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​Bingo clandestin : onze sacrés numéros



​Bingo clandestin : onze sacrés numéros
Tahiti, le 3 mars 2020 - Onze prévenus ont comparu mardi devant le tribunal correctionnel pour répondre de faits de « participation en bande organisée à la tenue d’une maison de jeux de hasard ». Les quatre individus les plus lourdement impliqués ont écopé de peines comprises entre six et 24 mois de prison avec sursis. 
 
Plus de 20 croupiers, quatre personnes en charge de la sécurité, quatre autres personnes pour préparer des « steak frites » ou du « poulet citron », des centaines de joueurs, des serveuses engagées pour servir à table et des bus loués pour « amener les clients » : le système était « particulièrement bien organisé »
 
Onze individus comparaissaient mardi devant le tribunal correctionnel pour avoir, chacun à leur niveau de responsabilité, participé à la tenue d’une maison de jeux située à Papara entre le 1er janvier 2013 et le 15 juin 2015. 
 

Informateur anonyme

L’affaire avait débuté en 2014 lorsque les gendarmes s’étaient aperçus que de nombreuses personnes se réunissaient dans un hangar situé non loin de la mairie de Papara. Un informateur anonyme avait alors dénoncé un couple de quinquagénaires comme étant les tenanciers de cette maison de jeux où des centaines de joueurs de bingo se retrouvaient la semaine ou le week-end. Le 14 juin 2014, le couple dénoncé avait été interpellé puis placé en garde à vue. Lors d’une perquisition effectuée à leur domicile, les forces de l’ordre avaient saisi un véhicule ainsi qu’1, 2 millions en numéraire. 
 
Entendue, la mise en cause avait reconnu les faits en expliquant qu’elle et son mari, confrontés à des problèmes d’argent, avaient conjointement décidé de mettre en place cette maison de jeux. Pour ce faire, ils avaient loué un hangar ainsi que du matériel. Ils avaient également employé des proches en qualité de croupiers, cuisiniers, serveurs ou agents de sécurité. 
 
Lors de l’enquête, de nombreuses personnes impliquées avaient été entendus dont un homme et une femme qui avaient reconnu qu’ils sous-louaient le hangar au couple afin d’organiser leurs propres soirées. 

Principal bénéficiaire

Les auteurs principaux de ces faits ainsi que sept autres individus moins lourdement impliqués ont donc comparu mardi devant le tribunal correctionnel pour répondre de ces faits de « participation en bande organisée à la tenue d’une maison de jeux de hasard » et d’ « exécution en bande organisée d’un travail dissimulé ». 
 
A la barre, la quinquagénaire qui avait initialement loué le hangar a reconnu qu’elle avait conscience du caractère illégal de son activité. « Je regrette ce que j’ai fait alors que je l’ai fait en pensant que j’aidais les autres » a-t-elle dit en pleurs avant d’expliquer au tribunal qu’à l’époque des faits, de nombreuses personnes et associations étaient venues lui demander une aide financière. Argument qui n’a pas convaincu le président du tribunal qui lui a rappelé qu’elle avait été la principale bénéficiaire de ce système qui lui avait permis d’engranger beaucoup d’argent. 
 
Egalement entendu par le tribunal mardi, le concubin de la quinquagénaire, ancien travailleur à Mururoa, a fait preuve d’une grande nostalgie de l’époque des faits : « A l’époque, on mangeait bien, on gagnait bien notre vie. Mais, aujourd’hui, c’est fini et l’on doit se serrer la ceinture avec 130 000 Fcfp de retraite par mois. » 
 
 
 

Tahiti, le "royaume de l'économie

Avant de requérir 18 à 36 mois de prison assortis du sursis simple à l’encontre des deux couples les plus lourdement impliqués, le procureur de la République a affirmé que ces derniers étaient les « grands gagnants » du système : « Ils ont fait cela pour eux et pour leurs familles au détriment des joueurs qui vident leurs comptes. Et nous parlons de sommes très importantes, de dizaines de millions de Fcfp. »
 
Pour la défense du couple qui avait sous-loué la salle à plusieurs reprises afin d’organiser ses propres soirées, Me Genot a fustigé l’hypocrisie du système : « Tahiti est le royaume de l’économie parallèle  où le travail clandestin est légion mais la vérité, c’est que mes clients sont des sexagénaires sains et équilibrés, qui ont toujours travaillé et qui sont socialement intégrés. Le bingo mettait juste du beurre dans les épinards pour les gens indigents. » 
 
Me Dubois, l’avocat de trois autres prévenus, a tenu à rappeler lors de sa plaidoirie que la pratique du bingo en Polynésie, loin des « casinos de mafieux marseillais qui brassent des millions d’euros »,  existait depuis des « décennies » et qu’elle permettait notamment aux personnes âgées de se réunir.
 
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le couple qui avait loué le hangar à deux ans de prison avec sursis et un million d’amende. L’autre couple, qui avait sous-loué l’emplacement a quant à lui écopé d’un an avec sursis et 500 000 Fcfp d’amende. Toutes les saisies ont été confisquées. 
 
 
 
 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 3 Mars 2020 à 20:00 | Lu 4127 fois





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