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​Covid-19 : 30 000 à 75 000 cas réels depuis mars au fenua



Tahiti, le 7 décembre 2020 – Les médecins épidémiologistes de la plateforme Covid en Polynésie française, assistés de leurs collègues de l'OMS, estiment pour l'heure entre 30 000 et 75 000 le nombre de cas réels de Covid-19 au fenua depuis le début de l'épidémie. Une proportion de 10 à 25% de la population, qui ne permet pas encore une immunité collective, mais qui constitue tout de même déjà un "frein" pour l'épidémie.
 
Combien de personnes ont réellement été contaminées par le virus du Covid-19 en Polynésie française depuis le début de l'épidémie ? Ces derniers jours, les épidémiologistes de la plateforme Covid du Pays, assistés de leurs collègues de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ont pu apporter une première réponse à cette question sur toutes les lèvres depuis les premiers jours de l'introduction du virus. "La question de l'infection dans la population est compliquée", prévient néanmoins d'emblée l'épidémiologiste, Henri-Pierre Mallet. "Qu'est-ce qu'on a comme élément ? On a le nombre de cas confirmés par tête. Mais on le sait, ce n'est qu'une partie de la population puisqu'un certain nombre de personnes n'ont pas consulté, parce qu'elles n'en ont pas eu l'envie ou alors parce qu'elles ont eu très peu de signes ou même parce qu'elles ont été asymptomatiques".
 
En effet, le dernier bilan épidémiologique diffusé par la direction de la santé fait état jusqu'ici de 15 107 cas cumulés depuis le 13 mars 2020. Un chiffre qui dépend énormément de la politique de tests du Pays et qui peut occulter bon nombre de malades passés sous les radars. On estime par exemple jusqu'à 20% la proportion de personnes porteuses asymptomatiques du Covid-19. Evidemment, bon nombre de ces malades n'ont pas forcément été consulté ou ne se sont pas fait tester. "Donc cela veut dire que les personnes confirmées ne représentent qu'une portion de la population qui a réellement été contaminée", poursuit le Dr Mallet. "Cette proportion, on peut essayer de l'estimer par ce qu'on appelle une modélisation. C'est-à-dire que ce sont des calculs qui prennent en compte le nombre de cas confirmés, le nombre de personnes hospitalisées et un certain nombre d'indicateurs de ce type."
 
Avec des collègues modélisateurs de l'OMS, les épidémiologistes présents en Polynésie française ont pu estimer qu'il y avait "entre deux et cinq fois plus de personnes infectées que les cas confirmés". Soit 30 000 à 75 000 cas réels de Covid-19 au fenua. Une fourchette qui représente 10 à 25% de la population polynésienne, mais pour laquelle "l'échelle est compliquée" tempère Henri-Pierre Mallet. En effet, certaines zones de la Polynésie française ont été bien moins contaminées que d'autres. Et la grande majorité des cas de Covid-19 se trouvent aux îles du Vent.
 
Bientôt une étude plus précise
 
Que signifie cette proportion réelle de la population contaminée ? Pas encore que nous sommes arrivés à l'immunité collective, mais que l'on peut tout de même trouver du positif dans ce nombre de cas positifs : "L'immunité collective complète, cela veut dire au moins 70% de la population et ce n'est pas le cas. Pour autant, plus la proportion de personnes immunisées dans la population est grande et plus cela a un rôle de frein sur l'épidémie. C'est-à-dire qu'une personne rencontre moins de personnes susceptibles d'être contaminées autour d'elle et mathématiquement contamine moins de personnes. Donc à ce moment-là, il y a un ralentissement naturel de l'épidémie", détaille le Dr Mallet.
 
Pour affiner ces résultats sur la proportion réelle de la population contaminée par le Covid-19, les autorités sanitaires entendent mener une étude de séroprévalence. C'est-à-dire qu'elles vont proposer à un échantillon de la population des îles du Vent –là où a sévit principalement l'épidémie– de faire un prélèvement. "C'est à dire que l'on regarde s'il y a des anticorps qui sont le témoin d'une infection. Cette étude va nous permettre d'adapter les politiques de prévention, voire de mieux cibler peut-être la politique de vaccination qui, vous le savez, va débuter rapidement." Les anticorps étant des marqueurs d'une contamination actuelle ou ancienne, on saura alors avec un peu plus de précisions combien de personnes ont pu contracter le virus depuis le début de l'épidémie.
 
L'épidémie recule, mais…
 
Notons enfin que, si la tendance d'un recul de l'épidémie se confirme, la partie est encore loin d'être gagnée. "Les indicateurs sont en baisse en terme de nombre de cas, en terme de taux de positivité et donc cela fait penser que la circulation du virus dans le Pays est en diminution", précise Henri-Pierre Mallet. "Pour autant, on a encore des indicateurs qui eux ne fléchissent pas réellement qui sont ceux de l'hospitalisation. Il n'y a pas de baisse suffisante, en particulier en réanimation". Selon le médecin, l'accumulation des personnes les plus malades, les plus âgées et les plus fragiles qui restent en réanimation s'ajoute à l'arrivée de nouveaux patients. "Ce qui fait que le service de réanimation est quand même à flux tendu."
 
Il faudra donc attendre pour abaisser la garde. L'épidémiologiste est catégorique sur le maintien des restrictions sanitaires qui ont permis d'infléchir la courbe. "On ne peut absolument pas tout lever. Assurément, il y a un pic. Il y a une pente descendante. Mais cette pente est douce. Cette pente est lente. Elle pourrait ralentir voire s'inverser au pire si on ne gardait pas ces mesures. Les mesures barrières doivent absolument perdurer."
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mardi 8 Décembre 2020 à 16:37 | Lu 4330 fois





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