 15 kilos d’ice en Polynésie française qui ont généré des bénéfices de plusieurs dizaines de millions de Fcfp. Pour ce faire, ils utilisaient des mules polynésiennes ou américaines ou procédaient à l’envoi de colis postaux. Ils avaient recours à des intermédiaires et à des hommes de confiance qui leur permettaient de récupérer l’argent de la drogue une fois que celle-ci avait été écoulée à Tahiti. Selon un intermédiaire du trafic, Maitai Danielson avait consacré une pièce de sa maison de San Diego au conditionnement de l’ice qu’il dissimulait dans “divers objets” avant de les envoyer à Tahiti.

​Retour sur investissement

A Tijuana, Tamatao Alfonsi, qui avait, selon l’un des membres de ce trafic, créé son logo “Sana” en “lettres gothiques blanches sur fond bleu” afin de “matérialiser son produit”, donnait les ordres via Telegram ou Messenger. Pour blanchir le produit du trafic, il effectuait des opérations de change en dessous de la limite de 10 000 dollars US. Selon ses déclarations, il achetait le gramme d’ice pour 7 dollars (760 Fcfp). Ce qui, au regard du prix moyen de revente à Tahiti, qui s’approche des 120 000 Fcfp le gramme, constitue un taux de retour sur investissement dépassant les 15 000 %.
 
Outre ces deux têtes de réseau, le substitut du procureur de la République demande également le renvoi de personnages considérés comme des acteurs importants du trafic. Gilles Morat tout d’abord. Placé en garde à vue dans le cadre de cette affaire, ce trafiquant d’ice s’était présenté, selon le réquisitoire, comme le “patron” sur Tahiti. L’homme gérait son propre trafic mais travaillait également pour le compte de Tamatoa Alfonsi. Selon un intermédiaire, Gilles Morat, était un “revendeur très actif résidant à Huahine qui déposait la drogue à Tahiti auprès de ses dealers” et qui récupérait ensuite l’argent pour l’envoyer à Alfonsi.

​Homme de confiance

Vient ensuite Nikis Calmajis. Interpellé le 14 août 2018 à l’hôtel Sarah Nui, cet ancien PNC apparaît, selon le réquisitoire, comme ayant “participé au trafic en qualité de vendeur d’ice et d’intermédiaire dans certaines transactions importantes”. Selon un témoin entendu dans le dossier, Nikis Calmajis était “chargé de la logistique” pour “faire partir de l’argent et faire revenir l’ice”. Est aussi demandé le renvoi du multirécidiviste Franckie Tumahai. Interpellé le 1er octobre 2018, cinq mois à peine après sa sortie de prison, l’homme déjà bien connu du milieu de l’ice en Polynésie paraissait selon le réquisitoire être “l’homme de confiance de Tamatao Alfonsi et Maitai Danielson” et avait donc “joué un rôle important dans le trafic” où il avait notamment officié en qualité d’intermédiaire.
 
Le juge d’instruction en charge de l’affaire doit désormais rendre son ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel afin de clore l’instruction de cette affaire qui doit être jugée avant la mi-2020.
 

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 27 Février 2020 à 18:55 | Lu 8937 fois





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